Descente aux enfers du Mena : De la nécessité de faire table rase

Société
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Le mois d’octobre aura été cruel pour le football nigérien. Le 8 et le 11 octobre 2021, à Alger et à Niamey, le Mena national a connu les plus sombres moments de son existence. En effet le Onze national du Niger a encaissé une valise de 10 buts, dont 6 à Alger et 4 sur ses propres installations du stade, jadis fétiche, Général Seyni Kountché de Niamey. Que dire de cette déculottée ? En vérité, les mots ne sont pas assez forts pour décrire et rendre compte de cette correction qu’a subie l’équipe nationale du Niger pendant cette double confrontation face aux Fennecs algériens.

On savait que Blida était une place forte, un bastion imprenable des Fennecs. Mais on était loin de penser qu’au-delà de la défaite sur terrain adverse, le Mena allait totalement sombrer et perdre son âme en Algérie. Pendant les 90 minutes de jeu qu’a duré le supplice, les joueurs nigériens ont joué à tout, sauf au football : désorganisation totale dans tous les compartiments de jeu, erreurs monumentales dans la surface de réparation, confusion dans les lignes arrières, bref absence de tout collectif. Ce qui a permis à Mahrez et ses coéquipiers de crucifier par 6 fois un portier, Daouda Kassali,  déboussolé et totalement perdu.

Trois jours après, à Niamey, bis repetita ! Pendant que certains supporters naïfs s’attendaient à un sursaut d’orgueil du Onze national, Jean Michel Cavali et ses poulains ont bu le calice jusqu’à la lie : 4 buts à 0, avec en sus, une humiliation sans précédent au stade Général Seyni Kountché. Après ce séisme, le coach français du Mena a tenté de se justifier en évoquant une ingérence des responsables de  la FENIFOOT dans ses choix des joueurs de l’équipe nationale.

Cela n’est d’ailleurs pas étonnant, car depuis le naufrage collectif du Mena, aucun responsable de la FENIFOOT n’a daigné sortir pour donner la moindre explication sur la débâcle du Mena, ou pour tout au moins, présenter les excuses du Comité Exécutif aux supporters et à toute la nation. Motus et bouche cousue ! C’est l’omerta autour de cette cuisante défaite alors que tout le monde sait que l’opinion publique nigérienne a droit à des explications de la part de l’organe dirigeant du football nigérien. Mais le Colonel Major Pelé et son pré-carré n’en ont cure ! Ils se sont murés dans un silence de cimetière, et ils continuent à afficher du mépris pour les férus du ballon rond nigérien.

C’est d’ailleurs ce même mépris qu’ils ne cessent d’afficher quand tout le football nigérien est en train de s’écrouler et de mourir à petit feu. Avec un  championnat qui n’existe que de nom, car dominé par des clubs corporatistes et des clubs des  sociétés comme la Nigelec et la Sonidep, on assiste à une désaffection du public pour le football. Presque personne ne se rend  plus au stade pour assister aux piètres prestations de nos équipes de l’élite. En raison du manque de clairvoyance de la FENIFOOT et des mauvais choix du Colonel Major Pelé,  des clubs comme Sahel AC, Olympic FC, Zumunta AC, Liberté FC, Jangorzo FC, Espoir FC, Alkali Nassara, et bien d’autres encore agonisent depuis des lustres.

La double défaite du Mena ne doit pas rester impunie. D’autant plus que l’Etat en jouant parfaitement sa partition depuis une dizaine d’années, injecte des centaines de millions voire des milliards de FCFA dans cette équipe nationale qui nous fait honte aujourd’hui. Il faut qu’au plus haut niveau du Ministère en charge des sports on tire les leçons de ce sounami  en obligeant Pelé et son pré carré à la démission. Il faut faire table rase aussi bien de l’équipe nationale, de son encadrement technique,  que des dirigeants de la FENIFOOT, et repartir sur de nouvelles bases. Les deux années de suspension qui arriveront immanquablement permettront au Niger d’avoir de nouveaux responsables soucieux de la promotion de notre football et de l’honneur de notre pays. A bon entendeur, salut !

Zakari Alzouma Coulibaly(onep)