Au Pré sommet de Paris sur la transformation de l’éducation : Le ministre Ibrahim Natatou a évoqué la nécessité de replacer l’école et l’éducation dans leurs missions authentiques

Société

En prélude au sommet sur la transformation de l’éducation que le secrétariat général de l’organisation des Nations unies (ONU) compte organiser à son siège en septembre prochain, un pré sommet s’est tenu à Paris du 28 au 30 juin 2022. Le Niger était représenté aux travaux de cette rencontre par une délégation conduite par le ministre de l’éducation nationale Pr Ibrahim Natatou ; le secrétaire dudit ministère Mohamed Zeidane, l’ambassadeur du Niger à l’UNESCO, SE ABANI Aboubacar Ibrahim et M. Salim Mokadem conseiller spécial en éducation du président de la république.

Le ministre de l’éducation nationale a  partagé avec  l’assistance la vision du Niger sur la transformation de l’éducation à travers le discours qu’il a prononcé. Pr Ibrahim Natatou a rappelé que le prochain sommet de New York vise à apporter des réponses à la crise des apprentissages consécutive aux mutations sociales, cultuelles, politiques et technologiques qui secouent le monde. Cette crise se manifeste  par l’insuffisance et/ou l’inadaptation des apprentissages scolaires aux besoins réels des pays et  des populations.

Pour le cas du Niger, les mutations sont de trois ordres. Tout d’abord le défi démographique avec une croissance rapide de la population. De 3 millions en 1960, la population nigérienne est estimée à 24 millions en 2022. Avec cette croissance, chaque année c’est près d’un million d’enfants en âge d’être scolarisés qu’il faut prendre en charge. Or le Niger est un pays à moyens limités. Le 2ème défi  est climatique. Il a un impact négatif sur l’agriculture et l’élevage qui occupent plus de 80% de la population. Ce qui accentue la pauvreté et réduit la capacité des parents à scolariser leurs enfants. Le 3ème défi est la situation sécuritaire qui provoque soit la fermeture soit la délocalisation des écoles avec comme conséquence la sous scolarisation, la perte d’apprentissage et le désordre psychologique et social. La tâche est donc immense. C’est pourquoi le ministre de l’éducation nationale a indiqué que le pré sommet doit extraire de l’école le trésor caché afin de faire de cette institution séculaire un outil de promotion grâce à ses extrants qu’il nomme les apprentissages. Or ces derniers sont en dessous de nos espérances.

Pour le Niger le président de la république son excellence Mohamed Bazoum fait de l’éducation un des plus grands défis à relever. Il a déclaré en substance lors de son investiture : si je  considère le défi de l’éducation comme notre plus grand défi, c’est parce que je sais que le faible taux de scolarité et le taux élevé des échecs scolaires ont pour effet de priver des contingents très nombreux d’enfants et de jeunes de réelle chance d’éducation.

Le ministre de l’éducation nationale a par ailleurs rappelé que les grands pédagogues de tous les temps ont admis que l’éducation est un transfert des savoirs des adultes vers la jeunesse ou des détenteurs de savoirs vers ceux qui en sont de pourvus et qui en ont besoin. Ce transfert dote la société des hommes et des femmes dont elle a besoin pour son bon fonctionnement. Aujourd’hui on parle de production de capital humain. Justement le président, a précisé Pr Ibrahim Natatou s’est engagé à créer les conditions en relevant le système éducatif afin qu’il soit en mesure de générer le capital humain dont l’économie du pays a besoin.

Pour cela des mesures sont envisagées face à la pauvreté des apprentissages. Il s’agit de la relecture des programmes d’enseignement au cycle primaire en attendant la généralisation du nouveau curriculum en expérimentation avec l’entrée par les langues nationales aux premières années de l’enseignement fondamental, la professionnalisation des enseignants, l’élaboration d’une politique enseignante, la construction des classes pour remplacer progressivement les paillotes, des internats pour jeunes filles, l’optimisation du temps d’apprentissage par un système de monitoring du temps scolaires, la prise en charge efficace de l’éducation en situation d’urgence dans les zones affectées par les conflits, les crises et autres catastrophes, l’intégration des TIC pour améliorer la qualité de l’éducation.

Aussi, le ministre de l’éducation nationale a précisé  que pour les Etats sous scolarisés  comme le Niger ce pré sommet est un terreau d’échanges mais aussi un espoir car  c’est une occasion et une lourde mission de replacer l’école et l’éducation dans leurs missions authentiques.

En marge des travaux du pré sommet, les ministres  de l’éducation nationale du Niger  et d’Islande et leurs équipes ont eu une séance de travail axée sur le développement de la coopération dans le domaine de l’éducation.

Par Moussa Kambaï,  Responsable Communication MEN