Réunion de haut niveau des Premières Dames sur la réduction du fardeau des Maladies Tropicales Négligées (MTN) en Afrique Sub Saharienne : «Investir dans la santé, c’est investir dans le développement» déclare le Chef de l’Etat

Société
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En marge du sommet des Chefs d’Etat et du Gouvernement de l’UA, les Premières dames de l’Afrique sub Saharienne se sont réunies le 7 juillet pour accompagner les efforts nationaux en vue d’accélérer l’élimination des Maladies Tropicales Négligées (MTN). Le Président de la République, Chef de l’Etat, SE Issoufou Mahamadou pour qui l’élimination des MTN constitue une de ses priorités, a fait l’immense honneur aux Premières Dames en assistant à l’ouverture des travaux. Cette rencontre qui s’est tenue à l’Hôtel Radisson Blu a vu la participation de plusieurs Premières Dames, des experts et des partenaires techniques et financiers intervenant dans le domaine. L’objectif de la rencontre est de forger un partenariat entre les différents acteurs impliqués dans la lutte et de passer à l’action en unissant les efforts pour lutter contre ce fléau.

 

Le profil sanitaire des pays d’Afrique Subsaharienne, est caractérisé par plusieurs types d’affections parmi lesquelles les maladies transmissibles constituent la cause majeure de mortalité, de morbidité et de handicaps dans tous les groupes d’âge. Les Maladies Tropicales Négligées (MTN) font partie des maladies transmissibles qui constituent des problèmes de santé publique dans nos pays. Parmi les 20 maladies tropicales négligées répertoriées aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la santé, 13 sont censées faire l’objet d’actions spécifiques dans nos pays. Selon SE Issoufou Mahamadou « d’énormes progrès ont été réalisés dans le cadre de la lutte grâce au soutien des différents partenaires techniques et financiers. Mais des efforts restent cependant à faire dans le cadre de l’atteinte de la couverture universelle de la santé».

 

Le Président de la République, Chef de l’Etat SE Issoufou Mahamadou a réitéré son soutien aux Premières Dames. La santé, a-t-il dit, est prioritaire. « Investir dans la santé c’est investir dans le développement », a-t-il précisé avant de rappeler que la santé fait partie des huit axes qui composent le programme de la Renaissance. «Nous investissons 10% des ressources budgétaires dans la santé afin de réaliser un objectif de couverture considérable » a déclaré le Chef de l’Etat. Pour lui, améliorer la santé des populations est important pour le développement d’un pays. C’est pourquoi cela il apporte tout son soutien et adhère à toutes les propositions et les conclusions issues de cette rencontre.

Grâce aux efforts mutuels des Premières Dames, les MTN ne seront plus considérées comme négligées

« C’est avec un grand plaisir que nous vous accueillons au Niger, pour qu’ensemble nous établissions un partenariat solide et durable et que nous mettions un terme aux souffrances causées par les maladies tropicales négligées sur l’ensemble du  continent africain » a dit la Première Dame Aïsata Issoufou à ses sœurs. Aujourd’hui encore, a-t-elle confié, les MTN menacent la vie de plus de 1,5 milliards de personnes à travers lemonde. L’Afrique supporte à elle seule près de 40% du fardeau mondial des MTN. Ces maladies méritent leur nom car, elles ont reçu très peu d’attention dans le passé. C’est pour cette raison que les Premières Dames ont tenu à être présentes aujourd’hui car au sein de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le Développement comme dans d’autres cadres, leur implication peut avoir un impact considérable sur la santé et le bien-être des populations de façon générale et sur l’élimination des Maladies Tropicales Négligées en particulier. A l’échelle internationale, des actions concrètes ont été menées pour éliminer ces MTN. D’importants progrès ont été faits grâce aux efforts coordonnés des organisations philanthropiques, des gouvernements et des entreprises privées.

En ce qui concerne l’Afrique subsaharienne, le Togo a éliminé la filariose lymphatique en 2017 en tant que problème de santé publique et, en 2018 le Ghana en a fait de même avec le trachome. A travers le continent, les personnels de santé, partenaires et agents de santé communautaires continuent de se rassembler pour aider et protéger les communautés les plus vulnérables. Selon Hadjia Aissata Issoufou, l’engagement de l’ensemble des Etats africains est primordial pour organiser la riposte et permettre aux autres pays d’atteindre les mêmes résultats que le Togo et le Ghana. Au-delà du soutien technique et financier dont les Premières Dames bénéficient de la part des partenaires au développement et compagnies pharmaceutiques, elles doivent, au sein de leurs pays non seulement maintenir leur engagement à lutter contre les MTN, mais aussi accroître les ressources financières alloués à la lutte.

Mme Hadjia Aissatou Issoufou a ainsi réitéré l’engagement des Premières Dames à attaquer aux MTN pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) à savoir la réduction de la pauvreté, mettre fin à la malnutrition et améliorer l’égalité des sexes. En effet, l’ODD 3 désigne spécifiquement les MTN comme cible d’élimination d’ici 2030. « Je me réjouis de voir que des partenariats tels qu’ESPEN, logé au sein de l’OMS/AFRO coordonne les efforts régionaux pour veiller à ce que toutes les communautés à risque aient un accès précoce à des traitements et à des soins, car personne ne devrait souffrir inutilement de maladies évitables et traitables » a déclaré Hadjia Aissata Issoufou.

La Première Dame du Burkina Faso, Adjoavi Sika Kabore a fait un bref aperçu de l’ampleur des maladies tropicales négligées (MTN) dans son pays. Elle a notamment souligné que la filariose lymphatique qui reste encore endémique dans certaines contrées du continent, soulignant ainsi la nécessité de la poursuite des campagnes de traitement de masse chaque année. La bilharziose reste elle aussi endémique dans bon nombre de pays malgré la mise en œuvre des campagnes de traitement de masse chaque année. Survenant surtout chez les enfants d’âge scolaire, cette maladie touche, dans certains pays, la totalité des groupes d’âge de la population des zones agricoles aménagées. La morbidité de la bilharziose dans ces zones vitales pour les activités agricoles, même si elles sont difficilement estimables, représente, du fait de sa chronicité, un frein important à l’activité des ménages et au suivi scolaire adéquat des enfants. La poursuite de la mise en œuvre des traitements de masse au bénéfice de ces populations est un impératif de même que le traitement des plans d’eau.

Pour le trachome, les efforts consentis dans sa prévention ont permis l’arrêt des campagnes de traitement de masse dans certains de nos pays. Les efforts doivent être poursuivis à présent pour la prise en charge des cas de complications qui ont pu survenir chez certaines personnes.

 

L’intérêt des partenaires techniques et financiers pour freiner ces affections

 

Pour la représentante du Bureau Régional de l’OMS pour l’Afrique, Dr Matshidiso Moeti, il est de la responsabilité des partenaires d’agir pour l’accélération de l’élimination des MTN d’ici 2030. Et pour cela, elle a annoncé que l’OMS va mobiliser les ressources pour venir à bout de cette maladie. « A cause de ces maladies, les gens souffrent énormément, nous devons les traiter. Nous constatons un énorme effort au niveau de certains pays comme le Niger et la Cote d’Ivoire, il y’a un engagement fort dans ces Etats, les Gouvernements doivent augmenter les financements, il faut nous assurer que personne ne sera laissé pour compte » a-t-elle précisé.

 

Pour sa part, la Directrice Exécutive de Speak Africa, Mme Yacie Djibo a affirmé qu’aujourd’hui, les actions se concentrent sur l’importance de l’engagement politique. « Près de la moitié du fardeau mondial de ces maladies, est supporté par le continent. Il est donc grand temps que tous les acteurs se mobilisent tous pour y mettre un terme », a-t-elle déclaré. Mme Yacie Djibo a lancé un appel ardent aux Premières Dames et aux partenaires pour renforcer l’action collective. « La vie de plus de 600millions des personnes à travers le continent en dépend. Créons et capitalisons les synergies pour ne laisser personne pour compte. De plus en plus nous voyons une appropriation de la lutte par les pays affectés. Au Niger, le Ministère de la Santé a fait preuve de leadership en créant sa 1ere Coalition des partenaires de lutte contre les MTN. Cette coalition illustre la multisectorialité dont nous avons besoin pour mutualiser la plateforme et nos ressources pour le bien-être des populations.» a-t-elle dit.

Au cours de cette rencontre de haut niveau, il y’a eu le témoignage de quelques habitants de la région de Tillabéry qui est une zone du fleuve. C’est un lieu en proie à ces maladies. Les victimes dont des élèves ont été prises en charge par les services sanitaires. Elles ont pu être guéries et arrivent à vaquer normalement à leurs activités quotidiennes.

 

 Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)