Discours de Monsieur Diori Hamani, peu après la proclamation officielle de la République : «Le bon sens ne doit-il pas nous dire qu’il faut taire nos querelles politiques, nos divergences, pour ne nous atteler qu’au même effort qui doit donner le bien-être à nos femmes, à nos enfants, à tous ceux qui habitent ce pays?», déclarait le Président Diori Hamani

Politique
Spread the love

Sharing is caring!

 » Monsieur le gouverneur, mes chers collègues,

La République du Niger est née sous le signe de l’union de ses habitants. Elle a choisi librement la Communauté Franco-Africaine. Ce choix repose essentiellement sur la confiance que nous avons dans le devenir de l’homme et sur notre foi inébranlable en la France et en son Chef prestigieux, le Général De Gaulle. L’étendue immense de notre Territoire indique ses diversités régionales, ses différences ethniques, l’effort immense à faire pour rapprocher et fondre dans le même creuset national nos populations différentes.

Dans ce travail ardu, il nous faudra du tact et surtout de la patience pour nous aider les uns et les autres dans le labeur difficile qui doit préparer le bonheur de notre peuple. Dans ces conditions, les circonstances de l’histoire nous conduisent à la construction d’une Nation, à celle d’une communauté africaine dont la sève nourricière ne sera succulente que de la force de notre union. Dans un monde que dévore la vitesse, dans notre monde d’interpénétration de races, de peuples, de nations, l’isolement étouffe les petits Etats. Le chemin de la Communauté conduit plus à la libération de l’Homme que celui de l’indépendance dans la misère qui sent tout son nationalisme étroit et sa méfiance de l’Homme en général. Le Niger veut transcender toutes ces questions mesquines pour voir en face la réalité autour de laquelle il faut construire.

Dans notre pays, vivant côte à côte, Blancs et Noirs, le bon sens ne doit-il pas nous dire qu’il faut taire nos querelles politiques, nos divergences, pour ne nous atteler qu’au même effort qui doit donner le bien-être à nos femmes, à nos enfants, à tous ceux qui habitent ce pays. Le problème est donc très simple. Nous devrons agir sur le pays et ses hommes pour augmenter les ressources utiles qui développement notre commerce, qui contribuent à l’émancipation de nos populations, qui conduisent à l’indépendance économique de notre Etat dans la Communauté. Le travail est déjà immense pour ceux qui veulent faire quelque chose.

Vive le Niger !

Vive la Communauté Franco-

Africaine ! ».