Maradi : Des bandits armés tuent 6 personnes et en blessent huit autres dans le village de Chirgué  dans la commune rurale de Gabi

Société
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Les habitants du village de Chirgué, (commune rurale de Gabi, département de Madarounfa) frontalier avec l’Etat de Zanfara, ont connu un moment difficile de leur vie dans la soirée du jeudi 18 juillet 2019, et jusqu’aux premières heures du vendredi 19 juillet. En effet, ce paisible village a été la cible d’une attaque par des bandits armés en provenance du Nigéria. Selon la population de ce village, les bandits étaient à bord de plus d’une centaine de motos transportant 2 à 3 personnes. Devant les tirs nourris, et quelques incendies provoqués par les assaillants, ce fut la débandade et les bandits ont emporté une quantité importante de biens ainsi qu’un troupeau de grands et petits ruminants. Le bilan est de six (6) morts et huit (8) blessés.

 

Aussitôt informé, le gouverneur de la région de Maradi à la tête d’une forte délégation composée des responsables des forces de défense et de sécurité, des responsables administratifs et coutumiers du département de Madarounfa s’est rendu dans ce village pour présenter ses condoléances aux familles éplorées, évaluer la situation et consoler cette population totalement sous le choc de cette invasion. Chemin fessant, la délégation a rencontré femmes, enfants et même des bras valides fuyant ce village à la recherche de refuge. Sur le champ, le gouverneur Zakari Oumarou a pu convaincre beaucoup d’entre eux qui ont finalement accepté de revenir à Chirgué. Après avoir assisté à la levée de corps des victimes, M. Zakari Oumarou a présidé une réunion qui a regroupé tous les habitants du village.

Dans un premier temps, le gouverneur de Maradi a donné la parole à ses hôtes pour mieux comprendre ce qui est arrivé et dans quelles circonstances. Selon le gouverneur Zakari Oumarou, ces attaques sont fréquentes dans cette zone frontalière avec les Etats fédérés de Zanfara et de Sokoto. « Cela fait six à sept  mois que cette situation sévit dans cette zone. Nous avons pris toutes les dispositions pour que cette situation cesse, malheureusement, nous sommes au regret de constater que les choses ne font que s’empirer » regrette- t-il. Pour mieux élucider ce problème, le gouverneur de Maradi indique qu’il y a une zone de 60 km de périmètre le long de la frontière et de 40 km à l’intérieur du Nigéria qui a été vidée de sa population et il n’y a que des bandits qui sévissent dans cette zone. « Après le flux de réfugiés venus du Nigéria (environs 12.000 personnes) aujourd’hui, ce sont nos villages qui subissent les exactions de ces bandits», regrette-t-il.

Pour le cas de Chirgué, déjà des dispositions sécuritaires ont été prises afin de permettre à la population de rester chez elle et de vaquer en toute quiétude à leurs travaux champêtres. « Nous allons prendre des mesures particulières pour que le village de Chirgué soit sécurisé et au-delà, toute la zone qui connait cette situation indésirable » a assuré M. Zakari Oumarou. Il a annoncé une aide alimentaire de 200 sacs de riz, 300 sacs de mil et 200 moustiquaires pour les habitants de ce village. M. Zakari Oumarou a lancé un appel à la population pour qu’elle prête main-forte aux autorités en redoublant la vigilance sur la surveillance de cette zone et en dénonçant tout suspect. le gouverneur a enfin lancé un appel à l’endroit des autorités nigérianes des Etats fédérés frontaliers avec Maradi de venir pour qu’ensemble, faire retourner ces populations dans leurs villages d’origine.

Pour sa part, le préfet du département de Madarounfa, M. Harouna Maïdabo a interpelé les habitants du village de Chirgué sur le manque de collaboration de la population avec les FDS. Pour lui, des ressortissant de ce village, notamment Dan França et Yéti font partie des responsables de ce gang qui sème la terreur dans cette zone. « Pourtant ces grands bandits séjournent souvent parmi vous et jamais leur présence dans ce village n’a été signalée aux forces de défense pour qu’elles les arrêtent » regrette-t-il. M. Harouna Maïdabo a fait remarquer aux habitants que le pillage de leur village est aussi la conséquence de leur mutisme et aujourd’hui. Regrettant ces actes perpétrés avec des fils du village, le préfet a précisé que des 50 grands bandits répertoriés dans le département, 10 sont natifs du village de Chirgué. Il a demandé une fois de plus à la population de se ressaisir et de prêter main forte aux forces de défense et de sécurité afin de mieux les sécuriser et au-delà, de sécuriser toute la zone.

Tiémogo Amadou ANP-ONEP Maradi