Dosso/Entretien avec M. Zoubeirou Aboubacar, maire de la Commune rurale de Fabidji :«Grâce aux efforts conjugués de la commune, de l’Etat et des partenaires, les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont des vieux souvenirs»

Société
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En marge de la visite d’une délégation Onusienne dans la commune rurale de Fabidji le 25 janvier dernier, le Maire de cette commune, M. Zoubeirou Aboubacar nous a accordé un entretien dans lequel il revient sur plusieurs aspects de la vie de ses administrés et sur les potentialités qu’offre leur espace géographique. Dans cet entretien, le Maire de Fabidji se félicite de la coexistence pacifique entre agriculteurs et éleveurs, la bonne mobilisation des ressources internes et de la promotion de la bonne gouvernance dans sa commune, ainsi que de l’accompagnement ciblé des partenaires techniques et financiers.

Monsieur le Maire, pouvez-vous nous présenter votre commune ?

 

La commune rurale de Fabidji est l’une des huit (8) communes du département de Boboye dans la Région de Dosso. Elle est située entre les longitudes 2°51.38 Est et latitudes 12°54,47 Nord. Elle est distante de 30 km du chef-lieu du département Birni N’Gaouré et de 70 km de du Chef-lieu de la région Dosso. Elle est limitée à l’Est par la commune rurale de Kankandi, à l’Ouest par les communes rurales de Fakara et de Kirtachi, au Sud par la commune rurale de Falmey et au Nord par la commune urbaine de Birni N’Gaouré. Sa superficie est de 1075 km² pour une population estimée en 2019 à 46.886 habitants.

 

Quelle est sa particularité ?

 

Comme la plupart des communes rurales du Niger, l’économie de Fabidji repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage. Ici tout le monde est agriculteur et tout le monde est éleveur. Notre plus grande particularité est que la coexistence pacifique entre ces deux communautés est une réalité tangible.

 

Quelles sont les ressources dont vous disposez ? Leur mobilisation se passe-t-il dans de bonnes conditions ?

 

Les ressources de la commune reposent essentiellement sur les recettes issues du recouvrement des impôts et taxes. Les plus importantes parmi ces ressources demeurent, à n’en point douter, les taxes municipales et les taxes de marché. Ces deux ressources principales internes sont perçues auprès des chefs de famille par les chefs de village et reversées à la Mairie. Les taxes de marché et les patentes sont-elles collectées par des collecteurs, le tout sous la responsabilité du receveur Municipal. En plus des ressources internes, nous avons celles externes qui découlent des conventions de partenariat avec des partenaires extérieurs. Il s’agit des fonds destinés au financement des investissements. Outre les partenaires techniques et   financiers, la commune bénéficie d’actions émanant de la diaspora. En effet, celle-ci contribue dans le développement des secteurs sociaux tels que la santé et l’éducation. A titre illustratif, nous retiendrons la construction et l’équipement de trois (3) CSI ainsi que la dotation en fournitures scolaires de certaines écoles par des ressortissants de la commune.

Comme un peu partout au Niger, la mobilisation des ressources internes chez nous n’est pas une tâche facile. En effet nos concitoyens ne s’exécutent pas de leur propre chef, ce qui nous impose de prendre des mesures et de mettre en place des stratégies pour mobiliser les ressources au besoin.

 

Votre commune a connu plusieurs conflits entre agriculteurs et éleveurs. Quelle est la situation à ce jour ?

Effectivement, la commune a connu il y a quelques temps beaucoup de conflits entre agriculteurs et éleveurs. Je le disais plus haut que chez nous tout le monde est agriculteur et tout le monde est éleveur. Alors que la population augmente et que la demande en ressources est de plus en plus accrue, l’espace foncier s’amenuise quotidiennement. Grâce aux efforts conjugués de tous, Commune, Etat, Partenaires Techniques et Financiers, les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont des vieux souvenirs. Des actions hardies de gestion pacifiques ont été entreprises, des actions de

sécurisation des terres et ressources partagées ont été réalisées et aujourd’hui le résultat est satisfaisant.

 

Le transfert de compétences vers les communes est-il effectif chez vous ?

 

Le transfert des compétences et des ressources semble être timide, mais poursuit son chemin avec l’engagement des plus hautes autorités du pays. Nous attendons vivement  l’effectivité du transfert des quatre (4) domaines ciblés (Education, Santé, Hydraulique et Environnement) sous l’angle des ressources humaines et financières. Puisque la volonté politique y est, nous fondons l’espoir pour son aboutissement.

 

Avez-vous des partenaires qui vous appuient? Si oui, dans quels domaines ?

 

En parlant de ressources mobilisables, j’avais évoqué l’appui de partenaires techniques et financiers. La commune dispose effectivement de partenaires qui mettent en œuvre des projets et programmes dans  divers domaines de la vie socioéconomique de la commune. Il s’agit notamment des secteurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (aménagement de sites de cultures irriguées, création de banques céréalières et d’aliment de bétail et reconstitution du cheptel auprès des ménages vulnérables); les secteurs sociaux (Education et Santé) ; la restauration des terres dégradées et la préservation de l’environnement. Ils interviennent aussi dans les secteurs de la

sécurisation des espaces agricoles et pastoraux, l’hydraulique villageoise et  pastorale ; la formation professionnelle des jeunes et la scolarisation de la jeune fille ; l’autonomisation de la femme ; la gestion de marché à bétail et la gestion pacifique des conflits entre agriculteurs et éleveurs.

 

En général, quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face dans la gestion quotidienne de votre commune ?

 

La gestion au quotidien d’une commune n’est pas sans difficulté. Sans être exhaustifs, nous relevons en premier l’incivisme fiscal de nos concitoyens, malgré la preuve d’une  bonne gouvernance que nous tentons d’asseoir par des actions de restitution publique, des réunions du Cadre de Concertation Communal. Ensuite, il y a les effets des mauvaises campagnes agricoles qui rendent la commune vulnérable de manière récurrente. Entre autres difficultés, nous retiendrons l’insuffisance des terres couplée à la croissance démographique qui engendrent des problèmes fonciers.

 

Quelles sont vos perspectives ?

Pour relever ces défis, la commune se devrait d’exploiter efficacement et de manière efficiente les opportunités qu’offre le principal potentiel dont ils disposent. Il s’agit du Dallol Bosso qui offre une nappe phréatique accessible, de vastes terres irrigables, d’un important cheptel, d’une importante communauté de la diaspora répartie dans tous les pays de l’Afrique Subsaharienne et Centrale, et de la proximité de la capitale Niamey pouvant permettre le développement commercial et touristique. C’est pourquoi, j’invite et encourage tous les partenaires techniques et financiers qui ne cessent de prêter une  attention particulière au

développement socio-économique à poursuivre et renforcer leur accompagnement à la commune rurale de Fabidji. Enfin, mon vœu le plus cher est de voir le retour de la Paix et de la quiétude sociale sur l’ensemble du Niger. Puisse Allah le Tout Puissant accorder le Paradis à nos vaillants soldats tombés sur le champ d’honneur et consacrer la victoire du Niger sur les forces du mal.

 

 Souleymane Yahaya, Envoyé spécial(onep)