Portrait Lawan Boucar, victime de polio

Dossier
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« Si je n’avais pas été victime de la polio, j’aurais été à l’école (…), je me serais même engagé dans l’armée et aurais, certainement, été parmi ceux qui combattent les terroristes qui harcèlent notre pays », indique Lawan Boucar

Lawan Boucar est natif de Diffa, âgé de 40 ans, il a marié et père d’un enfant. Il a perdu l’usage de ses membres inférieurs suite à une attaque du virus de la poliomyélite, alors qu’il avait 8 ans, selon lui. C’est donc 32 ans d’infirmité de souffrance que M. Boucar a enduré. Même s’il dit ne se rappeler, en détails, des circonstances de sa maladie, il reconnaît que la poliomyélite est une maladie invalidante, qui engendre mépris, discrimination et répulsion. En dépit de son handicap Lawan Boucar s’est efforcé d’apprendre un métier. Celui de confectionneur de lit, de chaise et de table avec du fil plastique. Métier qui, selon lui, lui permet de subvenir aux besoins de sa famille et même d’aider d’autres personnes, plutôt que de mendier, comme le font certains qui sont handicapés ou non.

‘‘Si je n’avais pas été victime de la polio, j’aurais été à l’école comme les enfants de mon âge à l’époque, j’aurais aussi fait plusieurs activités commetravailler dans les champs de poivron, faire du petit commerce. Je me serais même engagé dans l’armée et serais, certainement, parmi ceux qui combattent les terroristes qui harcèlent notre pays. Bref, j’aurais été plus actif, plus productif et moins discriminé que je le suis actuellement avec mon handicap’’, témoigne-t-il tristement.

Il estime qu’un enfant atteint de la polio n’est considéré ni dans famille, encore moins par ses amis et même par sa communauté. « A longueur de journée, nous subissons la récrimination, la stigmatisation, la discrimination. Souvent, c’est même nos enfants et nos femmes qui nous réprimandent et nous condamnent, comme si nous avons fait sciemment pour être malades et infirmes. C’est vraiment dure, difficile et insupportable d’être infirme et victime de la polio », soupire Boucar, essuyant, au passage, une larme qui envahit ses yeux.

Se reprenant, il continue que c’est cette humiliante et déshumanisante situation doit cessez. ‘‘L’une des meilleures façon d’y mettre fin est la prévention de cette maladie à travers la vaccination’’, estime  Lawan Boucar.

‘‘Je saisis l’occasion pour remercier et encourager l’Etat et ses partenaires, tel que l’UNICEF, qui interviennent dans le cadre de ces campagnes de vaccination, en particulier, et dans la prise en charge sanitaire et la protection des droits de nos enfants en général’’, conclu Lawan        Boucar.

Mahamadou Diallo(onep)