Réunion de coordination entre l’Union Africaine et les communautés économiques régionales : Le processus de l’intégration africaine amorcé

Economie
Spread the love

Sharing is caring!

Le Président de la République Issoufou Mahamadou et le Président égyptien Abdel Fattah Al Sisi, président en exercice de l’Union Africaine ont co-présidé, hier dans le somptueux Palais des congrès de Niamey, la première réunion de coordination entre l’Union Africaine et les communautés économiques régionales. Cette rencontre de haut niveau, se tenant après la conférence au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA ayant consacré le lancement de la ZLECAf, a enregistré la présence effective d’une douzaine de chefs d’Etats africains ainsi que celle de la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies, de la Secrétaire générale de la commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et de l’ensemble des responsables des huit (8) communautés économiques régionales et des institutions économiques.

 

Première du genre organisée dans l’histoire de l’UA, cette réunion consacre le démarrage du processus de concertation entre l’institution continentale et les cinq communautés économiques régionales élargi à certaines institutions telles la BAD avec pour objectif de donner une impulsion et une dynamique nouvelles pour accélérer le processus de l’intégration africaine et la réalisation de l’agenda 2063 de l’UA. Après le vibrant discours emprunt d’engagement du Président Issoufou Mahamadou , le Président en exercice de l’Union Africaine SE Abdel Fattah Al Sissi a procédé à l’ouverture des travaux.

Dans son adresse, le président en exercice de l’UA a souligné les grandes avancées enregistrées dans le processus d’intégration économique et politique africaine tout en soulignant qu’il reste encore des défis à relever et des obstacles à surmonter. Pour relever les défis et en tenant compte du monde en mutation, le président de l’Union Africaine a réitéré l’importance des communautés économiques régionales comme piliers indispensables pour aboutir à l’intégration du continent. Pour lui, il est du devoir des Africains d’apprécier le rôle de ces communautés dans le cadre de l’accompagnement et de l’accomplissement de l’intégration. Il a estimé que la réunion de coordination est une occasion idoine  pour consolider l’harmonie et la cohérence des positions des communautés régionales, promouvoir la collaboration existant entre les communautés économiques régionales et l’Union Africaine.

En outre, il est temps, a dit le président Al Sissi de «mettre en place un cadre global et un plan d’action pour donner un coup de fouet à l’intégration et les aspirations des populations africaines en tenant compte des principes énoncés dans l’agenda 2063 et des objectifs stratégiques adoptés par le sommet de l’Union Africaine». Sa conviction est qu’il faut délimiter la division du travail entre les CER et l’UA pour « garantir la complémentarité et optimiser les avantages en tenant compte des avantages comparatifs pour éviter le chevauchement et le gaspillage des ressources » tout comme il est important de doter le continent  d’une vision stratégique et politique dans le cadre de la division du travail.

Pour ce faire les Etats doivent s’approprier le processus et affirmer la volonté politique à mettre en œuvre les conclusions du travail de la Réunion de concertation par l’entremise des CER a indiqué Al Sissi. Le président en exercice de l’Union Africaine a déclaré que doit améliorer l’efficacité des secrétariats de l’Union Africaine et des CER pour que chacun de ces organes s’acquittent de ses responsabilités de pair avec la  réforme administrative et financière en cours au sein de la commission de l’UA et inclure la réforme aux organes de l’UA et des CER. Le Président en exercice de l’Union Africaine évoqué la question du développement des infrastructures de transports et des ressources énergétiques et la consolidation de la paix et de la sécurité en Afrique pour assurer l’intégration. SE. Abdel Fattah Al Sisi s’est réjoui de la perspective d’avoir des conclusions à même de stimuler l’intégration africaine. Lire ci-dessous l’intégralité du Discours du chef de l’Etat

Zabeirou Moussa(onep)

 

 

«La volonté d’unité et d’intégration a toujours été l’un des objectifs majeurs des pères fondateurs de notre organisation», déclare SEM. Issoufou Mahamadou

 

«Monsieur le Président Abdel Fattah Al Sissi, Président de la République Arabe d’Egypte et Président en Exercice de l’Union Africaine,

Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Commissions Economiques Régionales

Madame Secrétaire

Général Adjointe des

Nations Unies,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Distingués  Hôtes, amis et partenaires du Niger et de l’Afrique,

Mesdames et Messieurs,

Le Niger est heureux d’accueillir la toute première réunion de coordination entre l’Union Africaine et les Communautés Economiques Régionales. Le Niger est d’autant plus honoré que cette réunion se tient au lendemain de la tenue ici même à Niamey, de la 14ème session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de

Gouvernement l’Union Africaine, dédiée au lancement de la phase opérationnelle de la zone de libre-échange continentale Africaine (ZLECAf). Les lampions de cet évènement  couronné de succès sont à peine éteints, que l’Afrique se retrouve une fois de plus réunie pour un autre sommet tout aussi extraordinaire car il marque le démarrage d’un processus désormais institué, de concertation et de coordination entre la commission de l’Union Africaine et les Commissions régionales.

Au nom du peuple Nigérien je souhaite, à tous, la chaleureuse bienvenue, ici, à Niamey.

Je voudrais remercier et féliciter le Président Paul Kagamé, champion du programme de réformes de notre institution commune, réformes au titre desquelles il convient de noter la réforme du financement de notre organisation, la restructuration de l’organigramme de la commission et la présente initiative d’institution des réunions de coordination entre la commission de l’union Africaine et les Commissions Régionales et la suppression du deuxième sommet ordinaire.

Permettez-moi aussi de remercier les membres du bureau de notre conférence, les présidents des communautés économiques régionales et les dirigeants des différentes commissions pour leur dévouement à la cause de l’intégration de notre continent.

Je voudrais aussi remercier les Présidents de la Banque Africaine de Développement et d’Eximbank Afrique pour leurs efforts inlassables dans l’accompagnement de nos projets d’intégration du continent.

Mesdames et Messieurs,

Notre réunion revêt un caractère tout particulier, car elle se doit de pouvoir poser les jalons d’une synergie créatrice, à même de  faciliter les divers processus et initiatives que nous avons engagées, afin de promouvoir le développement économique et social de nos pays et de transformer qualitativement notre continent.

Dans le cadre de notre planification stratégique à l’horizon 2063, marquant le centenaire de la création de notre organisation commune, nous avons fixé des objectifs ambitieux mais conformes aux aspirations de nos populations à la prospérité. Nous avions élaboré un programme (l’agenda 2063) et son plan d’action à dérouler en cinq plans décennaux pour atteindre notre vision de l’Afrique que nous voulons pour 2063 : « Une Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens, et représentant une force dynamique sur la scène internationale ».

 

En fait cet agenda  n’est qu’une mise à l’échelle continentale des programmes que nous mettons en œuvre au niveau national et au niveau régional. Il est donc extrêmement important que les activités menées par les différentes commissions régionales et celles menées par notre commission fassent l’objet de coordination non seulement pour éviter les duplications et appliquer le principe de subsidiarité, mais aussi pour partager les expériences et les résultats et s’assurer que nous avançons ensemble, au même rythme et dans la même direction et qu’aucune zone de notre continent n’est laissée sur le chemin.

Le premier plan décennal 2013-2023 de l’agenda 2063 est à mi-parcours de son exécution. Si une avancée exceptionnelle a été enregistrée sur le projet de zone de libre-échange continentale, les 11 autres projets phares de ce plan décennal n’ont pas fait de progrès significatif dans leur mise en œuvre. Ils ont besoin de beaucoup d’efforts supplémentaires, d’une plus grande attention des dirigeants que nous sommes et d’un suivi plus rapproché, toutes choses qui ne peuvent se faire que dans un cadre de coordination du genre de celui que nous mettons en place aujourd’hui. Je voudrais rappeler qu’en plus de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine, ce premier plan décennal a prévu 11 autres projets phares :

– Le projet de réseau intégré de trains à grande vitesse ;

– Le projet de l’université virtuelle panafricaine ;

– La Stratégie africaine des matières premières ;

– Le Forum africain annuel;

– Le projet d’espace aérien unique en Afrique;

– Le projet de passeport africain et de libre circulation des personnes;

– Le projet des institutions financières continentales;

– Le projet du barrage du Grand Inga;

– Le projet du réseau virtuel panafricain

– Le projet de faire taire les armes d’ici à 2020;

– Le projet relatif à l’espace.

 

Mesdames et Messieurs,

La volonté d’unité et d’intégration a toujours été l’un des objectifs majeurs des pères fondateurs de notre organisation. Cette préoccupation a régulièrement été réaffirmée par les dirigeants africains et, si bien articulée dans des documents fondateurs comme le Traité d’Abuja et le Plan d’Action de Lagos, qui sont de véritables plateformes  dédiées au développement économique et à l’intégration du continent.

Du reste le Traité d’Abuja fait une place de choix aux  Communautés Economiques Régionales et les considère comme étant les  instruments privilégiés d’intégration et de développement du continent.

Je suis heureux de constater que nous sommes justement sur la bonne direction à travers notre décision d’instituer les réunions semestrielles de coordination réaffirmant ainsi le rôle des communautés économiques régionales dans l’avancement global du processus d’intégration du continent.

Les Communautés économiques régionales occupent une place centrale dans l’intégration et le développement de l’Afrique. Elles constituent les piliers sur lesquels le continent doit pouvoir construire l’Afrique que nous voulons, de l’Agenda 2063. Elles sont censées être des plateformes d’harmonisation des politiques entre les états membres, au niveau régional et continental. Certaines ont fait des avancées significatives sur certains projets intégrateurs tels que la libre circulation, le tarif extérieur commun, la monnaie commune.  C’est le cas de la CEDEAO avec la suppression des visas, le tarif extérieur commun et la monnaie commune à l’horizon 2020 et des autres communautés dans certains domaines.

Ces communautés économiques régionales ont certainement  besoin d’être revitalisées et faire l’objet d’un repositionnement conséquent, afin qu’elles puissent remplir leur vocation de moteur de la transformation structurelle des économies africaines, comme le suggère le Rapport Kagame. Il convient de relever que les niveaux d’intégration disparates dans lesquels se trouvent ces communautés économiques régionales ont fait l’objet de préoccupations à diverses occasions.

 

Notre réunion d’aujourd’hui nous en donne une excellente occasion pour échanger, en tant que Chefs d’Etat et de Gouvernement, avec les dirigeants des Communautés Economiques régionales, pour appréhender toutes les voies qui s’offrent à nous, afin d’améliorer l’efficacité du processus d’intégration africaine. Il s’agit d’examiner l’architecture institutionnelle que nous avons mise en place, en analysant le travail de fond qui a été mené jusqu’ici, et de faire des recommandations qui devraient permettre une vraie synergie, qui va accélérer le processus d’intégration africaine.

Il revient aux dirigeants des Communautés Economiques Régionales ici présents de nous édifier davantage sur la voie à suivre pour rattraper les retards enregistrés et accélérer l’intégration, à la lumière des évolutions que je sais positives au niveau de la volonté politique des pays africains.

Je voudrais enfin, tout en renouvelant l’appréciation et le grand intérêt du Niger pour cette première réunion de coordination UA-CERs, réaffirmer toute la foi et l’engagement de mon pays dans le processus d’intégration régionale et de prospérité de l’Afrique.

Je vous remercie de votre attention ».

 

 

 

Onep