Education Nationale : Les Grands travaux du Président Mohamed Bazoum

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Pour le Niger, « son plus grand défi réside depuis son indépendance dans les faiblesses de son système éducatif », déclarait le Président de la République, dans son discours  d’investiture le 2 avril 2021. Ainsi, considère-t-il ce problème comme le plus grand défi à affronter, la condition sine qua none pour la réalisation  du « bel avenir » auquel aspirent les nigériens.

Le système éducatif nigérien souffre de capacités d’accueil insuffisantes, de capacités d’acquisition dérisoires et des taux de scolarisation, d’achèvement et de réussite aux examens très faibles: 30% pour le BEPC et 25% pour le Baccalauréat en 2019. « Pour mettre fin à cette situation je ferai de l’éducation un domaine dont je m’occuperai personnellement autant que je m’occuperai de la sécurité », s’engageait le Chef de l’Etat.

Les mesures annoncées se résument à la réactualisation de la carte scolaire ; la professionnalisation du corps enseignant pour disposer d’enseignants professionnels maîtrisant les contenus à enseigner et les techniques d’enseignement et d’apprentissage ; l’amélioration des résultats scolaires ; la scolarisation de la jeune fille avec la lutte contre la déperdition scolaire à travers la création  des internats pour les jeunes filles dans les collèges de proximité ; la réforme curriculaire en vue d’adapter l’école nigérienne aux exigences de son environnement culturel ; le recours à des architectes innovants pour la conception d’un modèle alternatif de construction des classes moins cher et plus adapté à l’environnement, en vue de mettre fin aux classes paillotes.

Ces quelques mots donnent une idée des maux auxquels est confronté le système éducatif au Niger. En même temps on comprend l’engagement du  Président de la République à prendre en charge la question de l’éducation et la formation pour laquelle il met un point d’honneur à redorer l’image et le rôle. 

Des réformes phares pour l’accès à une éducation de qualité, la gouvernance du système, la valorisation de la fonction enseignante

« Nous avons besoin prioritairement de faire deux choses: promouvoir une bonne gouvernance et repenser radicalement notre système éducatif dans l’optique de faire de nos actifs démographiques des dividendes économiques », affirmait le Président Mohamed Bazoum, dans son mémorable discours du 2 avril 2021. Dès la composition le 7 avril, du gouvernement que dirige le Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou, on perçoit la démarche du Chef de l’Etat en vue de prendre à bras le corps le chantier de l’éducation. Désormais, c’est un seul ministère qui a en charge le secteur de l’enseignement, du préscolaire au secondaire: le  ministère de l’éducation nationale, auquel incombe cette grande mission d’exécuter les réformes et chantiers initiés par SE Mohamed Bazoum. Le ministre de l’éducation nationale a pris la mesure de la tâche. « Le défi majeur de notre système éducatif demeure aujourd’hui celui de la qualité des enseignements/apprentissages, comme l’attestent les résultats de différentes évaluations et examens de fin d’année scolaire », relève Dr Rabiou Ousman, rappelant les récents taux de réussite aux examens de BEPC et de Baccalauréat. Ils sont respectivement de 20,50 % et de 22,75% en 2021, contre 30% et 25% en 2019.

Pour inverser cette tendance qu’il qualifie de « fâcheuse », Dr Rabiou Ousman  indique que sous l’impulsion du Président de la République, le ministère de l’éducation nationale s’attelle à la mise en œuvre de réformes phares visant la qualité de l’éducation, la valorisation de la fonction enseignante ; l’accès à l’éducation, la gouvernance du système éducatif.  

 « Les citoyens du Niger doivent comprendre l’intérêt que nous portons à la réforme des écoles normales de formation des maîtres», dixit le Président Mohamed Bazoum, lors de sa visite à l’ENI de Niamey le 16 mars dernier

Concernant le rehaussement de la qualité de l’éducation ce sur quoi le Président Mohamed Bazoum met un point d’honneur, le ministère de l’éducation nationale a entrepris des actions pour la formation des enseignants, l’amélioration de leurs conditions de travail, la promotion de leur carrière et le relèvement de leur niveau de qualification. « La réforme des écoles normales d’instituteurs s’inscrit d’ailleurs dans cette perspective », précise Dr Rabiou Ousman.

Cette restructuration des Ecoles Normales de formation initiale et continue est une réponse aux besoins quantitatifs et qualitatifs en enseignants et encadreurs du préscolaire, du primaire et du secondaire. «La réforme, entièrement mise en œuvre, dispose, entre autres, que le profil d’entrée aux Ecoles Normales d’instituteurs est désormais le Baccalauréat au lieu du BEPC antérieurement », certifie le ministre de l’éducation nationale. Aussi, pour le programme d’enseignement des écoles primaire, la poursuite de la reforme curriculaire, qui après avoir fait l’objet d’une évaluation en juillet 2021, dispose d’une feuille de route en vue d’une mise en œuvre efficiente.

Suivant de près la question, le Président de la République, SE Mohamed Bazoum a effectué le 16 mars dernier, une visite, à l’Ecole Normale d’Instituteurs Saadou Galadima de Niamey pour encourager les encadreurs, échanger avec les acteurs sur la mise en œuvre des réformes qu’il a voulues pour ce secteur et surtout évaluer les leçons à tirer à ce sujet. « Il est évident pour tous que si l’école au Niger a eu de grandes défaillances jusqu’à présent, c’est aussi parce que le système de formation des maîtres a été inopérant… Et si je suis venu ici ce matin, c’est pour que les citoyens du Niger comprennent l’intérêt que nous portons à la réforme des écoles normales de formation des maîtres», lançait-il, lors de cette rencontre avec les acteurs de l’éducation. Grâce à cette réforme, le Niger disposera des nombreux ingénieurs et cadres nécessaires pour son développement, explique le Chef de l’Etat. «Nous avons fait le pari qu’en améliorant le niveau et en recrutant les élèves à partir du BAC, ils seront en mesure d’assimiler les matières qui peuvent leur être dispensées dans le cadre de leur formation et seront capables de comprendre les stages auxquels ils seront soumis, par la suite, pour qu’au bout de deux (2) ans justement qu’ils soient outillés pour assurer une bonne formation des enfants, à la base», soutient le Chef de l’Etat.

Par la même occasion, il a annoncé une batterie de mesures pour accompagner les encadreurs et surtout, motiver les jeunes bacheliers nigériens à mettre leurs compétences au service de l’enseignement. L’objectif est de mettre annuellement sur le marché du travail, environ 3.000 enseignants issus de la nouvelle réforme des ENI. Mais aussi faire en sorte qu’aucun enseignant n’abandonne le métier. Cette mesure sera accompagnée du maintien des meilleurs encadreurs possibles avec à la clé, l’octroi de primes et bénéfices conséquents.

Dans la foulée, SE Mohamed Bazoum a fait savoir son intention, d’ouvrir un lycée d’excellence à Tessaoua où  il existe déjà une école normale. Aussi, assure-t-il : «nous ferons des primes spéciales et nous créerons d’autres lycées d’excellence progressivement pour rattraper le temps».

Sans être exhaustif, en ce qui concerne les actions, on peut énumérer pour cette première année du quinquennat ces chiffres du ministère de l’éducation nationale sur le recrutement direct d’enseignants des disciplines scientifiques au nombre de 344 et de 2150 autres enseignants, titulaires du master en sciences de l’éducation, en cours de finalisation ; le recours au service civique national des diplômés de l’enseignement supérieur, pour combler le déficit en enseignants du secondaire et même du primaire.

Aussi, dans son document bilan, la Cellule d’Analyse des Politiques Publiques et d’Evaluation de l’Action Gouvernementale(CAPEG) rapporte que 500 enseignants contractuels ont été récrutés et affectés dans les collèges ruraux des régions et 200 professeurs de CEG franco-arabe sont en cours de formation ; 6.381 enseignants contractuels âgés de 45 ans et plus dont 5.267 contractuels volet primaire et 1.114 enseignants du secondaire sont « auxiliarisés », recrutés comme contractuels de la Fonction Publique. On note également des campagnes d’alphabétisation et d’éducation non formelle organisées au profit de 23.100 adultes et 11.263 jeunes respectivement.

Concernant les intrants pédagogiques, 147.000 et 590.000 manuels et guides en arabe ont été acquis respectivement pour le primaire et le secondaire, à travers le projet de soutien à l’enseignement bilingue franco arabe au Niger. Dans le cadre du fonds commun sectoriel de l’éducation, 70.973 manuels de mathématiques et 70.973 de français pour le niveau 6ème sont aussi acquis, permettant ainsi de passer d’un ratio de 1 livre pour 5 élèves à 1 livre pour 2 élèves.

Les autorités en charge de l’éducation misent aussi sur l’introduction du numérique à l’école,  dans l’optique de combler le déficit en supports pédagogiques, d’améliorer les pratiques pédagogiques et de promouvoir la formation à distance, renforçant ainsi la résilience du système éducatif face à l’insécurité, aux pandémies sanitaires et aux catastrophes naturelles. A ce propos, deux plateformes sont d’ores et déjà en cours d’élaboration et pourraient être disponibles et opérationnelles, très bientôt. 

La gouvernance du système éducatif, performances, obligation des résultats

Cette démarche consiste en l’institutionnalisation des contrats de performances, du niveau central au niveau déconcentré de l’administration scolaire. « Il s’agit d’instaurer une culture d’obligation des résultats et de reddition des comptes », précise le ministre de l’éducation nationale.

Dans la même perspective les autorités en charge de l’éducation renforcent la lutte contre la corruption et la fraude aux examens. Les mesures prises visent à bannir, entre autres, la pratique courante des recrutements frauduleux dans les écoles publiques au détriment des écoles privées. Aussi, les multiples cotisations illégales auxquelles sont soumis les élèves et leurs parents, tout au long de l’année scolaire sont formellement interdites.

De actions sont également engagées pour l’’amélioration du cadre juridique de l’enseignement privé et le renforcement du dispositif d’encadrement et de contrôle pour amener cet important sous-secteur à mieux jouer sa partition au service d’une offre éducative plus élargie et de bonne qualité. A cet effet, des concertations avec les promoteurs des écoles privées ont été engagées depuis septembre 2021 et un comité technique chargé de réfléchir sur de nouveaux tarifs applicables dans les établissements privés vient de déposer son rapport au Ministère du Commerce.

De grands investissements pour accélérer la scolarisation de la jeune fille et renforcer l’accès à l’éducation

« Le faible taux de scolarité et le taux élevé des échecs scolaires ont pour effet de priver des contingents très nombreux d’enfants et de jeunes de réelle chance d’éducation », déplorait le président de la république le jour de son investiture. Bien que déjà assez préoccupante cette situation présente des disparités selon les sexes, les zones. Pour un taux global national de scolarisation de 68,30% au niveau du primaire, concernant les garçons on a 70,20% et 64,40% chez les filles. De plus, la non fréquentation ou l’abandon de l’école par les filles pour des raisons liées à la pauvreté, à leur prise en charge explique en partie les chiffres sur les mariages précoces (77% sont mariées avant 18 ans, 28% avant 15ans).

Pour prendre en charge ce problème et accélérer la scolarisation des filles, le Président de la République a conçu un programme : il porte entre autres sur la construction de 100 internats des filles à travers le pays. « D’ores et déjà, deux (2) internats pour jeunes filles sont réceptionnés à Kellé/Gouré et à Moujia/Illela et quatre autres sont en chantier à Dantchiandou dans le département de Kollo ; Zoumbou/Doutchi ;  Kornaka/Dakoro ; et Tesker », confirme le ministre de l’éducation nationale, Dr Rabiou Ousman, qui a réceptionné le 22 mars dernier les infrastructures de l’internat de Moujia dans le département d’Illéla. Il s’agit d’un joyau d’un coût d’environ 289 millions de francs CFA, dont il a salué la réalisation, car participant de la  concrétisation de l’engagement du Président de la République Mohamed Bazoum.

«L’objectif visé à travers ce programme est de promouvoir l’accès et le maintien, le plus longtemps possible, de la jeune fille à l’école, notamment celle du milieu rural, ce qui par ricochet permettra d’agir sur la transition démographique en réduisant les mariages précoces qui exposent les jeunes filles à une plus longue vie reproductive », explique Dr Rabiou Ousman. Ainsi, pour lui, les cent (100) localités prévues dans ce programme verront leurs internats construits d’ici la fin de ce quinquennat, en dépit du contexte d’insécurité qui réduit drastiquement les capacités d’investissement de l’Etat.

Pour améliorer les conditions d’apprentissage et d’enseignement le gouvernement s’attelle au remplacement progressif des salles de classes en paillottes par des salles en matériaux définitifs. A ce propos, conformément à l’engagement du Chef de l’Etat, un modèle alternatif de construction, moins couteux, répondant aux normes de qualité et facilement reproductible est validé en concertation avec les partenaires techniques et financiers.

En attendant, plus de 1500 salles de classes sont construites au cours de cette année et des promesses fermes de certains partenaires crédibles sont en voie de se concrétiser pour accélérer ce processus.

Dans la même lancée en marge de sa visite de travail dans la région de Tahoua le ministre de l’éducation nationale, Dr Rabiou Ousmane a procédé le 21 mars dernier au lancement national de la fabrication des plusieurs milliers de tables bancs au profit des écoles du primaire et du secondaire du Niger. Il s’agit de mettre à la disposition des 8 régions du Niger 18700 tables-bancs selon la clé de répartition suivante : Agadez, 635 tables ; Diffa, 660 ; Dosso, 2200 ; Maradi, 4075 ; Niamey, 1485 ; Tahoua, 3280 ; Tillabery, 2650 et Zinder, 3715. Cette initiative vise à réduire le nombre d’élèves assis à même le sol, réduire le ratio élèves tables bancs, favoriser des bonnes conditions d’apprentissage et motiver les élèves, améliorer l’accès et le maintien des élèves à l’école.

Quid des élèves des écoles fermées à cause de l’insécurité ?

La situation d’insécurité avec des attaques terroristes obligeant les populations à fuir, a des conséquences sur la scolarisation des enfants. Plusieurs localités sont concernées dans les régions de Diffa, Maradi,  Tahoua et Tillaberi. Selon les données officielles dans la région de Tillaberi où le phénomène est beaucoup plus crucial, on enregistre, en plus d’importants dégâts matériels et pertes en vies humaines, la fermeture d’environ 681 écoles, soit plus du quart des établissements scolaires.

De facto, ce sont au total 56 675 élèves qui sont contraints de quitter les écoles. « L’éducation étant un droit fondamental consacré par la constitution de notre pays, mon département ministériel, en relation avec les partenaires techniques et financiers, a élaboré une stratégie de prise en charge de la scolarisation des enfants affectés par l’insécurité dans la région de Tillaberi », fait savoir le ministre de l’éducation nationale. Le plan d’actions de cette stratégie a prévu l’ouverture de 29 centres de regroupement pour accueillir environ 26 492 élèves enregistrés à travers les départements d’Ayorou, de Gothèye, de Ouallam, de Téra et de Torodi, précise-t-il.

La cérémonie officielle de lancement de ce programme, intervenue le 21 février dernier à Ouallam, a consacré le retour à l’école de ces milliers d’enfants privés de leur droit à l’éducation. Les élèves logent dans des familles d’accueil où ils prennent leurs repas du soir. Le petit déjeuner et le déjeuner sont servis en groupe au niveau des centres de regroupement. Aussi, pour soulager les charges des familles d’accueil, un appui en rations sèches leur est apporté au prorata du nombre d’enfants accueillis. « Notre souhait le plus cher à cet effet est que les communautés bénéficiaires et les partenaires techniques et financiers s’investissent davantage aux côtés de l’Etat pour que cette expérience soit une réussite au bonheur de nos enfants »,  plaide Dr Rabiou Ousman.

En vue d’une plus grande efficacité des actions que mène le gouvernement pour le secteur, le ministre de l’éducation, tient à renforcer le dialogue social avec les  partenaires sociaux. « L’appel que je voudrais lancer à l’endroit du corps enseignant et de l’encadrement pédagogique est qu’ils doivent comprendre que l’avenir du Niger est sans doute entre leurs mains. C’est une lourde responsabilité qui pèse sur leurs épaules, car la nation qui leur a confié l’éducation de ses enfants a elle-même une dette morale vis-à-vis d’eux. Ils n’ont pas le droit de trahir cette confiance placée en eux. C’est du reste, une chance inouïe pour le secteur de l’éducation d’avoir à la tête du Niger, SEM Bazoum Mohamed comme Président de la République, Chef de l’Etat et SEM Ouhoumoudou Mahamadou, comme Premier Ministre, Chef du Gouvernement, dont la volonté politique, la conviction et l’engagement en faveur de l’éducation ne souffrent d’aucune ambigüité. Alors, saisissez cette opportunité, pour accompagner le Gouvernement à sortir notre école des sentiers battus », implore-t-il ainsi les acteurs de l’école. Aussi, rappelle-t-il, la disponibilité du gouvernement au dialogue comme l’illustre les accords signés, dernièrement avec deux grands regroupements de syndicats d’enseignants à savoir Dynamique et le Cadre de Concertation des Syndicats de l’Education (CCSE). Et le Ministère de l’Education Nationale a pris dans ce sens un arrêté créant un cadre de concertation avec les partenaires sociaux de l’école. « C’est dire que les conditions acceptables sont créées pour un climat social apaisé en vue de bâtir ensemble l’école de demain », estime Dr Rabiou Ousman.  

Par Souley Moutari(onep)