Editorial : Enjeux et perspectives du Sommet de Niamey

Edito
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Le Sommet Extraordinaire de l’Union Africaine (UA) a tenu ses travaux au Palais des Congrès de Niamey, ce dimanche 07 juillet 2019, sous la présidence du Président Abdel Fattah Al Sisi de la République Arabe d’Egypte, Président en exercice de l’Union Africaine.

En principe, la réforme de l’Union Africaine intervenue récemment a décidé de supprimer le traditionnel sommet de l’Union de milieu d’année. Conséquence de cette réforme, le Niger, qui devait être le premier Etat à subir cette réforme, a pu néanmoins trouver le moyen d’inviter l’ensemble des Chefs d’Etat du continent à Niamey en juillet 2019. Baptisé « Sommet de coordination », le Rendez-vous de Niamey a tout de même réuni les Chefs d’Etat des cinq membres du Bureau de l’UA (l’Egypte, l’Afrique du Sud, la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Niger).

La rencontre de Niamey a également réuni les Chefs d’Etat à la tête des Communautés Economiques régionales, ainsi que le Président du NEPAD. Mais, l’UA a voulu voir aussi les choses en grand, en décidant de convoquer, en plus, un Sommet Extraordinaire de l’UA à l’occasion du premier anniversaire de la signature du traité historique instituant la Zone de Libre-échange Continentale Africaine (ZLECAf). Ainsi donc, l’ensemble des Chefs d’Etat du continent ont été conviés à ce sommet extraordinaire, qui devait se tenir la veille du sommet de coordination.

Comme on le voit, les enjeux de ce sommet de Niamey sont éminents, voire…  importantissimes ! Surtout avec la ratification de ce traité de libre-échange, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre sur le continent africain. A l’heure où se construisent et se solidifient les grands ensembles économiques et douaniers un peu partout dans le monde, le continent africain ne pouvait pas rester en marge de cette dynamique planétaire. En même temps, l’Afrique est consciente des défis qui se présentent à elle et de l’impératif de donner un nouvel élan à son développement économique en posant les jalons de la Renaissance africaine.

Il s’agit donc de libérer les immenses potentialités et mobiliser les énergies pour faire de l’Afrique, dans les décennies à venir, un pôle d’émergence mondial. Car une fois mise en œuvre, la ZLECAf, qui vise essentiellement l’élimination progressive des barrières tarifaires au commerce intra-africain ouvrira les portes à un gigantesque marché continental unique et intégré de plus d’un milliard de personnes et un produit intérieur brut supérieur à 2.500 milliards de dollars américains !

C’est, voyez-vous, en cela que le Sommet de Niamey est HIS-TO-RI-QUE ! Historique en ce sens qu’il marque le réveil définitif de l’Afrique qui avance. Il faut dire que le Président Issoufou Mahamadou est un des chantres vivants du panafricanisme dans la grande lignée de ses prédécesseurs et inspirateurs tels que K. N’Krumah du Ghana, Modibo Keita du Mali, Sékou Touré de la Guinée, Diori Hamani du Niger et bien d’autres. Artisan également de la monnaie unique de la Communauté Economique des Etats Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dont la mise en circulation est prévue courant 2020, le Président Issoufou est un visionnaire né conscient des grands enjeux contemporains mondiaux ainsi que des solutions appropriées à y apporter. Pendant que certains dirigeants s’efforcent de dresser des murs entre les peuples, le Président Issoufou, lui, propose d’ériger des ponts entre les nations en vue de créer une humanité solidaire et prospère.

 

Zakari Alzouma Coulibally