Célébration de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-Descendante par la CGLU Afrique : «Faire passer la culture des pétitions de principes à une pratique et une politique locale avec les villes et collectivités territoriales»

Société
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L’organisation faîtière des collectivités territoriales d’Afrique, Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), a célébré le 24 janvier 2022, la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante (JMCA). A cette occasion, un atelier d’échange en ligne a été organisé autour du thème retenu par l’UNESCO : ‘’La culture, élément d’expression de l’identité Africaine’’.

La Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante (JMCA) a été proclamée en novembre 2019 par l’UNESCO lors de la 40ème session de sa Conférence Générale. La JMCA est célébrée chaque 24 janvier, date qui coïncide avec celle de l’adoption le 24 janvier 2006, de la Charte de la renaissance culturelle africaine par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine. Cette célébration est le résultat des efforts menés par le Réseau Africain des Promoteurs et Entrepreneurs Culturels (RAPEC) avec l’appui de CGLU Afrique.

Le panel de discussion était composé de Mme Asmaa Rhlalou, Présidente du Conseil de la Commune de la Ville de Rabat ; M. Abdelilah AFIFI, Secrétaire Général du Ministère marocain de la Culture; M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique. Ont également pris part au panel,M. John Ayité Dossavi, Président du Réseau Africain des Promoteurs et Entrepreneurs Culturels (RAPEC) ; M. Alain Bidjeck, Directeur du Movement Of Creative Africa (MOCA), Forum des Cultures d’Afrique et des Diasporas en France ; M. Raoul Rugamba, CEO Africa in Colors, Secteur des Industries Culturelles Créatives et Numériques du Rwanda et dans la Région des Grands Lacs ;M. Monceyf Fadili, Essayiste, auteur de (Rabat, un printemps confiné) ; Sa Majesté Ness Essombe, Secrétaire Général de l’Union des Autorités Traditionnelle d’Afrique et M. Mustapha Moufid, Directeur du Département Culture, Migration, Paix et Sécurité de CGLU Afrique.

Les différentes interventions ont mis en relief quatre niveaux de problématique pour inviter les participants aux débats : d’abord la contribution de l’Afrique à la culture universelle. L’Afrique a une profondeur culturelle très importante mais c’est la plus absente du registre du patrimoine universel. Ensuite la question de la perte de l’identité culturelle africaine, matérialisée par l’ignorance des jeunes de leurs origines et traditions. A ces deux préoccupations, s’ajoute une troisième, celle de la sous exploitation des industries créatives et culturelles qui constituent un angle mort du développement des pays africains. Ces industries créatives et culturelles et leur pendant numérique sont pourtant extrêmement importants au développement économique. Enfin, il y a la problématique non moins importante de la Fondation des relations des pays africains d’abord sur la reconnaissance du patrimoine culturel commun à faire revivre via la coopération Sud –Sud autour de la culture. Le but étant que la culture participe à la prise de conscience de ce que l’Afrique apporte au monde.

Il est temps de faire passer la culture de la sphère des pétitions de principes à une pratique et une politique locale  grâce à l’action des villes et collectivités territoriales. 

«Le Patrimoine culturel constitue un levier fondamental de la vie humaine qui participe non seulement à la promotion de la paix, à l’équilibre, à la continuité et à l’harmonie des sociétés humaines, mais il s’avère surtout une opportunité stratégique pour la promotion d’une croissance économique soutenue, partagée et durable, comme le signale l’Objectif du Développement Durable n° 8», a déclaré, dans son intervention, Mme Asmaa Rhlalou, Maire de Rabat.

Les échanges avec les participants ont débouché sur des apports et des perspectives riches et des recommandations ont été formulées à l’endroit des collectivités territoriales d’Afrique. Elles portent sur la nécessité d’intégrer la culture comme une composante du développement économique : cela passe par la promotion et la formation des nouveaux métiers à la culture. Il est aussi question d’identifier et de classer les sites culturels d’abord à l’échelle nationale, ensuite à l’échelle africaine, puis à l’échelle universelle. Ces sites ont une vocation matérielle et immatérielle. Il doit avoir sur ce point un effort des politiques publiques mais aussi un effort des collectivités territoriales. Cela doit se faire à partir du local vers le national ; créer à travers CGLU Afrique, une plateforme africaine de la culture ; assurer une production d’œuvres culturelles entre chaque session de célébration de la JMCA afin d’avoir un fonds culturel commun pour dénicher et favoriser des talents en une année ; s’appuyer sur les diasporas africaines ; développer l’art culinaire africain.

Dans son message de conclusion, le secrétaire général de CGLU Afrique, M. Jean Pierre Elong Mbassi a réitéré la volonté des villes, collectivités territoriales et leurs associations nationales de porter à bras le corps le chantier du contenu culturel de la vie quotidienne africaine. «Nous voulons que ce chantier soit porté par les collectivités territoriales, parce que la plupart des créateurs vivent premièrement dans les collectivités territoriales et jusqu’à présent les collectivités territoriales n’ont pas été très regardantes vis-à-vis des jeunes créatifs, de la culture. Nous voulons que grâce à l’action des collectivités territoriales, la culture quitte la sphère des pétitions des principes, des injonctions nationales ou internationales pour devenir une pratique et une politique locale. Dans tous les sommets Africités nous avons une journée culture et une journée diaspora. Nous avons aussi une journée digitale. Pour cette 9ème édition du Sommet Africités prévue du 17 au 21 mai 2022 à Kisumu au Kenya, je nous invite à poursuivre ces échanges dans le cadre de la journée culture. Parce que ce chantier qui s’ouvre ne doit plus s’arrêter jusqu’à ce que les africains se reconnaissent dans leur culture et que le monde reconnaisse l’apport de la culture africaine à la culture de l’universelle», a plaidé M. Jean Pierre Elong Mbassi.

Les propositions issues de cet atelier seront également remontées au Président en exercice de l’Union Africaine, M. Félix Tshisekedi, Président de la République Démocratique Congolaise. Pour rappel, l’Union Africaine a choisi pour 2021 le thème «Arts, culture et patrimoine : levier pour l’édification de l’Afrique que Nous Voulons».

Souley Moutari(Onep)

(Source : CGLU Afrique)