Tabaski 2019 : Faible affluence de la clientèle autour des animaux

Dossier
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A l’instar de la communauté musulmane du monde entier, celle du Niger s’apprête à commémorer dans quelques jours le sacrifice d’Abraham ou l’Aïd El Kebir. Niamey la capitale vibre au rythme de l’ambiance de la fête. Les grands marchés à bétail sont les lieux les plus fréquentés. Chaque père de famille se bat afin de se procurer le précieux bélier  proportionnellement à sa bourse. Les grandes artères de la ville sont aussi  de plus en plus envahies par des marchands ambulants et d’autres revendeurs de circonstance. Chacun s’active pour tirer son épingle du jeu.

 

Le marché à bétail de Tourakou est réputé à Niamey dans la commercialisation des animaux. C’est un cadre approprié pour s’offrir un bélier. Les moutons sont disponibles et on en trouve pour toutes les bourses. Chacun peut avoir proportionnellement à sa disponibilité financière du fait que le marché est animé par des revendeurs qui se ravitaillent à partir des villages environnants.

Assis sous le hangar devant ses animaux, M. Boubé attendait impatiemment ses clients. C’est une activité qu’il exerce depuis des années. Selon lui, il reçoit beaucoup de ses fidèles clients à l’approche de la fête. Il a précisé que les prix des animaux varient d’un marché à un autre. En effet, malgré l’engouement que suscitent la vente et la commercialisation des béliers, Boubé rassure ses clients en leur proposant des prix raisonnables.

Parlant de l’achat de ses animaux, il a noté qu’il se ravitaille à partir des marchés hebdomadaires de  Balleyera, Kargui Bangou, Manguaïzé, Abala et Téra.  Le coût de transport est en fonction de la distance et la praticabilité de la route. Il faut préciser que le coût de transport a légèrement augmenté à cause de la fête. Le mouton qui était transporté à 1.000 FCFA, est aujourd’hui transporté à 1500F voire plus. M. Boubé a confié que la flambée des prix des animaux s’explique par les dépenses que les propriétaires des animaux consentent à travers le coût d’embouche  qui est énorme. Il a, à cet effet, mentionné que le bélier qui a plus de sept à neuf  mois d’embouche, le coût de son entretien  est exorbitant. C’est ce qui fait que même aux villages les moutons sont chers. Il a par ailleurs noté que les plus bas prix des béliers oscillent entre 55.000FCFA, 60.000FCFA, et  70.000FCFA. Pour les moutons moyens les prix varient entre 80.000FCFA, 90.000FCFA, et 100.000FCFA, etc, tandis que les prix des gros moutons fluctuent entre 150.000FCFA à 400.000FCFA.  M. Boubé a expliqué qu’il se contente de peu de bénéfice par tête vendue soit 5.000FCFA à 10.000FCFA. Il faut tout faire pour écouler ses produits avant la fête afin d’éviter la mévente qui peut engendrer des pertes énormes. « C’est pourquoi je ne fixe pas des prix élevés à mes clients » a-t-il dit. Parlant de la hausse des prix, il a expliqué que le bélier qui coûtait 70.000FCFA, peut aujourd’hui coûter 100.000FCFA, et quant à un mouton de 100.000 FCFA, il  peut se vendre à 150.000FCFA. Notons aussi qu’il y a des clients qui s’intéressent aux chèvres, aux cabris, et aux boucs. Pour ce qui est des cabris, une bête grasse peut se vendre  80.000FCFA à 85.000FCFA. S’agissant des chèvres les prix varient de 35.000FCFA à 100.000FCFA. Pour le bouc, le prix fluctue entre 20.000FCFA à 100.000.

Pour ce qui est de l’affluence autour des moutons, elle est pour l’instant faible parce que certains vendeurs  peuvent faire deux à trois jours sans vendre une seule bête.

Au marché à bétail de la commune 5, l’ambiance bat son plein. Les moutons sont en train d’être dechargés de camions, de charrettes, à motos et à pied. Selon Oumarou, les marchés les plus visités par les commerçants sont entre autres les marchés d’Aholé, Alambaré, Torodi, Doutchi. Il a confié qu’en termes d’accessibilité et d’abondance des prix, les marchés de l’Est sont plus abordables que ceux de l’Ouest.

Parlant des prix, il a expliqué que les clients sont en train de tergiverser  pour rien au regard de la disponibilité des béliers sur le marché et des prix qui sont proposés par les commerçants. M. Oumarou, dit que le prix est proportion du besoin exprimé par  le client. S’agissant de frais des transports, il a indiqué qu’un mouton se transporte à partir de Torodi à  1.500FCFA, tandis que le coût à partir d’Ahole est de 2.500FCFA. Il a par ailleurs précisé que même s’il y a une flambée des prix, elle est encore insignifiante. Jusque-là les commerçants continuent à attendre la clientèle qui tarde à venir. On observe à moins d’une semaine de la fête, une faible affluence autour des moutons. C’est à peine qu’un commerçant arrive à écouler 5 à 6 moutons par jour. Les petits  moutons coûtent entre 50.000FCA à 70.000FCFA, tandis que les moyens peuvent atteindre 100.000FCFA à 120.000FCFA

Pour sa part, M. Mahamadou Kato qui est également un des locataires du marché à bétail de Harobanda, a exposé ses bêtes juste à l’entrée principale du marché qu’il vient de ramener des villages. Il a dit avoir acheté en brousse un mouton à 142.000FCFA qu’il compte revendre à 152.000FCFA afin d’engranger un bénéfice de 10.000FCFA. Selon lui, plus les prix des moutons montent, plus les prix des bœufs baissent. Il a expliqué qu’il y a des ONG qui achètent plus de 50 têtes de bœufs, ou des personnalités qui achètent des dizaines de moutons. La situation peut évoluer d’un instant à l’autre et le prix peut  augmenter de manière significative. Par ailleurs il a souligné que le prix le plus bas du bouc est de 20.000FCFA à 22.000FCFA.

Concernant le marché de Talladjé, il y a une forte abondance des moutons gras, ce qui explique la faible affluence de la clientèle, a indiqué M. Yacouba Hamidou délégué dudit marché. Il a noté que chaque semaine, le prix des béliers monte. A titre d’exemple un mouton qui se vendait à 80.000FCFA peut coûter aujourd’hui 90.000FCFA à 95.000FCFA. Il a confié qu’il s’approvisionne en bétail au niveau de Diffa, Zinder, Maradi, bref toutes les régions du pays. Le transport de bélier en provenance de Diffa à Niamey s’élève à environ 5.000FCFA du fait que l’animal transite d’abord par Zinder. A cet effet, le transport de chaque tête de bétail de Diffa à Zinder coûte 1.500FCFA, et Zinder-Niamey 3.000FCFA voire 3.500FC. Il serait difficile pour l’instant dire si les moutons seront chers. Connaissant l’environnement dans lequel il évolue depuis des années, M. Kato estime que la cherté des animaux  est déterminante la veille de la fête. Pour le moment les clients moyens achètent des moutons de 80.000FCFA à 100.000FCFA. Ce n’est pas tout le monde qui peut s’offrir un mouton à 200.000FCFA voire plus dit-il rappelant qu’une année, c’est aux environs de 16 heures que les prix ont monté de manière exponentielle. Il y a aussi des années où les prix ont commencé à grimper dès le matin. Il se souvient encore d’une année où les prix ont drastiquement chuté à quelques heures de la fête. Ajoutons aussi que la municipalité profite de l’ambiance autour de la commercialisation en vue de percevoir des taxes qui lui permettront de revaloriser ses recettes. Le prix d’entrée de chaque tête de bétail est de 150FCFA, tandis que la sortie est à 200FCFA faisant un total de 350FCFA. Quant aux spéculateurs, ils se frottent les mains espérant améliorer leurs chiffres d’affaires. Ils  circulent de ville en ville avec les moutons afin de monter les enchères.

 

 

Par Laouali Souleymane (onep)