2ème conférence scientifique internationale sur le changement climatique : Le Directeur Général de l’AGRHYMET plaide pour la pérennisation des financements et des actions réfléchies en zones inaccessibles

Société
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Le Directeur Général du Centre régional AGRHYMET a animé le 31 mai dernier  une conférence de presse en marge des travaux de la 2ème conférence scientifique internationale sur le changement climatique. Lors de ces échanges avec les journalistes de la presse nationale, M. Mahalmadou Hamadoun est revenu sur les espoirs fondés sur la tenue de la seconde édition de cette conférence et sur l’urgence d’aiguiller la recherche sur les conséquences des changements climatiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel. La pérennisation des financements en faveur de la recherche et la recherche de solutions pour prendre en compte les zones inaccessibles, sont aussi parmi les sujets qu’il a abordés.

Les échanges entre le directeur général de l’AGRHYMET et la presse locale ont permis de faire largement le tour des objectifs assignés à la 2ème conférence scientifique internationale sur  le changement climatique qui se tient dans un contexte de très grande préoccupation climatique en Afrique de l’Ouest et le Sahel. Certes, a-t-il noté, la préoccupation face aux aléas climatiques est mondiale mais, la zone ouest-africaine et sahélienne est l’une des régions les plus vulnérables. « Un petit changement dans le temps, dans le climat au niveau de notre espace, a de très grandes répercussions sur toutes nos productions agro-sylvo-pastorales, y compris les autres sources, que ça soit les ressources naturelles, l’eau. Et ça se traduit souvent par des évènements extrêmes », a indiqué M. Mahalmadou Hamadoun pour illustrer la vulnérabilité des productions locales face au changement climatique.

Tous ces effets combinés, a expliqué le directeur général du centre régional AGRHYMET, font que l’agriculture traditionnelle doit urgemment s’adapter et adapter aussi ses pratiques. C’est l’objet de cette conférence scientifique axée sur la problématique du climat, notamment la question de la vulnérabilité et de l’adaptation, avec un focus spécial sur le secteur rural à travers l’agriculture. « Nous pensons qu’au bout de trois jours, les communications qui seront faites par les sommités invitées à la conférence permettront d’échanger et de partager leur expérience avec nous », a-t-il déclaré. Ces experts sur lesquels repose l’espoir d’une partie du continent, viennent du monde de la recherche et de la formation, mais aussi du secteur de la société civile.

M. Mahalmadou Hamadoun a également affirmé que le financement pérenne de la recherche sur le changement climatique est une problématique majeure qui préoccupe le monde entier. Selon ces propos, toutes les négociations qui sont en train de se faire aujourd’hui explorent les voies et moyens qui permettront d’amener les pays développés à soutenir financièrement les activités des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel tout en prenant garde de ne pas finir par tout atteindre de l’extérieur. Pour l’instant, une rubrique dénommée « finance climatique » permet d’investir dans la lutte contre les effets du changement climatique. « Nous continuons, nous évoluons et nous essayons de mobiliser les ressources auprès des partenaires qui nous comprennent et qui acceptent de nous accompagner dans cette dynamique. Il faut arrêter de dire qu’on ne peut rien faire parce qu’on n’a pas les ressources nécessaires. Non ! Il faut engager le processus avec ce qu’on a », a-t-il encore plaidé.

Sur la question des zones inaccessibles pour cause des effets du climat où de conflits, le directeur général du centre régional AGRHYMET, M. Mahalmadou Hamadoun, a révélé qu’elles constituent une préoccupation à laquelle fait face toute la région sahélienne et ouest-africaine. Il a expliqué que lui et ses collègues rencontrent d’énormes difficultés à atteindre ces zones pour assister les populations vulnérables restées surplace. Selon lui, l’utilisation de la télédétection que le CILSS et ses partenaires pratiquent depuis trois (3) ans est prometteuse. « La télédétection nous accompagne et nous permet d’identifier ce qui se passe dans ces zones d’accès difficile et les réflexions seront dans le sens de comment accéder à ces zones-là pour assister ces personnes qui s’y trouvent », a poursuivi M. Mahalmadou Hamadoun. Il a enfin exhorté les populations à suivre les conseils et les recommandations qui sont données par les services météorologiques afin de se mettre à l’abri de certains aléas climatiques.

Le centre régional AGRHYMET, à travers son directeur général, ambitionne de tenir périodiquement la conférence scientifique internationale sur le changement climatique. « Nous espérons nous retrouver chaque 2 ou 3 ans dans cette capitale du climat, à Niamey, pour pouvoir davantage communiquer, échanger à travers ce cadre pérenne que nous allons créer, de concertation sur les questions du climat », a-t-il conclu.

Souleymane Yahaya(onep)