Editorial : Les opérateurs économiques face à leurs responsabilités

Edito
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Face à la persistance de la flambée des prix des produits de première nécessité, le Gouvernement n’a pas tardé à réagir. C’est ainsi que, sur instructions du Président de la République, Mohamed Bazoum, le samedi 19 mars 2022, le Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou a eu une rencontre avec les opérateurs économique, l’objectif étant de trouver des solutions consensuelles avec les commerçants par rapport au lancinant problème de la flambée des prix. Sachant que l’on s’achemine vers le mois béni de Ramadan qui correspond à une période de grande consommation, cette rencontre a été tout naturellement hautement accueillie par les consommateurs.

Entre autres mesures audacieuses prises par le gouvernement en vue d’obtenir une réduction sensible des prix des produits de grande consommation, on peut saluer la réduction des taxes douanières pour près de 3,5% sur le mil,  jusqu’à 35% sur la farine de blé et 17% sur le sucre. S’y ajoutent une importante réduction de la redevance sur les produits de l’élevage qui va de 50 à 90% selon les produits, ainsi que de la parafiscalité sur les produits chimiques allant de 10% à 3%. D’autre part, les contrôles routiers ont été réduits au maximum. Grosso modo, ces mesures se traduiront par un manque à gagner sur les impôts pour un montant estimé à près de sept (7) milliards de FCFA.

Par ces mesures favorables à un retour à la normale sur nos marchés, le gouvernement qui est soucieux d’assumer son devoir de protection sociale des consommateurs, met directement les opérateurs économiques face à leurs responsabilités.

Cependant, certains observateurs attentifs restent encore sceptiques quant à la volonté des commerçants à apporter la preuve de leur franche collaboration sur fond de patriotisme affirmé. Il se trouve que, ces dernières années, l’on a beau initier au Niger de telles mesures d’accompagnement, la situation ne change que peu ou prou, en faveur des consommateurs.

La cause principale du non-respect de ces décisions de désarmement tarifaire résiderait dans l’absence d’un cadre de suivi-contrôle de l’application de ce régime fiscal exceptionnel accordé aux opérateurs économiques. L’on a beau regarder du côté du Ministère du Commerce pour veiller au respect strict de la mise en œuvre de ces mesures, force est de constater que, dans les faits, ce ministère paraît désarmé faute d’un cadre plus coercitif susceptible de sévir efficacement contre les éventuelles violations de ces mesures.

Par le passé, l’on avait connu des institutions comme la Caisse nationale de stabilisation et de péréquation des prix, ou encore la Police économique, véritables instruments de l’Etat-providence, qui permettaient d’assurer efficacement le contrôle des prix des produits de première consommation. Malheureusement, depuis le tournant de la libéralisation des prix, ces outils de politique sociale ne sont plus là pour mettre les consommateurs à l’abri de la surenchère.

Même les politiques sociales de vente à prix modéré imaginées et conçues par l’Etat ne semblent pas endiguer le phénomène de la cherté du coût de la vie, lorsque certaines pratiques viennent torpiller les louables efforts des pouvoirs publics.

Mais, cette fois-ci,  nous osons espérer qu’avec toutes les dispositions pratiques prises par le gouvernement en faveur d’un désarmement des prix, les opérateurs économiques eux aussi feront de leur mieux pour répercuter les facilités consenties par l’Etat sur le marché, et jusque dans le panier de la ménagère.

Par Rabiba Aboubacar Bouzou (onep)