Gaspillage lors des mariages à Niamey : Les oulémas tirent la sonnette d’alarme

Société
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Les cérémonies des mariages coûtent excessivement cher à Niamey. Certains mariages sont célébrés à coût de millions. Malgré la pauvreté ambiante, le gaspillage est érigé en règle, lors de ces cérémonies de mariage. Des dépenses ostentatoires sont faites aussi bien du coté du jeune marié que de la future épouse.

Pourtant d’après nos us et coutumes, le mariage est une union conjugale contractuelle, à durée illimitée ou indéterminée, reconnue et encadrée par une institution juridique ou religieuse qui en détermine les modalités. Le mariage religieux est une union entre deux personnes au sein d’une communauté. De nos jours, force est de constater que l’organisation des mariages est devenue une épreuve de démonstration de richesses dans notre société.

Le phénomène s’est installé dans la société au point où les cérémonies de mariage et de baptême sont devenues de véritables baromètres pour jauger la santé financière des ménages en particulier à Niamey. Ce qui pousse de nombreux foyers à se saigner allant jusqu’à dépenser toutes leurs économies pour un jour de

festivité. Malgré la cherté de vie, certains n’hésitent pas à initier souvent jusqu’à 5 uniformes du côté de la jeune mariée pour une seule journée. La veille du mariage, les filles organisent une fête accompagnée de l’uniforme appelé ‘’patin kawyawa’’ qui veut dire style des villageoises. Le jour du mariage et le lendemain ont aussi leurs uniformes. A cela, il faut ajouter le cocktail et autres frais de “make up” qui peuvent coûter jusqu’à 25.000 F CFA.

Ces pratiques de gaspillage constituent un véritable danger pour la société. Selon Malam Oumar, marabout de son état, le gaspillage peut être un fléau qui peut conduire certains couples en conflit après le mariage. «L’essentiel dans un mariage c’est la dot qui ne doit pas dépasser 50.000 FCFA. Le gaspillage n’a pas de place en Islam. C’est ainsi qu’Allah le très haut a dénigré très sévèrement les gaspilleurs en disant ceci “et ne gaspillez pas indument, car les gaspilleurs sont des frères du diable, et le diable est très ingrat’’, rappelle cet ouléma.

Les doyens sont aussi de cet avis. M. Dambo, âgé de 50 ans soutient que «l’une de raisons de notre sous-développement réside dans le fait que les gens dépensent plus de l’argent lors des cérémonies. «Certains qui ne craignent pas Dieu, n’hésitent pas à faire des dépenses exagérées même à l’occasion des situations de tristesse. Comme par exemple lors des funérailles», déplore-t-il. Le vieux Dambo a tenu à attirer l’attention des uns et des autres à abandonner cette pratique. «Nous n’avons pas connu cela à notre époque et les mariages durent plus longtemps contrairement aux mariages d’aujourd’hui où après quelques mois, c’est les disputes et la mésentante qui débouchent inéluctablement au divorce. Les gens se marient sans la bénédiction des

parents, chacun veut se montrer», ajoute ce quinquagénaire.

Même les plus jeunes commencent à prendre conscience du péril que fait peser cette 

situation. Hamadou I., un jeune marié en sait quelque chose. «Lors de mon mariage j’ai dépensé plus de 2 millions pour la cérémonie sans compter les autres petites dépenses de ma femme. J’ai même pris un prêt bancaire que je n’arrive pas à payer. Cela fait maintenant un an de cela, on est tout le temps dans des problèmes avec ma femme. Je regrette vraiment, si je savais, j’allais économiser un peu d’argent pour vivre heureux avec ma femme, une fois après le mariage», nous a-t-il confié.

En dépit de la simplicité et de la modestie que recommande l’Islam, la population nigérienne pourtant croyante continue dans des dépenses ostentatoires. Il est temps pour qu’il y ait une prise de conscience pour célébrer nos mariages dans le respect des prescriptions islamiques. Les jeunes mariés (e), les parents, les autorités doivent prendre au sérieux cette situation qui prend une tendance à la dépravation des mœurs nigériennes à travers notamment l’introduction des pratiques qui viennent d’ailleurs.

Nafissa Yahaya(Onep)