Conférence de presse sur la coopération franco-nigérienne : Mme Chrysoula Zacharopoulou et M. Hassoumi Massoudou expliquent les enjeux d’un partenariat exemplaire

Société

Dans le cadre de la visite qu’elle effectue au Niger, du 27 au 29 juin, la secrétaire d’État française, auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères, chargée du développement, de la francophonie et

des partenariats internationaux, Mme Chrysoula Zacharopoulou, a eu une séance de travail, hier à Niamey, avec le ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, M. Hassoumi Massoudou. A l’issue des échanges qui ont lieu, notamment, en présence de quelques membres du gouvernement en charge des secteurs principaux concernés par la coopération au développement, les deux personnalités ont animé une conférence de presse à travers laquelle ils ont expliqué les perspectives pour la consolidation et le renforcement d’un « partenariat exemplaire » entre la République du Niger et la République de  France. 

C’est un premier déplacement en terre Africaine que consacre Chrysoula Zacharopoulou au Niger, depuis sa nomination au poste de secrétaire d’Etat en mai dernier, afin d’approfondir le partenariat avec son pays, la France, en matière de lutte contre l’insécurité alimentaire, de renforcement des capacités de production agricole durable et en matière d’éducation, notamment des filles. Au cours des échanges lors de ladite séance de travail, les deux parties ont fait le tour d’horizon de cette coopération bilatérale, ainsi que les sujets régionaux.

Cette visite intervient dans un contexte régional critique où le Niger multiplie les efforts pour être plus résilient face à la menace terroriste, celle de la crise alimentaire liée aux facteurs climatiques et à la guerre en Ukraine. « Le fait que la ministre française vienne nous rendre visite pendant cette période là est un signe important et évident d’amitié que nous apprécions à sa juste valeur », a déclaré le ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et de la coopération, M. Hassoumi Massoudou dans son mot

introductif de la conférence de presse. Il a affirmé que

les échanges qu’ils viennent d’avoir sur la coopération entre la France et Niger sont fructueux. La revue qui en est faite montre qu’au Niger, la France est de loin un partenaire bilatéral de premier rang. « Il faut le dire, c’est le premier », a indiqué le chef de la diplomatie nigérienne. « Dans la coopération multilatérale aussi, notamment auprès de l’Union Européenne, au niveau de la Banque Mondiale, et au Fonds Monétaire International, quand nous avons des difficultés, nous savons pouvoir compter sur la France », a mentionné le ministre d’Etat.

Il faut noter que rien qu’à travers l’Agence Française de développement (AFD) c’est un engagement d’une enveloppe d’environ 276 milliards FCFA qui est en cours au Niger, sans compter l’appui budgétaire annuel et autres contributions. « La présence française n’est pas que sécuritaire. Sécuritaire, c’est important, puisque c’est notre premier partenaire dans la lutte antiterroriste qui est arrivé à entrainer d’autres à notre côté, pour vaincre le terrorisme », se réjouit le ministre d’Etat, M. Hassoumi Massoudou qui salue l’engagement de la France à consolider et renforcer le partenariat avec le Niger, un engagement manifeste que traduit la visite de la secrétaire d’Etat, Chrysoula Zacharopoulou.

Pour un « partenariat d’égal-égal »

« Je suis très heureuse et très honorée d’être à Niamey pour mon premier déplacement sur le continent africain, depuis ma nomination en tant que secrétaire d’Etat », a indiqué Mme Chrysoula Zacharopoulou. Cette visite, a-t-elle dit, témoigne de la force des liens d’amitié, de confiance entre nos deux pays, mais aussi de l’ampleur et de l’urgence des défis communs. Ce qui s’inscrit dans le cadre du rôle qui lui a été confié par les autorités françaises ; de « faire vivre et d’amplifier » le partenariat entre le Niger et la France et plus largement entre nos deux continents. « Une relation de respect, une relation d’écoute, un partenariat d’égal-égal, qui commence ici à Niamey, à travers les échanges que nous avons eus et qui se prolongeront », a précisé la secrétaire d’État française auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères, chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux. Mme Chrysoula Zacharopoulou affirme, de ce fait, s’être engagée sur une base régulière. « Les enjeux qui sont devant exigent de l’action, de la détermination et de la constance », a-t-elle souligné avant de saluer le « volontarisme » des autorités du Niger qui sont aujourd’hui courageusement engagées sur tous les fronts : face au terrorisme, face à la pandémie de la covid-19, dans la lutte contre les effets du changement climatique, et dans le redressement de l’éducation. « Depuis mon arrivée à Niamey (le 27 juin), j’ai pu constater que ce sont toutes les composantes de la société nigérienne qui sont engagées face à ces défis », a soutenu la secrétaire d’Etat. C’est une belle énergie, dit-elle, sur laquelle s’appuiera le partenariat dont les trois priorités sont la sécurité alimentaire, la lutte contre les effets du changement climatique et l’éducation. 

Mais comme évoqué lors de la séance de travail avec la partie nigérienne, la réponse face à la menace de la crise alimentaire liée à la guerre en Ukraine et au changement climatique est aussi dans la souveraineté alimentaire africaine en général. Raison pour laquelle, en perspective dans les volets sécurité alimentaire et climat de la coopération bilatérale franco-nigérienne il est question du renforcement de la production agricole et du financement du projet de la grande muraille verte au Niger. Quant à l’éducation de la jeune fille, lors de la visite du Président Macron à Niamey, les autorités des deux pays en ont fait une priorité commune.

Vaincre le terrorisme au Niger, la crédibilité des régimes démocratiques dans la région

La bonne gouvernance, la démocratie, gages de stabilité politique, constituent un credo permanent pour les autorités, la société civile, un combat de tous les citoyens nigériens. « Nous avons souffert pour arriver à cette démocratie, à ce niveau. Et nous comptons sur les acquis pour pérenniser cette démocratie. Il faut que les libertés puisent continuer, il faut que les élections démocratiques et les alternances démocratiques continuent, il faut surtout que le développement suive. Et les forces démocratiques qui sont au pouvoir aujourd’hui sont déterminées pour que l’expérience démocratique perdure », dixit le ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, M. Hassoumi Massoudou répondant aux questions de la presse. 

« L’amélioration des conditions de vie de nos populations est un combat essentiel pour la démocratie », a déclaré le ministre d’Etat qui ne sous-estime pas non plus le défi autant crucial qu’est la lutte contre le terrorisme. Pour le Chef de la diplomatie nigérienne vaincre le terrorisme est la plus belle manière de démontrer que le régime démocratique est mieux en toute circonstance. « Voilà pourquoi nous faisons appel à des pays démocratiques et non à des mercenaires pour combattre le terrorisme. Et après le débat favorable à l’Assemblée un consensus suffisant existe aujourd’hui pour qu’ils puissent nous accompagner, accompagner notre armée dans sa montée en puissance », a souligné M. Hassoumi Massoudou.

La secrétaire d’Etat française s’accorde avec le paradigme défendu le ministre Hassoumi Massoudou et  a ajouté que « la bataille contre le terrorisme est un combat non seulement de la région du Sahel mais aussi une bataille internationale, globale. C’est pourquoi la sécurité et le développement sont au cœur de l’approche commune ».

Concernant « l’urgence climatique », ainsi que la crise alimentaire qu’elle accentue d’une part, Mme Chrysoula Zacharopoulou a assuré qu’à son retour en France, elle discutera sur les possibilités d’augmenter plus le budget et demandera aussi l’appui de l’UE. « C’est très important, il y’a une crise immédiate, il faut qu’on donne de réponse et penser à l’année prochaine en même temps », a estimé la secrétaire d’Etat.

Ismaël Chékaré(onep)