Cinéma : Hommage posthume à la cinéaste antillaise Sarah Maldoror

Culture
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La cinéaste antillaise Sarah Maldoror est décédée, le dimanche 12 avril 2020, à Paris (France). Ainsi donc va la vie. Militante féministe avant l’heure, proche des mouvements de libérations de l’Angola, de la Guinée Bissao et des îles du Cap Vert, Sarah Maldoror était davantage connue pour ses films Sambizanga et NO PINCHA.

Nos chemins se sont croisés dans la vie à maintes reprises quand elle venait déjeuner au restaurant le Totem du Musée de l’Homme avec Jean Rouch et Henrico Fulchignoni et à mon premier Festival à Carthage en 1976. Je n’oublierai jamais ce diner féérique d’une nuit étoilée dans le jardin de Tahar Cheeria à Tunis au cours du duquel Sarah nous a fait rire toute la nuit avec ses anecdotes d’histoires croquantes, vertes, et imbuvables.

Y étaient parmi tant d’autres invités, René Debrix chef du bureau du cinéma de la rue Odinot, le mythique cinéaste égyptien Youssef Chahine, les Algériens Mohamed Bouhamari, auteur du magistral charbonnier et Ali Galem réalisateur de Mektoub, Ferid Ayari critique au Continent, Ferid Boughedir de Jeune Afrique, Ignacio Romano critique au Monde diplomatique, Ousmane Sembene et la magnifique Threse  N’Bissine Diop vedette le la Noire de , Med Hondo et son acteur fétiche Lionsoll, Souleymane Cissé du Mali, Guy Hennebelle critique à Afriasia, Ababakar Samb, auteur de « Et si la neige n’était plus », le doyen Paulin Vieyra, Catherine Ruelle critique à RFI, Lionel NGakane de l’ANC, Harouna Niandou, l’actrice de service du cinéma nigérien, la belle Zalika Souley, Moustapha Alassane auteur de l’insolite western des dunes de sable, le retour d’un aventurier, l’insolent Johnson Traoré auteur du Maudit Ngnane et le non moins insolent Oumarou Ganda déjà auréolé de la gloire du célèbre ‘’Moi, un noir de Jean Rouch’’ et des trophées de son premier film Cabascabo qui, en ainé me tenait la main au milieu du premier cercle  de ce ghota du cinéma africain.

Nous étions tous jeunes, sans soucis ni crainte avec la fierté d’être la voix de nos peuples sans voix. C’était toute une époque, une histoire de notre temps et de notre jeunesse. Pour tout cela les survivants ne t’oublieront pas Sara de mal odora comme aimait t’appeler Philippe Luzuy, le monteur de Rouch au comité du film ethnographique

Que ton âme repose en paix

Par l’Ambassadeur Inoussa Ousseini