Célébration du 60ème anniversaire de l’Indépendance nationale d’Algérie : L’Ambassade d’Algérie à Niamey invite M. Sanoussi Tambary Jackou à témoigner son vécu de la révolution algérienne

Société

Dans le cadre de la célébration du 60ème anniversaire de la fête nationale de l’Indépendance de la République Algérienne Démocratique et Populaire, célébrée chaque 5 juillet depuis 1962, l’Ambassadeur d’Algérie au Niger, SE. Ali Darouiche, a donné samedi, 2 juillet 2022 dans la matinée à sa résidence, une réception. A cette occasion l’assistance a suivi M. Sanoussi Tambary Jackou à travers un exposé de son vécu par un récit-témoignage sur la Révolution algérienne vue du Niger. Cette cérémonie a enregistré la présence des présidents des institutions de la République, des membres du Gouvernement, des Ambassadeurs et chefs de mission diplomatiques au Niger, de la communauté algérienne vivant au Niger et de plusieurs invités.

Après l’exécution des hymnes nationaux des deux pays, l’Ambassadeur de la République Algérienne Démocratique et Populaire au Niger a adressé un message à l’assistance dans lequel, il a tout d’abord remercié les invités qui sont venus nombreux pour partager avec lui la célébration de l’anniversaire. Il a ensuite rendu hommage à la mémoire des glorieux martyrs qui ont donné leur vie pour que l’Algérie recouvre son Indépendance et sa souveraineté. Il a également reconnu le soutien précieux de plusieurs pays frères et amis, à la lutte de libération nationale et la contribution substantielle de la communauté algérienne établie à l’étranger, dans l’aboutissement de cette longue lutte pour l’Indépendance.

Selon le diplomate algérien, la situation de son pays n’a rien de comparable aujourd’hui avec celle qu’il y a 60 ans ; que de chemin parcouru dans les différents domaines (éducation, santé, logement etc….). « Dès le recouvrement de son Indépendance, l’Algérie a fait le choix de l’investissement humain », a dit SE. Ali Darouiche. Pour lui, ce pari n’a pas été vain. Il a permis à l’Algérie d’être considérée, comme pays ayant un Indice de Développement Humain (IDH) élevé, devançant ainsi tous ses voisins de l’Afrique du Nord, et figure parmi les pays possédant les IDH les plus élevés sur le continent africain (après Seychelles et Maurice).

Il a appuyé son intervention avec des illustrations, en disant que, le taux d’analphabétisme était de 90% en 1962. Il a été ramené à sa plus simple expression (moins de 8%). Pour rappel, le pays comptait en 1962 quelques centaines (800) étudiants. Aujourd’hui, l’Algérie en compte plus de 1,7 millions d’étudiants répartis sur les 60 campus universitaires et 37 écoles supérieures. Au nombre d’étudiants s’ajoute, bien sûr, le nombre d’inscrits dans les trois paliers de l’éducation nationale, qui s’élève à 11 millions d’élèves, soit plus d’un quart de la population totale. « Ces quelques chiffres témoignent de l’effort considérable fait par l’Etat pour hisser le niveau d’instruction et de développement social de la population », a-t-il affirmé.

Il devait ajouter que l’élection du Président, SE. Abdelmadjid Tebboune, il y a maintenant deux ans et demi, est venue tracer une nouvelle feuille de route pour construire ‘’l’Algérie nouvelle’’ dont avaient rêvé leurs glorieux Martyrs. Une nouvelle Constitution visant à renforcer les institutions et à approfondir les droits et libertés individuelles et collectives, a été adoptée par le peuple algérien, par voie référendaire, le 1er novembre 2020.

Le diplomate algérien a aussi souligné que, le Président de la République, SE. Abdelmadjid Tebboune accorde également un intérêt particulier aux relations avec les pays voisins, notamment ceux de la sous-région sahélo-saharienne, comme le Niger, avec lesquels l’Algérie entretient des liens historiques, humains et culturels, basés sur le respect et la solidarité. Il s’est félicité de l’excellence des relations qui existent entre l’Algérie et le Niger, qui à la satisfaction des deux parties couvrent tous les domaines de coopération et les aides de solidarité et humanitaires interviennent régulièrement au gouvernement et au peuple nigérien frères.

Après le cérémonial est arrivé le moment de l’exposé du témoignage de l’homme politique nigérien de 82 ans, le vétéran Sanoussi Tambary Jackou qui a bien voulu partager son vécu, à travers un récit-témoignage sur la Révolution algérienne vue du Niger. Etant ancien étudiant en France, une partie des étudiants africains a vaillamment lutté contre les impérialistes. Selon lui, parmi les cinquante-cinq (55) pays du continent africain, l’Algérie est le pays dont la lutte de libération nationale, fut la plus retentissante possible.

En effet a-t-il continué, du 1er novembre 1954, jour du déclenchement de la lutte armée au 2 juillet 1962, le peuple algérien, a mené une lutte de libération nationale qui fut l’exemple le plus concret pour tous les pays qui étaient sous domination coloniale. Au début de la lutte, le pays comptait huit (8) millions d’habitants arabes algériens et un million d’européens, principalement des français, installés dans le cadre de la colonisation de peuplement et des juifs naturalisés français.

Selon M. Sanoussi Tambary Jackou, au déclenchement de la révolution, le colonialisme français était à son apogée car il était solidement installé en Afrique noire dans les huit (8) territoires de l’AOF, les quatre (4) territoires de l’AEF, l’île de Madagascar et certains îlots de l’océan pacifique. « En ce moment-là, aucun de ces pays colonisés, ne songeait à arracher son indépendance vis-à-vis de la France dans le cadre d’une lutte armée. Mais les patriotes algériens déclenchèrent la guerre de libération nationale, le 1er novembre 1954 qui a été favorisée par la réunion à Alger même des six (6) chefs du front de libération nationale (FLN). Ces révolutionnaires étaient déjà des anciens membres de l’organisation spéciale, qui était le bras armé du ‘’mouvement pour le triomphe des

libertés démocratiques’’ du ‘’comité révolutionnaire d’unité et d’action’’ », a-t-il témoigné.

La révolution a été bien

organisée jusqu’à ce que la communauté internationale cherche la fin de la guerre d’Algérie avec la nouvelle phase politico-militaire. Ainsi donc, la recherche d’une solution à la crise politico-militaire déclenchée et entretenue par la guerre d’Algérie, entraina la France dans des transformations politiques inimaginables jusqu’à cette date. Le 19 mars 1962, après la signature du cessez-le-feu entre les deux belligérants, à savoir le

pouvoir français et le FLN algérien, le conflit prend officiellement fin à partir de cette date. Le conflit cessa d’être militaire ou politico-militaire, pour devenir politique.

Enfin selon le témoignage de M. Sanoussi Tambary Jackou, la décolonisation dans l’espace francophone fut ainsi dans une certaine mesure, l’une des conséquences de la guerre d’Algérie qui avait agité la France pendant huit (8) ans, soit du 1er novembre 1954 au 3 juillet 1962.

Seini Seydou Zakaria(onep)