Atelier de dissémination des résultats de l’Enquête de Base sur les Indicateurs de la Planification Familiale (PMA) : L’INS met à la disposition des utilisateurs des données sur la Planification Familiale au Niger

Société
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La secrétaire générale de l’Institut National de la Statistique (INS), Mme Omar Haoua Ibrahim a présidé, le vendredi dernier à Niamey, la cérémonie d’ouverture des travaux de l’atelier de dissémination des résultats de l’enquête de base sur les indicateurs de la planification familiale (PMA). Cet atelier a pour objectif général de permettre aux différents acteurs de la Santé de Reproduction/Planification Familiale (SR/PF) de s’approprier les résultats clés de la phase 1 du projet PMA au Niger.

Parlant de cette enquête, la secrétaire générale de l’Institut National de la Statistique (INS) a souligné qu’elle a pour objectif principal de recueillir des données en temps réel auprès des ménages, sur la disponibilité, sur l’accessibilité et l’utilisation de la contraception par les femmes âgées de 15 à 49 ans et sur la disponibilité des méthodes dans les sites de prestation de santé (SPS), aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, sur l’ensemble du territoire national. D’après Mme Omar Haoua Ibrahim, cette enquête a concerné la population résidant dans les ménages sélectionnés en général, et les femmes en âge de procréer (15-49 ans) en particulier. Elle a également concerné les sites de prestation de santé (SPS) et a porté sur 3.515 ménages, 3.633 femmes âgées de 15 à 49, répartis dans 103 zones de dénombrement (ZD). Elle a concerné 287 sites de prestations de santé et 684 interviews de sorties auprès des clientes.

Les principaux résultats de cette enquête ont révélé que plus de trois femmes sur dix (35%) ont une demande contraceptive satisfaisante par une méthode moderne; seulement 39% des utilisatrices de la contraception ont été préparées à faire face aux effets secondaires et sur le choix qui s’offre à elle pour changer de méthode. En outre, l’âge médian à la première utilisation de la contraception est pratiquement le même quel que soit le milieu de résidence (23,2 ans en milieu urbain et 23,5 ans en milieu rural). De manière globale ces résultats se présentent comme suit :

Section 1: Utilisation de la contraception, dynamique et demande contraceptive : la grande majorité ( 78%) des dernières naissances ou des grossesses actuelles ont été désirées ; parmi les méthodes contraceptives modernes, on note une diminution de l’utilisation de la pilule et de l’injectable intramusculaire (IM) au profit de l’injectable sous cutané (SC) et de l’Implant au cours de la période septembre 2017 à avril 2021 ; la pilule reste encore la méthode contraceptive moderne la plus utilisée chez les femmes en union à hauteur de 39% suivi de l’implant (21%).

Section 2: Qualité des services de la PF et du counseling : plus de la moitié des femmes (52%) ont reçu des conseils sur les effets secondaires de la contraception ; les femmes les plus jeunes discutent de la PF avec les prestataires beaucoup moins que celles plus âgées (9% des femmes de 15-19 ans contre 23% de celles de 25-49 ans); la majorité (98%) des femmes qui ont consulté le jour de l’enquête ont été satisfaites des services de PF reçus ce jour.

Section 3: Dynamiques contraceptives au sein du couple. Parmi les femmes qui n’utilisent pas la contraception au moment de l’enquête, 62% ont pris seules, la décision ne pas l’utiliser. Parmi les femmes qui utilisent une méthode contraceptive au moment de l’enquête, 51% ont pris la décision avec leurs conjoints ; parmi les femmes qui utilisent une méthode contraceptive au moment de l’enquête, 83% ont discuté avec leurs conjoints de la décision de retarder ou d’éviter la grossesse.

Section 4 Autonomisation des femmes et des filles : 42% des femmes en âge de procréer affirment pouvoir changer de méthode contraceptive lorsqu’elles le souhaitent ; 62% des femmes ne sont pas du tout d’accord que si elles utilisent une méthode contraceptive leur partenaire pourrait chercher une autre partenaire sexuelle. Plus le niveau d’éducation des femmes et des filles est supérieur, plus leur indice d’autonomie moyen est élevé (4,3 pour les femmes de niveau supérieur contre 3,8 pour les femmes sans instruction).

Section 5: Attitudes vis-à-vis de la contraception : Parmi les femmes qui utilisent une méthode contraceptive, 65% sont d’accord ou tout à fait d’accord que les adolescentes qui utilisent la PF ont des mœurs légères ; plus de la moitié (55 %) des femmes du milieu rural pensent que la PF concerne uniquement les femmes qui ne veulent plus avoir d’enfants. Quels que soient le groupe d’âge, le milieu de résidence ou le statut d’utilisation d’une méthode contraceptive, plus de 76 % des femmes pensent que la PF concerne uniquement les femmes mariées.

Section 6: Séquence des événements de la vie reproductive : l’âge médian au premier rapport sexuel est de 15,8 ans en milieu rural et 17,6 ans en milieu urbain. Plus de six femmes sur dix (65%) âgées de 18 à 24 ans sont mariées avant l’âge de 18 ans. Les femmes du milieu rural ont en moyenne trois (3) enfants à la première utilisation d’une méthode contraceptive.

Section 7: Sites de prestation de santé : plus de six sites de prestations de santé publics sur dix (67%) disposent du DIU actuellement et sans rupture de stock ; 65% des sites de prestation de santé offrent des implants avec un prestataire formé et les instruments ou le matériel nécessaire pour l’insertion ou le retrait ; plus de neuf utilisatrices d’une méthode contraceptive moderne sur dix (95%), l’ont obtenue auprès d’un site de prestation de santé public.

Cette enquête a aussi concerné l’impact de la Covid 19 sur l’accès aux soins de santé ; au niveau économique des femmes et des ménages.  Ces résultats constituent une opportunité pour le Ministère de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales et l’ensemble des parties prenantes intervenant dans la SR/PF d’apprécier le niveau des indicateurs de santé de la reproduction, de mesurer les progrès accomplis et d’identifier les défis qui restent à relever. Ils mettent aussi en exergue les effets de la maladie à Corona Virus sur l’accès des femmes aux services de SR/PF. Ils sont aussi interpellateurs des efforts à mener par le gouvernement et ses partenaires pour l’accroissement du taux de prévalence contraceptive moderne au Niger.

Pour rappel, le projet Performance Monitoring for Action (PMA) a été créé en réponse à l’initiative Family Planning 2020 (FP2020), «un partenariat mondial qui soutient le droit des femmes et des filles de décider, librement et pour elles-mêmes, si, quand et combien d’enfants elles souhaitent avoir».

 Ali Maman(onep)