Développement communautaire : L’ONG Garkua, à travers le Projet PASP, change le visage du Kawar, en réalisant diverses infrastructures

Société
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De septembre 2019 à Août 2022, l’Association Nigérienne pour un Développement Durable (ANDD-Garkua), une Organisation non gouvernementale, à but non lucratif, non politique et non confessionnel, pilote et met en œuvre un important projet dénommé Projet d’Appui à la Stabilité socioéconomique et à la Paix dans la région d’Agadez (PASP). La zone d’intervention du projet comprend les communes rurales de Bilma, Dirkou, Djado et Fachi, soit 26.678 personnes, ainsi que le Conseil Régional d’Agadez et les Conseils Communaux desdites localités. D’un financement de l’Union Européenne pour environ 3.138.349,06 d’Euros, soit 2.058.622 034 FCFA, ce projet placé sous la maitrise d’ouvrage de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (la HACP), partenaire traditionnelle de l’ONG Garkua, intervient dans divers secteurs sociaux de base tels que la santé, l’éducation, les infrastructures, l’agriculture (maraîchage), l’élevage de reproduction, la formation professionnelle et technique ainsi que le sport et la culture. A travers ces actions multiformes, le PASP a permis de changer le visage de cette grande zone désertique et isolée de la région d’Agadez.

L’ONG Garkua a pour objectif général de contribuer à un développement durable équitable et inclusif à la base par la responsabilisation des communautés rurales dans la prise des décisions et la mise en œuvre de leurs actions de développement. Garkua est présente dans les huit régions du Niger; c’est donc une ONG d’envergure nationale, qui a pour ambition d’intervenir auprès des communautés de base dans les villages et les campements du Niger profond. D’une durée de 36 mois, le Projet d’Appui à la Stabilité socioéconomique et à la Paix dans la région d’Agadez (PASP) a pour objectif principal de contribuer à la création d’un environnement socioéconomique favorable à la stabilité et à la sécurité des populations de Bilma, Dirkou, Djado et Fachi. Le PASP vient donc en appui aux actions des autorités nationales dans divers secteurs. C’est ainsi que de nombreuses infrastructures sociales de base ont émergé des terres du Kawar.

Sur le plan de l’éducation, le PASP a permis la construction et l’équipement de cinq (05) salles de classe ; la construction et l’équipement de cinq (05) infrastructures sanitaires (CSI, salle d’hospitalisation).  Pour permettre aux populations d’avoir accès à l’eau potable, l’ONG Garkua a construit deux (02) Mini-AEP à Chimoundour et à Aneye (commune de Dirkou), un (01) puits pastoral à Doundoumi (commune de Fachi) et a renforcé le système d’adduction d’eau potable de la ville de Bilma par l’installation d’un réservoir d’eau de 50 m3, l’installation d’une pompe immergée, un champ solaire, et l’extension de la conduite de distribution d’eau de la ville. Le PASP a aussi construit deux salles pour la formation professionnelle des jeunes au niveau des communes de Djado.

Les bénéficiaires témoignent

Les autorités locales, les bénéficiaires directs comme indirects, les acteurs de la société civile, ont tenu à témoigner par rapport aux nombreuses infrastructures dont leurs localités ont bénéficié dans le cadre de la mise en œuvre du PASP de l’Ong Garkua. Selon le maire de la Commune urbaine de Bilma, M. Abari Kochi Maïna, les actions de Garkua à travers le PASP couvrent de nombreux domaines. « La présence de ce projet s’illustre notamment à travers des réalisations physiques. Le PASP nous a ainsi permis d’être équipé en infrastructures scolaires, de santé et d’hydraulique», précise M. Maïna.

Pour cet élu local, c’est sur la base des besoins déclinés par les populations locales que ces réalisations ont vu le jour. «En fait, Garkua ne vient pas avec des propositions d’infrastructures à réaliser. C’est des réunions qui sont organisées avec toutes les couches sociales de la commune pour définir les besoins communautaires, qui sont enregistrés ainsi que les endroits choisis pour la construction de ces infrastructures et pour les réhabilitations de celles qui existent déjà. C’est donc à partir des ateliers de planification communautaire et participative que tout est arrêté et l’ONG Garkua, sous financement de l’Union européenne, détermine par appels d’offres publics l’entreprise qui sera chargée de l’exécution des travaux, qui elle-même est suivie et surveillée par les agents de Garkua et les services techniques, qui veillent au grain par le biais de nombreuses visites sur le terrain. Et cela est valable pour chaque infrastructure», se réjouit le maire de Bilma.

Selon le maire Abari Kochi Maïna, ces infrastructures ont amélioré les conditions de vie et de travail de ses administrés ainsi que des agents travaillant dans les différents secteurs. « Je dois dire que l’approche innovante, participative et inclusive, a permis à l’Ong Garkua de mériter la confiance des populations pour travailler dans leurs intérêts et de bénéficier et de jouir de toutes ces opportunités que leur offre le PASP. Vraiment, au nom de ma communauté, je remercie vivement Garkua et ses partenaires, dont l’Union européenne pour toutes ces réalisations faites au profit de nos populations », lance l’élu.

Pour sa part, Mme Indi Malam, habitante du village de Chimoundour, dans la commune de Dirkou, a d’abord décrit le calvaire que les populations de sa localité subissaient avant l’érection des robinets et de château d’eau solaire par PASP et de témoigner qu’avec les fontaines et les châteaux d’eau installés dans leur localité, leurs charges de travail ont beaucoup diminué. «Avant, nous parcourions de longues distances pour aller chercher de l’eau pour notre usage. Une fois au puits, c’est une longue file d’attente qu’il faut suivre. L’attente peut durer plus d’une heure avant d’avoir accès aux puits et puiser l’eau avec une longue corde de plus de 30 m, pour ensuite transporter les seaux ou les bidons sur la tête et revenir au village. Il arrivait que le puits tarisse ; alors, il faudra attendre plusieurs jours pour voir l’eau revenir dans le puits. Nous passons donc des jours sans prendre de douche, ni faire la lessive» témoigne-t-elle. « Mais Dieu merci, grâce à Garkua et ses partenaires, nous avons de l’eau à quelques pas de nos maisons et en cinq minutes, au maximum, nous remplissons nos seaux et autres bidons. Nos habits, nos aliments sont toujours propres», exulte Indi.

Quant à Elhadji Laouel Taher, acteur de la société civile de Bilma, il confie que depuis son arrivée dans cette zone, à travers le Projet PASP, l’Ong Garkua, en 2018, a doté notre commune urbaine de Bilma de plusieurs infrastructures. « Parmi ces infrastructures, je peux citer des puits, des classes, des mini-AEP, etc. ». Sortant de sa classe nouvellement construite en dur et bien équipée, l’élève Issa Boukar se rappelle qu’avant, ils étudiaient dans une classe en paillote, assis à même le sol sur des nattes. « Maintenant, avec notre nouvelle classe, nous sommes fiers de venir à l’école, d’écrire sur le nouveau tableau noir et de nous asseoir sur des jolis table-bancs. Merci au Projet PASP et à Garkua’’, témoigne Boukar, tout souriant.

L’amélioration des conditions de vie des populations rurales et la satisfaction progressive des besoins sociaux économiques des populations, au centre des préoccupations de l’Ong Garkua et du PASP.

De sa création en 2016 à aujourd’hui, l’ONG Garkua, avec l’appui de ses

partenaires, a exécuté plusieurs projets dans toutes les régions du Niger. L’amélioration des conditions de vie des populations rurales ainsi que la satisfaction progressive des besoins sociaux économiques des populations passe par une participation volontaire et responsable. Selon l’ONG Garkua, la participation responsable contribue à l’autonomie des communautés à la base ainsi qu’à entretenir l’élan de prise de conscience des communautés villageoises sur leurs capacités à assurer leur avenir et à assumer leur destin. Dans sa stratégie d’intervention, Garkua mise sur la valorisation du savoir et du savoir-faire des nigériens afin de proposer une autre alternative de développement. Dans cette démarche, les jeunes représentent le fer de lance de nos actions, en effet Garkua se veut un creuset du développement d’un partenariat entre les jeunes et leurs aînés. La Mission de l’ONG Garkua est

d’apporter aux communautés rurales et périurbaines les appuis conseils nécessaires dans la mise en œuvre de leurs initiatives de développement.

Le champ d’actions de l’ONG Garkua se veut dynamique et s’adapte aux besoins des communautés dans lesquelles l’ONG intervient. De manière générale il couvre l’ensemble des besoins actuels et futurs de ses zones d’intervention. En effet, Garkua tente de répondre aux besoins de développement et d’urgence humanitaire dans ses zones d’intervention à travers des actions concertées avec les communautés et les partenaires techniques et financiers ainsi que des campagnes de communication et de plaidoyer à l’endroit des décideurs. L’ONG Garkua se positionne en interface entre les partenaires techniques et financiers et les communautés à la base. Son rôle est d’accompagner ses partenaires

communautaires à travers des relations durables, constructives et responsabilisantes. L’ONG Garkua a pour axes prioritaires d’intervention: 1) la promotion des organisations paysannes (OP) ; 2) la construction de la Résilience communautaire ; 3) la Sécurité alimentaire par la promotion de l’agriculture familiale et la promotion de la petite irrigation ; 4) la Santé et la nutrition ; 5) la promotion de l’éducation environnementale pour un développement durable et 6) la promotion de la bonne gouvernance, de la paix et de la sécurité. C’est fort de toutes ces expériences et de ces compétences multisectorielles que l’Ong Garkua a gagné la confiance des partenaires aussi crédibles et sérieux comme l’Union européenne et la Haute Autorité à la consolidation de la Paix.

Par Mahamadou Diallo(onep), Envoyé Spécial