12eme Sommet Extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine : «La ZLECAf vient fort opportunément donner à l’Afrique la clé de voûte pour son développement», déclare le Président en exercice de l’UA, SE Abdel Fattah al-Sissi

Politique
Spread the love

Sharing is caring!

La Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf) qui est un vieux projet initié par les pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) se concrétise à Niamey à l’occasion du 12ème Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine qui s’est tenu hier, dimanche 7 juillet 2019. C’est le Président de la République Arabe d’Egypte S.E Abdel Fattah al-Sissi, Président en exercice de l’Union Africaine qui a officiellement lancé la phase opérationnelle de la ZLECAf devant une trentaine de ses pairs africains dont le Président de la République, Chef de l’Etat S.E Issoufou Mahamadou, Champion de la ZLECAf ; du Président de la Commission de l’Union Africaine M. Moussa Faki Mahamat ; de la Vice secrétaire générale des Nations Unies ; des représentants du directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et de la Banque Africaine d’Import Export (Afreximbank) ainsi que plusieurs invités.

 

Le Niger vient une fois plus marquer l’histoire de tout un Continent avec le lancement à Niamey de la phase opérationnelle de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine. Le dossier qui a été confié au Président Issoufou Mahamadou a connu une diligence extraordinaire dans la mesure où à l’heure actuelle, 54 pays sur 55 ont apposé leurs signatures sur les documents de l’accord. Le nombre de ratifications passe de 23 précédemment à 27 pays aujourd’hui. En effet, avant le lancement officiel de la phase opérationnelle de la ZLECAF, les Présidents du Nigeria et du Benin  ont signé l’accord, tandis que le Gabon et de la Guinée Equatoriale, ont déposé leurs instruments de ratification. Avec l’adhésion de 54 pays sur 55 pays membres de l’Union Africaine, on peut dire sans risque de se tromper que l’Afrique est en train de prendre son destin en main.

Plusieurs discours ont marqué l’ouverture officielle de cette rencontre continentale dont celui du Président en exercice de l’Union Africaine S.E Abdel Fattah al-Sissi, Président de la République Arabe d’Egypte ; du Président de la République, Chef de l’Etat S.E Issoufou Mahamadou, Champion de la ZLECAF ; du discours du président de la Commission de l’Union Africaine etc. En ouvrant les travaux de cette rencontre, le Président en exercice de l’Union Africaine S.E Abdel Fattah al-Sissi a précisé que ce Sommet extraordinaire vient couronner les efforts que l’organisation continentale déploie ces dernières années. « Pour arriver à ce jour historique, nous avons parcouru un long chemin souvent émaillé d’incompréhensions. L’entrée en vigueur de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine est une étape extrêmement importante pour l’intégration économique des pays de l’Union Africaine » a déclaré le président en exercice de l’UA.

« La ZLECAF vient fort opportunément donner à l’Afrique la clé de voûte pour son développement par ce qu’elle elle va consacrer un marché commun à 1,2 milliards de consommateurs. Le produit intérieur brut de l’espace ZLECAF est estimé 3,4 milliards de dollars. A travers cet instrument stratégique qu’est la ZLECAF, nous allons améliorer le commerce intra-africain qui n’est que de 15%. Bref, la Zlecaf permettra de créer une zone commerciale où les entreprises africaines et les industries pourront réaliser des économies d’échelle en augmentant de façon substantielle les échanges intra-africains », a souligné S.E Abdel Fattah al-Sissi. Pour le Président en exercice de l’Union Africaine, il est d’une impérieuse nécessité pour les pays africains de se parler à travers les échanges commerciaux afin de promouvoir leur développement qui repose sans nul doute sur le secteur privé, moteur incontournable de la croissance économique.

La mise en ouvre de l’accord portant ZLECAF doit urgemment s’attaquer à une panoplie de défis dont entre autres : la levée des obstacles tarifaires et non tarifaires ; la libre circulation des personnes et de leurs biens qui est d’ailleurs une condition sine quo non pour la ZLECAF et par conséquent à la liberté du commerce ; le développement des infrastructures routières  et ferroviaires pour l’interconnexion des pays et des régions ; l’énergie ; les télécommunications et le développement infrastructures aéroportuaires modernes pour faciliter l’accès aux marchés etc. Pour surmonter cette montagne de défis, le Président en exercice de l’Union Africaine a indiqué que l’Afrique doit s’appuyer sur sa jeunesse, un potentiel énorme pour accélérer la transformation du Continent. « Nous devrons au sortir de cette réunion formuler des recommandations fortes allant dans le sens de promouvoir les échanges commerciaux intra-africains et consolider, par effet d’entrainement, les acquis de notre organisation commune. J’en appelle à l’ensemble des Chefs d’Etat à signer et à ratifier l’accord de la ZLECAF. Je veillerai à ce que nous sortirons de cette rencontre avec des résultats tangibles », a assuré le Président de la République Arabe d’Egypte, S.E Abdel Fattah al-Sissi, Président en exercice de l’Union Africaine.

Pour le président de la Commission de l’Union Africaine M. Moussa Faki Mahamat, le lancement de la phase opérationnelle de la ZLECAF constitue la réalisation d’un vieux rêve. Ce projet portant zone de Libre Echange Continentale est envisagé depuis le sommet inaugural de l’Organisation de l’Unité Africaine en Mai 1963. La ZLECAF est donc l’un des projets les plus emblématiques de l’agenda africain. En effet, avec son entrée en vigueur depuis le 30 Mai 2019, la Zlecaf devient le plus grand espace au monde. Ainsi, grâce au travail remarquable des ministres et experts des pays africains, la Zone de Libre Echange Continentale Africaine sera dès son lancement soutenue par des règles d’origines bien définies ; des listes de concessions tarifaires par le commerce de biens ; d’un mécanisme en ligne de surveillance et d’élimination des barrières non tarifaires continentaux ; d’une plateforme panafricaine de paiement numérique ; d’une application web et mobile pour les entreprises ainsi qu’un portail de l’observatoire africain du commerce.

C’est dire que le rapport soumis à l’appréciation des Chefs d’Etat comporte plusieurs instruments juridiques accompagnant l’accord lui-même dont trois protocoles de mécanisme et des modalités de sa mise en œuvre qui, sans nul doute vont permettre aux pays africains de surmonter tous les obstacles au commerce. Il est évident que l’opérationnalisation de la ZLECAF est de nature à favoriser l’entreprenariat ; l’emploi de la jeunesse et l’émancipation des femmes. Cette jeunesse africaine a dit Moussa Faki Mahamat est en proie à toutes les tentations telles que l’exode rural ; la migration ; le trafic et la criminalité transfrontalière. Par ailleurs, Il serait illusoire de parler de commerce ou de développement sans la paix et la sécurité. « Aujourd’hui, le commerce est fortement perturbé au Niger ; au Tchad et au Cameroun parce qu’ils vivent au quotidien l’empêchement d’accéder à certains marchés du Nigeria à cause de Boko Haram » a souligné le président de la Commission de l’UA précisant que le commerce du bétail est pratiquement arrêté en raison des exactions de cette bande terroriste.

La Vice secrétaire générale des Nations Unies Mme Amina Mohamed ; les représentants du directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce et de la Banque Africaine d’Import Export (Afreximbank) ont assuré les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine de l’entière disponibilité de leur institution à accompagner la ZLECAF à travers le financement nécessaire pour consolider les acquis de l’organisation continentale. Dans cette optique, le représentant d’Afreximbank a annoncé qu’il est prévu des subventions pour les pays qui subissent des pertes en raison de l’application de la ZLECAF.

Dans son discours à cette occasion, le Président Issoufou Mahamadou, hôte du sommet, a souligné tous les avantages et les perspectives qu’offre la mise en œuvre de la ZLECAf pour les populations du continent.

 

 Hassane Daouda (onep)