Editorial : Motifs de fierté nationale !

Edito
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Le général De Gaulle, ‘’l’homme du 18 juin 1940’’, écrivait dans ces célèbres Mémoires de guerre ceci :

« Le patriotisme, c’est aimer sa patrie, le nationalisme, c’est détester celle des autres » ! Chaque citoyen, quel qu’il soit, à quelque échelle sociale qu’il appartienne, se doit, en tous temps et en tous lieux, d’incarner dans sa vie privée comme dans sa vie publique cette vertu cardinale de la fierté nationale. Mais, avant de vous livrer le contenu de mon message du jour, je vous prierai, très humblement, de m’accorder une petite échappée ou digression pour narrer une anecdote dont votre fidèle serviteur avait été l’un des témoins privilégiés. Cela se passait au début des années 2000, sous la Cinquième République, plus précisément sous la présidence de Tandja Mamadou (Paix à son âme !). Ali Badié Gamatié était le ministre de l’Economie et des Finances.

En tant que Directeur de Publication d’un journal privé, votre fidèle serviteur avait été convié par le service de presse du Cabinet du Ministre Gamatié qui devait défendre son projet de Loi des Finances devant l’Assemblée nationale. Avant le début de la séance parlementaire, votre fidèle serviteur avait eu l’honneur d’avoir un aparté avec l’argentier national que nous connaissions déjà, personnellement. Nous étions sur les marches de l’Hémicycle lorsqu’un animateur d’un journal populaire de la place surgit de nulle part, me tendit la main amicalement, que j’acceptais, naturellement. Il fit la même chose pour le ministre Gamatié, et à la surprise générale, celui-ci refusa de prendre la main de ce confrère.

Et pour toutes explications, le ministre Gamatié eut ces phrases dures à l’encontre de ce journaliste : « On ne présente jamais son pays aux autres avec la main gauche !».  En effet, la raison de la colère ministérielle était relative à un article malveillant paru dans ce journal, et selon les propos du ministre, ce dernier était à Washington, en pleines négociations, quand, patatras, telle une bombe, la nouvelle fit capoter les pourparlers, pourtant indispensables pour permettre au Niger de bénéficier de programmes d’assistance financière. Et au ministre Gamatié d’ajouter à l’endroit du journaliste que chaque citoyen nigérien avait la lourde responsabilité du moindre acte posé par lui pouvant impacter, positivement comme négativement, sur la vie de la nation !

Si votre humble et fidèle serviteur a tenu à rapporter ce témoignage, c’est simplement pour fouetter le patriotisme de nos concitoyens afin qu’ils se sentent fiers et honorés à chaque fois que la nation nigérienne se distingue bien au plan international, soit par le talent de ses artistes ou sportifs, soit par la compétence de ses ressources humaines, soit enfin par le leadership de ses dirigeants politiques. En effet, il faudrait bannir de nos attitudes ce masochisme primaire, cette pulsion suicidaire consistant à s’infliger inutilement des souffrances, à s’auto-flageller à la moindre occasion, sans aucune raison légitime, à part, juste pour se faire du mal à soi-même. Quand le Niger est classé à un rang infamant dans l’Indice du Développement Humain (IDH) des Nations Unies, certains concitoyens, au lieu de s’en émouvoir, d’en avoir le cœur brisé en tant que Nigériens, bien au contraire, s’en réjouissent en pointant du doigt, très facilement, la gouvernance politique du moment. Mais, lorsque cette même gouvernance politique est honorée au plan régional, continental et international, les voilà qui crient presqu’au scandale !

Aujourd’hui, le prestigieux prix Mo Ibrahim attribué, pour l’année 2020, aura été l’illustration parfaite de cette ambivalence mortifère observée chez une catégorie de citoyens, plus prompts à jeter le discrédit et l’opprobre sur leur pays simplement parce qu’eux et leurs mentors politiques sont à l’opposition. Heureusement que ce prix n’est pas le fruit d’une réunion de la MRN ou une délibération du PNDS-Tarayya ! Tout de même, la prestigieuse fondation Mo Ibrahim n’aura pas manqué d’en prendre pour son matricule de la part de ces milieux hostiles à (tout ce qui est positif pour le Niger et son peuple). 

Pourtant, c’est avant tout le Niger que ce prix honore, puisque la présidence saluée par les experts de la fondation l’a été pour le bénéfice exclusif du Niger et de son peuple. Encore récemment, la cerise sur le gâteau, notre grand voisin du Sud, le Nigéria, vient à son tour d’honorer le Président de la République Issoufou Mahamadou en baptisant une voie express de la coquette capitale fédérale, Abuja, pour la première fois, ‘’Issoufou Mahamadou Express Way’’. Quel insigne honneur quand c’est la première puissance économique d’Afrique qui nous fait un tel compliment !

Mieux, les bonnes nouvelles s’enchaînant les unes après les autres, le Niger vient de quitter la dernière place de l’IDH en gagnant dix (10) places supplémentaires dans ce classement mondial ! C’est la première fois que le Niger fait un bond exceptionnel dans ce classement planétaire.     

Comme on le voit, le Niger brille sous les étincelles des satisfécits internationaux pendant que certains de ses propres fils s’efforcent de le diaboliser aux yeux de l’extérieur. Cependant, un adage du terroir enseigne que ‘’la mauvaise foi ne saurait noircir la blancheur naturelle du lait’’. Le Président Issoufou Mahamadou ne manquera point de dire à tous ses détracteurs, avant de prendre bientôt congé du pouvoir, un grand merci pour les éminents services que leurs critiques, souvent malveillantes, ayant permis à son action politique de s’améliorer davantage au quotidien. Comme le disait justement le grand dramaturge français Beaumarchais : « Sans la liberté de diffamer, il n’y a point d’éloge flatteur ; seuls les petits hommes craignent les écrits ». Durant deux quinquennats, le Président Issoufou Mahamadou, tel le sphinx dans toute sa majesté, sera resté impassible et fermé à toutes ces petitesses en ne voyant que la grandeur de la mission que le peuple nigérien lui aura confiée, sans jamais se soucier de ce qu’il en prendrait pour son compte personnel, l’essentiel étant pour lui de bien remplir sa mission !

Voilà là où l’homme de la renaissance du Niger aura placé son curseur personnel : le Niger, rien que le Niger ! Il ne cessait de dire en aparté cette profonde sagesse :’’L’énergie que nous mettons pour détruire, réinvestissons-la pour construire notre pays !’’  

Par Zakari Alzouma Coulibaly