Conférence de presse du ministre de la Santé publique par intérim sur l’évolution de la maladie Covid19 au Niger : Le gouvernement appelle la population à redoubler de vigilance et à l’observance des mesures barrières

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Le ministre de la Santé Publique par intérim, également ministre en charge du Tourisme et de l’Artisanat, M. Ahmed Boto a animé hier après-midi, une conférence de presse à Niamey. Au cours de ce face à face avec la presse, le ministre Boto a présenté une mise à jour de la situation actuelle de la gestion de la Covid 19 dans notre pays et a éclairé l’opinion publique afin de renforcer chacun à son niveau les mesures de lutte préconisées par les autorités compétentes. Dans ses propos préliminaires, le ministre en charge de la Santé a rappelé que depuis le mois de novembre, notre pays fait face à une recrudescence des cas de la Covid 19. Selon lui, cette phase est plus importante en termes de notification des cas comparativement à celle de mars et avril 2020.

A titre illustratif, le ministre Ahmed Boto a notifié que pour le seul mois de décembre, précisément à la date du 28/12/2020 il a été enregistré 1611 cas ce qui représentant 65% des cas enregistrés depuis le début de la pandémie. A la même date, a-t-il poursuivi, «la situation épidémiologique se présente comme suit: pour un total de 61291 tests réalisés, 3159 cas ont été déclarés positifs avec 99 décès, 1736 ont été guéris et 1320 cas actifs. Toutes les huit régions ont été touchées par cette phase avec Niamey comme épicentre». A la lumière de ce constat, le ministre a tiré la conclusion selon laquelle la situation est très préoccupante. De plus en plus des cas présentant des signes de la maladie sont en train  de prendre le dessus avec 60% contrairement au mois précédent où la majorité des cas étaient des cas asymptomatiques. «Toutes les régions sont concernées par cette recrudescence mais la situation est plus préoccupante dans trois régions à savoir Niamey, Tillabéri et Agadez», a-t-il déclaré.

Pour faire face à la situation, le gouvernement a, lors du Conseil des ministres du 11 et du 23 décembre dernier, pris des mesures pour contribuer à l’interruption de la chaine transmission. Parmi ces mesures, le ministre Ahmed Boto a cité la fermeture des écoles, la suspension des ateliers, réunions et formation, la fermeture des bars et de boites de nuit, l’interdiction de regroupements lors des mariages, baptême et funérailles, l’obligation du respect de mesures barrières comme le port de masque, la distanciation physique, le lavage des mains dans les administrations, les lieux de regroupement et les grandes surfaces, le renforcement de la communication. A cela s’ajoutent la réorganisation de la prise en charge au niveau de tous les hôpitaux publics qui assureront le test et le traitement des cas pour accroitre la capacité d’accueil, la révision du surcuit des cas suspects, le renforcement de capacité et de la permanence du SAMU, le renforcement de la communication à l’endroit de la communauté, la mise en place d’un centre de dépistage au Village Chinois pour le test de cas suspects afin de décongestionner le CERMES.

En outre, le ministre en charge de la Santé a noté que la région de Tillabéri précisément au point d’entrée d’Ayorou, continue à enregistrer de forts mouvements de nos compatriotes de retour du site aurifère des pays voisins. Plusieurs cas de Covid19 et d’autres maladies infectieuses comme la rougeole sont notifiés parmi ces retournés. Pour y faire face à la situation au niveau de cette région, «en plus de la mission de supervison au niveau central, il a été déployé une mission de 19 membres multidisciplinaire depuis le 19 décembre pour une période de trois semaines. Aussi, dans les prochaines jours, des missions de supervison sont programmées dans d’autres régions pour apprécier la situation», a expliqué le ministre en charge de la Santé.

Pour la ministre en charge de la santé, cette situation doit interpeler tout le monde car «nous avons assisté à un relâchement total du respect de l’ensemble des gestes barrières dans le cadre de la prévention de la Covid19», C’est pourquoi, a-t-il dit «nous devons aussi renforcer la surveillance à tous les niveaux suite aux regroupements et rassemblements ces dernières semaines dans le pays suite à la campagne électorale». A ce sujet, le ministre Boto invité l’ensemble de la population à redoubler de vigilance car la période que nous traversons, marquée par cette 2ème vague au niveau international et la saison froide, est fortement favorable à la réémergence de cette maladie.

Ainsi, le Ministère de la Santé Publique par intérim a réitéré les conseils ci-après : le respect de toutes les mesures édictées par le gouvernement, le respect strict des geste barrières, le recours urgent aux services de santé devant tout cas présentant de signes de la Covid19 à savoir la fièvre, les maux de tête, la toux, les difficultés respiratoires, la perte d’odorat ou du goût, la toux, le respect des directives pour les voyageurs par voie aérienne au départ comme à l’arrivée, le respect de l’auto confinement de 7 jours à tous les voyageurs de retours par voie aérienne sanctionné par un test Covid au septième jours.

Par rapport à la fermeture des bars et des boites de nuit, le ministre Ahmed Boto a souligné que le gouvernement a la responsabilité de protéger la santé de la population tout en reconnaissant les conséquences d’une telle mesure pour les professionnels qui opèrent dans ce domaine. Mieux, a-t-il précisé ces secteurs d’activités comportent beaucoup de risques de débordement et l’ivresse contrairement aux restaurants où il est plus facile d’appliquer les mesures barrières. Par rapport aussi à la liberté individuelle ou collective, le ministre en charge de la Santé a aussi a dit que l’Etat a créé les conditions pour que la population puisse jouir de ses droits tout en veillant à la santé collective. «L’Etat a l’obligation de protéger le droit à la santé qui est un droit fondamental», a-t-il ajouté.

L’Etat va injecter 75 milliards pour l’acquisition des vaccins attendus au 1er semestre 2021

Par rapport au vaccin, le ministre Ahmed Boto a dit que notre pays s’est inscrit dans la facilité appelée COVAX et les vaccins sont attendus au cours de 1er semestre 2021. Il est prévu, selon le ministre, de vacciner 47% de la population, dont 20% seront pris en charge par ledit plan et 27% par l’Etat. «A travers ce plan, l’Etat a prévu d’injecter près de 75 milliards pour assurer la vaccination», a-t-il annoncé précisant que les cibles prioritaires sont les scolaires, les personnels de santé, les Forces de défense et de sécurité et les personnes âgées. Le ministre Ahmed Boto a dit que le gouvernement n’envisage pas de fermer des marchés, mais préconise le respect des mesures barrières. Il a ajouté ces mesures doivent aussi être respectées au niveau des mosquées. «Le couvre feux ou la fermeture de mosquée n’interviendra que lorsque la situation l’exige ou se dégrade davantage. Les mesures se prennent en fonction de l’évolution de la situation», a-t-il déclaré. 

De leurs côté, le représentant de l’OMS, le secrétaire général du ministère de la Santé Publique, le DG du groupement des sapeurs-pompiers ont évoqué de la complémentarité entre le SAMU et les services de protection, Ils sont aussi revenus sur ce qui fait en quelque sorte la différence entre la première et la seconde vague qui, s’explique par la présence de beaucoup de personnes asymptomatiques à côté des personnes à risque comme les  personnes âgées ou vulnérables porteurs d’asthme, de tuberculose ou d’hypertension. Le SG du ministère de la Santé Publique a ajouté que le processus d’acquisition des vaccins est très avancé, la création des sites de dépistage volontaire de dépistage est en cours ainsi que l’accès au dépistage et la prise en charge au niveau des hôpitaux.

 Mamane Abdoulaye(onep)