Agriculture dans le département d’Aguié : Les cultures irriguées sont  peu développées en raison de la profondeur de la nappe phréatique

Société
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Le département d’Aguié est une zone à vocation agricole. Ce sont surtout les activités agricoles et le commerce qui occupent l’essentiel de la population. Chaque année, l’Etat et ses partenaires accompagnent les producteurs en intrants agricoles tels que les semences de mil ; de sorgho ; le niébé ; l’arachide etc.  Globalement, dans le cadre des préparatifs de la campagne agricole écoulée, la direction départementale a reçu des intrants agricoles estimés à 14,6 tonnes de toutes les semences précitées de la part de l’Etat et ses partenaires. Malheureusement, la compagne agricole 2019 n’a pas répondu aux attentes des populations parce que sur les 163 villages agricoles que compte le département, 153 villages sont déclarés déficitaires, soit 93, 86 % de déficit. Ce dernier est du principalement à l’attaque de la chenille mineuse de l’épi de mil. Il n’ya pas d’activités proprement dites dans le département d’Aguié en dehors de cultures pluviales car les cultures irriguées sont très peu développées en raison de la nappe phréatique qui est assez profonde.

 

Selon le directeur départemental de l’Agriculture d’Aguié M. Magagi Amani, il existe au total 28 sites aménagés pour la promotion des cultures irriguées. Par ailleurs, toujours dans le domaine de l’agriculture, le département d’Aguié et notamment la commune rurale de Tchadoua est une référence dans la production du souchet. Ce dernier est un produit de rente pour les producteurs. M. Magagi Amani devait préciser qu’au niveau de la culture du souchet, le véritable problème des producteurs, c’est surtout la non disponibilité des intrants et la cherté des semences. La culture du souchet ne saurait se réaliser sans la disponibilité des engrais. « Avec la nouvelle réforme qui vient d’être introduite dans le secteur de l’engrain, les producteurs ont eu du mal à s’en procurer compte tenu surtout du prix qui était en hausse. Ces producteurs n’ont justement pas eu l’occasion de valoriser les superficies qu’ils souhaitent mettre en valeur. Malgré tout, ils ont produit bien que cette année, il y avait eu des pluies tombées en dernier ressort. Ces pluies ont réduit un peu le rendement dans plusieurs champs de souchet », a relevé M. Magagi Amani avant de souligner que les producteurs de la filière souchet ne sont structurés. Or il existe des exemples de filière de production qui sont bien organisés. C’est l’exemple des producteurs de la filière Oignon de Galmi. « Nous sommes en train d’organiser cette filière conformément à notre rôle régalien. L’objectif pour nous qui avons la charge d’encadrer les producteurs est de faire en sorte que ces derniers puissent mieux valoriser cette culture qui génère assez de ressources financières. La production du souchet est extrêmement importante dans la commune rurale de Tchadoua. Elle est destinée principalement à l’exportation. L’essentiel des quantités du souchet produites à Tchadoua sont exportées au Nigeria et au-delà. Ce souchet va jusqu’en Espagne. En 2018, des espagnols en visite à Tchadoua avaient amené un échantillon du souchet nigérien, transformé. C’était un petit sachet de 200 g qui se vendait à 5000 FCFA en Espagne», rapporte M. Magagi Amani. En 2019, il a été emblavé à l’échelle du département 1558 ha. Le rendement à l’hectare était de 3150 Kg à l’hectare. Quant à la production de l’année précédente, elle est estimée à 4909 tonnes selon le directeur département de l’Agriculture. M. Magagi Amani devait par la suite expliquer que l’encadrement des producteurs se fait à travers les chefs de district agricole dans chaque commune. Ces chefs de district agricole sont chargés de l’encadrement, d’appui conseil et de vulgarisation de certaines technologies auprès des producteurs. Par ailleurs, il faut préciser que les femmes participent activement dans le processus des activités agricoles. Selon le directeur départemental, celles-ci ont accès à la terre.  Il n’est pas rare de trouver dans le département d’Aguié tout comme dans les autres zones du pays des femmes Chefs de ménage. Elles exploitent la terre aussi bien en période pluviale qu’en saison sèche.

Avec le concours du  PRODAF, le champ-école-paysan est expérimenté dans le département d’Aguié. Le champ-école-paysan est installé surtout dans les villages déficitaires. Dans chaque école, il y a 20 à 30 personnes qu’on initie à cette technologie. «C’est une école sans mur. Les personnes désignées pour travailler ensemble suivent l’itinéraire technique des cultures depuis la préparation du sol jusqu’à la récolte. L’installation d’un champ-école-paysan se fait sur la base d’un diagnostic ou les paysans expliquent en détail leur problème. Ce dernier peut être soit la dégradation des sols ou une variété de mil utilisée depuis plusieurs années. Toutes les variétés de mil sont expérimentées dans ce champ-école-paysan pour que chaque producteur ait la latitude de voir quelle est la variété qui convient à son champ », a conclu M. Magagi Amani, directeur départemental de l’Agriculture d’Aguié.

 

Hassane Daouda, Envoyé Spécial  (onep)