Editorial : Sereins et unis face à l’ennemi commun

Edito
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Le dernier développement de la situation sécuritaire dans
notre pays, dominé par les attaques répétées, notamment dans la région de
Tillabéri, continue encore de dominer la chronique. Si dans les cas des
attaques de la prison de haute sécurité de Koutoukalé et de Dolbel, les Forces
de défense et de sécurité ont très vite anéanti les ambitions déviatrices des
assaillants allant jusqu’à les mettre en déroute, à Baley Béri (zone de
Mangaizé) la confrontation a malheureusement tourné à la tragédie. En effet, nos
braves soldats, qui étaient prêts à en découdre d’homme à homme avec les
assaillants, tombèrent dans une embuscade lâchement tendue par ceux-là qu’ils
pourchassaient. Le bilan est lourd : 28 morts et plusieurs blessés dans les
rangs de notre armée.

La nouvelle a eu l’effet d’une bombe pour l’opinion publique
nationale et internationale. Un deuil national de trois jours a été aussitôt
décrété par les autorités. Partout au Niger, l’on a ressenti l’amertume d’une
telle tragédie. Pas un seul Nigérien imbibé, ne serait-ce que d’un petit brin
de patriotisme, qui n’ait ressenti au fond de son cœur la douleur de cette
tragédie.

Malheureusement, sans doute tenaillés par l’amertume
certains compatriotes se sont laissés aller à des tergiversations inutiles et
sans fondement, le tout sur fond d’indexations et autres accusations gratuites.
Les boucs émissaires sont naturellement tout désignés. Quand les uns indexent
les plus hautes autorités, les autres s’en prennent ouvertement à la hiérarchie
militaire. 

Il ne faut surtout pas perdre de vue que la nature de cette
guerre asymétrique est en elle-même source de difficultés. Dans cette guerre,
nos braves soldats sont appelés à affronter des ennemis insaisissables,
volatiles et sans aucune autre identité que cette soif inextinguible de faire
couler le sang. En un mot, des barbares qui ne respectent aucune règle ni
principe d’une guerre conventionnelle.

Toujours est-il que, même devant une si grave tragédie, nous
ne devons pas nous laisser prendre si facilement au sinistre jeu des
terroristes qui  consiste justement à
semer entre nous la discorde et la peur de l’autre. C’est en cela qu’on peut
dire que certains messages qui circulent sur les réseaux sociaux doivent être
bannis, en ce sens qu’ils apportent de l’eau au moulin des terroristes, qui
restent et demeurent nos seuls et uniques ennemis.

Aussi, devons-nous nous ressaisir pour envisager l’avenir
avec plus de sérénité et de confiance. Car, comme le disait, jeudi dernier, le
Président Issoufou, lors de sa visite au chevet des soldats blessés, au bout de
l’effort, nous attend la victoire. «Ma conviction est que, tôt ou tard, les
forces du mal seront vaincues, elles l’ont déjà été en Syrie, elles l’ont été
en Irak, elles le seront aussi dans le bassin du Lac Tchad et dans le Sahel ».

Par ces mots, le Chef de l’Etat a voulu réaffirmer vivement
sa détermination et sa volonté inébranlables d’assurer, avec l’ensemble des
Forces de Défense et de Sécurité, la mission souveraine de protection des
Nigériens et de leurs biens.

Alors, trêve de supputations, dressons-nous en un peuple
soudé comme un seul homme pour accompagner, de nos prières, nos valeureuses FDS
dans l’accomplissement de leur louable mais difficile mission de défense et de
sécurisation de notre territoire.

Par Zakari Alzouma Coulibay

20/05/19