Editorial : Vérité et transparence, le sacerdoce du Président Bazoum

Edito
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Depuis le 02 Avril 2021, date de sa prestation de serment, le Président Bazoum aura placé sa présidence sous le signe de la proximité démocratique qui efface toutes sortes de barrières entre gouvernants et gouvernés, pour créer une espèce d’osmose entre la classe dirigeante et le reste de la société. Ce qui est tout à fait inédit ! Les Nigériens, dans leur ensemble, n’en demandaient pas plus et ils le lui auront, d’ailleurs, en su gré en louant ses premières actions et mesures prises dès son entrée en fonction, notamment en nouant le dialogue avec tous les grands corps intermédiaires du pays. Incontestablement, le Président Bazoum aura charmé les Nigériens et entamait son mandat avec un énorme capital de sympathie populaire énorme !

Le Président Bazoum a toujours été obnubilé par une autre exigence, qui est celle de la transparence, de l’honnêteté de la sincérité. Sans ces vertus cardinales, il n’aurait donc, sans doute, jamais été à la tête du pays. C’est même ce qui l’avait amené à embrasser la lutte syndicale dans sa pure jeunesse, ensuite la carrière politique dans sa maturité. C’est donc quelque part, au nom de cet idéal humaniste qu’il a cherché à conquérir la magistrature suprême du Niger.

Exercer le pouvoir pour satisfaire un idéal politique aura toujours été le curseur ayant le plus marqué le parcours du Président Bazoum : dire ce qu’il fait, et faire ce qu’il dit ! C’est à l’exercice de cette exigence morale qu’il s’était livré, la semaine passée, dans la grande salle de conférence du Centre Mahatma Gandhi de Niamey, pour livrer à la Nation son état intérieur sur la situation sécuritaire du Niger, à l’heure où les fake-news, la désinformation à des fins souvent inavouées font fureur sur les réseaux sociaux en tentant d’exercer sur les opinions publiques un embrigadement aux antipodes des réalités des choses. Durant près de deux heures d’horloge, à cœur ouvert et sans aucun filtre, le père de la nation a dit tout ce qu’il a fait, prouvant ainsi qu’il a fait tout ce qu’il a dit, au risque de nous répéter !

Sans nous épandre sur tous les sujets abordés par le premier magistrat du pays au cours de cette conférence des cadres, nous pouvons dire qu’à travers cette rencontre, le Président Bazoum était simplement animé du seul et unique souci de respecter le mandat que le peuple nigérien lui a confié en l’élisant à la magistrature suprême du pays. En cette qualité, le Président Bazoum ne pouvait rester sans livrer au peuple la vraie information, celle dénuée de tout fard, et sans langue de bois. Débarrassé de tout complexe, comme il le disait lui-même, il était face à sa conscience et à son serment coranique de toujours agir pour le mieux des intérêts supérieurs de la nation.

Au cours de cette rencontre solennelle, l’on aura beaucoup plus su sur la situation sécuritaire de notre pays, voire du Sahel. Le besoin de transparence du Président Bazoum était si ardent que, à certains moments, même le code du secret-défense a été effleuré. Ce fut par exemple le cas lorsqu’il parlait de l’état et de la composition de la flotte aérienne et des munitions  mises à la disposition de notre armée.

Malheureusement, de toute cette riche intervention présidentielle, faite d’une fine analyse des causes profondes de l’insécurité, qui pourrait d’ailleurs inspirer des chercheurs en géopolitique, et surtout de révélations inédites sur les forces de défense et de sécurité, certains esprits simplistes, visiblement sur un autre logiciel que celui de la vérité, n’ont retenu qu’un bout de phrase complètement détaché de son contexte pour tenter d’en faire un buzz médiatique, en tirant des conclusions trop hardies et, manifestement partisanes. Une maxime du terroir enseigne que vous avez beau donné par charité un morceau de foie à un poisseux, il se débrouillera toujours pour y trouver un os !

De quoi s’agissait-il ici ? En effet, dans son intervention, le Président Bazoum avait évoqué la question de la libération de certaines personnes présumées terroristes qu’il avait même reçus au Palais de la Présidence, dans l’unique et louable souci de trouver des réponses au-delà de la simple dimension du règlement militaire de la chose pour y trouver des connexions qui vont du social, de l’économique, du culturel jusqu’à l’environnemental. Il n’en fallait pas alors plus pour ces partisans du raccourci d’accuser le Président Bazoum de porter atteinte aux principes sacro-saints de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire, en franchissant le rubicond d’en appeler à la libération d’autres prisonniers.

En réalité, concernant cette annonce, ce que l’on ne savait pas, c’était que ces personnes avaient été arrêtées sur la base des renseignements de certains services spéciaux de l’Etat et non pas appréhendées sur le terrain avec des armes. Elles avaient été gardées plusieurs années, sans que les charges qui pesaient sur elles puissent devenir suffisantes pour leur incrimination. Devant cet état de fait, la Justice avait estimé que leur libération pouvait intervenir sans préjudice pour l’Etat.

Voilà les circonstances dans lesquelles une telle libération avait été obtenue et voulant faire d’une pierre deux coups, comme on dit, le Président Bazoum les avait reçus conformément à sa démarche multidimensionnelle de recherche de la paix à tous prix ! Pas de quoi, vraiment fouetter un chat même s’il venait de renverser votre tasse de thé !  Loin donc de cette image d’un tapis rouge déroulé à des criminels avec du sang sur les mains, comme aimeraient le fantasmer certains milieux en mal de sensations. Mais que voulez-vous, il faut de tout pour faire un monde !

Monsieur le Président Bazoum, veuillez donc souffrir avec un brin de stoïcisme, à l’image de votre auguste prédécesseur Issoufou Mahamadou qui avait l’habitude de dire ceci :’’le ridicule n’empêche guère à votre adversaire de vous accuser de soulever de la poussière, même quand vous dansez dans l’eau !’’

Espérons, à présent, que le maître aura appris quelque chose sur la comédie humaine, plus que sur le tragique de la vie !

Par Zakari Alzouma Coulibaly(onep)