Promotion des pratiques familiales essentielles dans le Département d’Abala : Les bénéficiaires et les acteurs témoignent

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Une équipe des journalistes de la presse nationale, a effectué du 19 au 21 août dernier, un déplacement dans le Département d’Abala. Organisé par le Ministère de la Communication et l’UNICEF-Niger, avec le financement du Gouvernement Français, à travers l’AFD, ce déplacement a pour objectif de produire des reportages sur les principaux résultats et impact du projet d’appui à l’amélioration de la résilience des éleveurs et agropasteurs dans la zone pastorale de Tillabéry à travers le Département d’Abala. La mission a permis aux journalistes de rencontrer et s’entretenir avec beaucoup d’acteurs, dont les bénéficiaires et les relais communautaires. Ils ont   apporté des témoignages sur la perception qu’ils font de ce projet.

La mission a visité trois  localités : Abala Toudou et Abala Bougagé, deux quartiers dans le chef-lieu de la Commune d’Abala, et  Fartal, un village situé à une vingtaine de kilomètre d’Abala vers le sud-est. Partout où la mission est passée, les journalistes ont assisté à des activités des relais communautaires. Il s’agit essentiellement des séances de sensibilisation avec les communautés, notamment les femmes.  Les communications sont axées sur les différentes thématiques en lien avec les pratiques familiales essentielles, dont le lavage des mains avec du savon et son importance pour la santé, l’allaitement maternel et son importance pour la santé de l’enfant et de la mère, la diversification alimentaire et son importance pour la santé des enfants, l’importance de l’utilisation des moustiquaires imprégnées dans le cadre de la lutte contre le paludisme, qui sont entre autres thématique développées par les relais au cours de ces séances. Muni chacune et chacun de son guide et autres outils de travail, les relais passent les messages de bonne pratique à ces vaillantes femmes. Les séances sont très bien animées. Les participantes sont très motivées. Toutes les femmes participent aux échanges et elles posent beaucoup de questions.

« Tout ce que nous apprenons au cours de ces séances nous le partageons avec nos époux une fois à la maison. Aussi, nous profitons aussi des occasions de cérémonies des baptêmes et des mariages pour passer les mêmes messages à l’endroit de nos sœurs qui n’ont pas eu la chance de suivre ces communications. Dieu merci, ces pratiques ont changé nos vies et nos comportements habituels. On était dans l’ignorance totale,  mais aujourd’hui on est à l’abri de beaucoup des maladies », a déclaré Hadjara Yacouba une femme leader de la commune rurale d’Abala.

Après deux bonnes années de mise en œuvre de ce projet dans le Département d’Abala, la communauté, notamment les bénéficiaires se réjouissent du changement que ce projet a apporté dans leur vie. Toutes les femmes interviewées ont relevé que, avant l’arrivée de ce projet elles et leurs enfants étaient exposés à toutes les menaces, à tous les dangers et à tous les risques sanitaires : paludisme, malnutrition, malformation, infections microbiennes, difficultés lors des accouchements.

« Ce projet a été utile pour nous les femmes et les enfants en particulier et pour tout notre village Fartal en général. Maintenant toutes les femmes connaissent la valeur de leur santé et de celle de leurs enfants. Aujourd’hui dans ce village il n’y a aucune femme qui refuserait de se faire consulter dans une formation sanitaire. Nous savons comment et quand faut-il fréquenter une formation sanitaire. Dans le passé on ne connaissait pas tout cela. La plus part des accouchements se faisaient à la maison. Aujourd’hui nous connaissons vraiment la valeur et l’importance de ces formations sanitaires précisément pour les consultations prénatales, natales et le suivi de la santé de l’enfant », a témoigné Mme Yaou Rabi une bénéficiaire du projet à Fartal.

Les enfants constituent aussi une cible importante des activités de ce projet. Aujourd’hui ces pratiques sont ancrées de façon durable dans le quotidien des populations d’Abala. « Je suis témoin de l’importance de ce projet pour avoir été bénéficiaire de la prise en charge de ma fille, qui a souffert de la malnutrition. Quelques mois juste après sa naissance, ma fille était tombée malade. Grâce aux conseils d’une voisine j’ai vite agi en l’amenant au CSI. C’est après consultation que les agents de santé m’ont fait comprendre que ma fille souffre de la malnutrition. Elle a été admise dans le centre de prise en charge des enfants malnutris. Après une semaine d’hospitalisation, où nous avions bénéficié de toute l’attention requise des agents de santé, la petite a recouvré sa forme et sa santé. Maintenant elle a déjà un an et depuis je suis les consignes qui m’ont été données et Alhamdou Lillahi », dit Mme Massoyi Rabi du quartier Abala Bougajé, qui n’a pas manqué de saluer et de rendre un grand hommage aux initiateurs de ce projet, mais aussi aux agents de santé qui ont accordé une attention particulière à son enfant. 

De l’avis de tous les différents acteurs, notamment les relais communautaires, ce projet a beaucoup contribué dans l’amélioration des conditions de vie des populations. Agée d’une quarantaine, M. Ousseini Maidaji, a souligné que depuis qu’il exerce ce travail de relais communautaire, il n’a jamais eu de difficultés avec les apprenantes. « C’est avec plaisir que j’exerce ce travail. Dieu merci, la communauté apprécie cela. Au début il y’avait quelques difficultés pour la participation des femmes là aussi, c’est lié à la nouveauté des activités et à certaines tâches ménagères. Mais au fur et à mesure, toute la communauté a compris l’intérêt de nos communications. De fois, c’est sur demande de ces femmes que nous tenons les séances», a-t-il dit.

Les résultats obtenus dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet sont encourageant. L’impact sur la vie des populations est positif. Mais il est important de penser à la consolidation de ces résultats de manière durable. C’est pourquoi, tout en remerciant l’Unicef et les autres partenaires notamment, le PAM, la FAO et l’AFD, les bénéficiaires ont plaidé en faveur du renforcement du dispositif de mise en œuvre des activités de ce projet et en faveur de l’amélioration des conditions de travail des agents de terrain.

Ali Maman (onep)