Comprendre les axes de la Déclaration de Politique Générale (DPG)

Société
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Le Premier ministre, Chef du gouvernement, Son Excellence Ouhoumoudou Mahamadou, a présenté, on se rappelle, la Déclaration de Politique Générale (DPG) de son gouvernement devant la Représentation nationale, le 26 mai dernier. Ce document d’orientation a reçu l’approbation des députés nationaux.

La DPG est la déclinaison opérationnelle du Programme de Renaissance Acte III porté par le président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Mohamed Bazoum, suivant le crédo : consolider et avancer. Il s’agit de consolider les acquis indéniables de la mise en œuvre des Programmes de Renaissance Actes I et II et avancer dans le sens du progrès et de l’émergence du Niger. Le sens de ce crédo est précisé dans le préambule du Programme de Renaissance : « Consolider les acquis du travail accompli au cours de ces 10 années et avancer vers de nouveaux objectifs tels qu’ils découlent des enseignements critiques que nous avons retenus de notre expérience bien plus complexe que les idées aux moyens desquels nous l’avions abordée ».

La DPG doit traduire en actes les engagements contenus dans le Programme de Renaissance III, et les orientations que le président de la République a déclinées dans son discours d’investiture, le 2 avril dernier. Au cours du présent quinquennat, l’action gouvernementale s’opérera à travers les 7 axes ci-après :

1. Sécurité et quiétude sociale ;

2. Bonne gouvernance et consolidation des Institutions républicaines ;

3. Développement du capital humain ;

4. Modernisation du monde rural ;

5. Développement des infrastructures économiques ;

6. Exploitation des potentialités économiques ;

7. Solidarité nationale et inclusion socioéconomique.

Ces axes rendent compte des priorités de notre pays autant qu’ils prennent en charge les défis majeurs auxquels il est confronté.

Axe I : Sécurité et quiétude sociale

Il en est du défi sécuritaire qui oblige le gouvernement, depuis 10 ans, à consacrer en moyenne 17% des ressources budgétaires à la sécurisation des personnes et de leurs biens. Grâce à l’esprit d’anticipation qui a caractérisé le gouvernement, le choc sécuritaire a été atténué. Les efforts viseront à maintenir cette tendance tout en renforçant la lutte contre les groupes terroristes et en insistant sur le nexus sécurité-développement.

Les engagements du président de la République consistent notamment à renforcer les capacités opérationnelles des Forces de Défense et de Sécurité, le maillage sécuritaire du territoire national, améliorer les conditions de vie des FDS et sécuriser leurs familles y compris celles des soldats morts les armes à la main.  Un accent est mis sur la cohésion sociale et la prévention des conflits intercommunautaires suivant une approche inclusive. Tous seront mis à contribution : chefferie traditionnelle, leaders religieux, société civile, médias, etc. Les actions de développement se renforceront également.

La gestion transparente des ressources budgétaires prévues pour le secteur de la défense et de la sécurité sera renforcée. En d’autres termes, tout en tenant compte du caractère stratégique du secteur, il s’agit de renforcer le mécanisme de transparence et de redevabilité pour éviter la volatilité des ressources.

Axe II : Bonne gouvernance et consolidation des Institutions républicaines

La gouvernance tient une place de choix dans le Programme de Renaissance. L’objectif du gouvernement est de renforcer la gouvernance dans ses dimensions politique, administrative, locale, économique, financière et judiciaire.

Le gouvernement entend consolider ce qui a été fait dans ces domaines et ouvrir de nouvelles perspectives : améliorer la culture du mérite et de l’efficacité dans l’administration publique et la qualité de notre système judiciaire, donner un coup d’accélérateur au processus de décentralisation, etc.

Il entend aussi consolider la dynamique de la création de la richesse afin d’améliorer le niveau de vie de la population et réduire significativement le taux de pauvreté par l’élargissement de la classe moyenne. Cela suppose les conditions suivantes : maitrise de l’inflation, forte mobilisation des ressources interne et externe, politique d’endettement prudente et amélioration de l’efficacité de la dépense publique. Cette gouvernance économique sera aussi soutenue par la mise en œuvre des projets structurants notamment la finalisation et la mise en exploitation du barrage de Kandadji, la construction des pipelines pour l’exportation du brut et des produits raffinés, et la valorisation des produits issus de la production agro-sylvo-pastorale et halieutique par la mise en place des chaines de valeur dans l’agriculture et l’élevage.

Enfin, les progrès enregistrés seront consolidés en matière de démocratie et des libertés publiques, le renforcement de l’unité nationale et de la liberté de la presse.

Axe III : Développement du capital humain

Pour développer le capital humain, il faut améliorer les services offerts par les secteurs de l’éducation, de la santé, de la jeunesse et des sports, entre autres. C’est ce à quoi va s’atteler le gouvernement pour créer un cadre de vie favorable à l’épanouissement et au bien-être des populations.

Dans le secteur de l’éducation, l’accent est mis sur l’accès, la qualité et la gouvernance au niveau de tous les ordres d’enseignement. Cela va se traduire par l’allocation de 22% des ressources budgétaires au secteur, une meilleure gouvernance, la construction d’infrastructures scolaires sur la base des modèles innovants adaptés à l’environnement local, le rehaussement des résultats scolaires et la création des conditions pour l’absorption des jeunes diplômés par le marché de l’emploi.

Dans le domaine de la santé, il s’agit de renforcer les capacités en ressources humaines, construire des infrastructures, améliorer les plateaux techniques et la logistique. La question se pose ici aussi en termes d’accès et de qualité des services et des soins de santé.

Par ailleurs, l’action du gouvernement sera focalisée sur l’adoption de la Politique Nationale de la Jeunesse, la création des Centres de Promotion des Jeunes, le développement des infrastructures sportives à travers la création des Instituts et centres sportifs en régions.

En matière d’accès à l’eau pour tous, le gouvernement poursuivra la mise en œuvre du Programme Sectoriel Eau, Hygiène et Assainissement. A cet effet, il est prévu d’allouer 7% du budget national à ce secteur. 

Axe IV : Modernisation du monde rural

Le gouvernement va capitaliser sur les progrès de l’Initiative 3N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens) pour moderniser le secteur agropastoral qui occupe 80% de la population active.

Les actions à entreprendre seront centrées sur la mobilisation de l’eau, la réalisation et la réhabilitation des aménagements hydro-agricoles ainsi que le traitement de terres dégradées pour accroitre davantage le potentiel en terres exploitables. Il s’agira également de mettre à l’échelle les plateformes de services intégrés communément appelées maisons du paysan pour rendre disponibles les engrais, les semences, le matériel agricole en quantité et en qualité. 

Les actions porteront aussi sur l’augmentation de la productivité des systèmes d’élevage. C’est ainsi que des initiatives seront développées pour sécuriser et vacciner le cheptel, renforcer le maillage en points d’eau pastoraux, aménager et réhabiliter les espaces pastoraux, et assurer un meilleur accès aux aliments bétail et autres intrants zootechniques.

Un accent est mis sur la transformation et la commercialisation des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques. Dans ce cadre, des unités de transformation seront créées ou modernisées en développant les filières à haute valeur marchande telles que le niébé, l’oignon, le poivron, la viande, le poisson et le miel.

Le gouvernement est conscient que la transformation du monde rural passe par l’approche chaînes de valeur afin de fédérer les objectifs à travers la création des Pôles de Développement Économique autour des grands bassins de production. Les actions seront soutenues par des mécanismes incitatifs de financement de l’entreprenariat pour faire du monde rural le levier de création d’emplois pour les jeunes. Pour cela, le gouvernement va réorganiser la chaine de financement en opérationnalisant les institutions de microfinance adossées aux maisons du paysan et en favorisant le financement de proximité au profit des producteurs.

Axe V : Développement des infrastructures économiques

 A travers cet axe, l’objectif du gouvernement est de réaliser un vaste programme de renforcement, de diversification et de modernisation des infrastructures de transport, énergétiques et des Nouvelles Technologies de l’Information en vue de soutenir ses ambitions en matière de développement économique.

Dans le domaine du transport, le gouvernement envisage la mise en œuvre d’un programme de développement et d’entretien du réseau routier, le parachèvement des infrastructures ferroviaires et la modernisation des aéroports afin de contribuer au désenclavement du pays.

Dans le domaine de l’énergie, l’accent est mis sur l’amélioration du taux d’accès. Un vaste programme (production, transport, ravitaillement) est prévu à cet effet.

Dans le domaine des télécommunications, la tâche à mener porte sur l’amélioration de l’accès au haut débit fixe, en particulier dans les zones rurales.

Axe VI : Exploitation des potentialités économiques

L’objectif principal de cet axe est de créer les conditions optimales d’exploitation de nos potentialités économiques. Le gouvernement entend poursuivre les actions nécessaires afin de contribuer davantage à l’essor du commerce, appuyer la création de nouvelles entreprises, promouvoir les Petites et Moyennes Entreprises, promouvoir le développement industriel, relancer le secteur de l’artisanat et du tourisme et de l’économie de la culture. Les effets de ces réformes combinés à la réalisation des investissements dans le secteur pétrolier et des mines concourront à la relance de l’économie.

Des mesures incitatives seront prises à travers l’amélioration du climat des affaires, la facilitation de l’accès au crédit, la mise en œuvre de la ZLECAf, l’adoption et la mise en œuvre de la charte des PME, la promotion de la consommation des produits industriels locaux et l’accroissement de leurs exportations, etc. 

AXE VII : Solidarité nationale et inclusion socio-économique

A travers cet axe, il s’agit de renforcer les mécanismes de protection sociale, d’autonomisation des femmes, de protection de l’enfant, d’insertion des jeunes et de gestion des catastrophes.

Pour ce faire, diverses actions fortes seront développées comme la mise en place d’un modèle de filet social productif, la promotion des mécanismes traditionnels de solidarité, l’adoption des programmes de lutte contre la pauvreté des femmes, de lutte contre les violences basées sur le genre, la mise en œuvre des réponses contre la mendicité, le mariage précoce et la précarité des jeunes.

En ce qui concerne l’appui à l’insertion économique des jeunes, il sera renforcé le dispositif d’appui à l’entreprenariat et à la création d’emplois dans les secteurs productifs.

Dans le domaine de l’action humanitaire et de la gestion des catastrophes, des actions seront menées pour la réduction des risques et l’assistance nécessaire aux populations affectées. Il s’agit aussi de développer le Nexus Humanitaire-Développement-Paix et réduire les vulnérabilités des personnes à travers le renforcement de la gouvernance des risques de catastrophes et les investissements dans la prévention et l’alerte.

Pour mieux opérationnaliser la DPG, le gouvernement s’est engagé dans l’élaboration du Plan de Développement Economique et Social (PDES) pour la période 2022-2026 suivant le même crédo : consolider et avancer.

(Source : Département Information et Communication Cabinet du Premier Ministre)