Mission d’investigations de la Commission Nationale des Droits Humains aux maisons d’arrêt d’Agadez, de Tahoua et de Tillabéri : «Aucun cas de torture, ni de traitement inhumain et dégradant n’a été relevé» déclare Pr. Khalid Ikhiri, président de la CNDH.

Société
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Du 19 au 25 aout 2019,  la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) a mené des missions d’investigations dans les maisons d’arrêt d’Agadez, de Tahoua et de Tillabéri ainsi qu’au niveau du centre de réinsertion professionnelle de Daïkaïna (Tillabéri). Conduites par le président de la CNDH, le professeur Khalid Ikhiri, ces missions s’inscrivent dans le cadre des attributions de ladite institution, notamment celle consistant à effectuer des visites régulières, notifiées ou inopinées, dans les lieux de détention et de formuler des recommandations à l’endroit des autorités compétentes.

La délégation composée des Commissaires aux Droits Humains et cadres techniques de la CNDH, des représentants du Ministère de la Justice et ceux des Organisations de la Société Civile (OSC) a eu, à chaque étape, des échanges à bâtons rompus avec les détenus et les responsables pénitentiaires. Elle a également visité les différents quartiers (femmes, enfants, hommes) où le Prof Khalid Ikhiri et les membres de la mission ont écouté les préoccupations des uns et des autres. Aussi, les régisseurs des maisons d’arrêt d’Agadez, de Tahoua, de Tillabéri et celui du centre de réinsertion professionnelle de Daikaina ont également répondu à plusieurs questions des membres de la délégation.

Dans la synthèse de la mission lors de la dernière étape (dans la région de Tillabéri) le dimanche 25 aout 2019, le Président de la CNDH a énuméré un certain nombre de problèmes communs et ceux spécifiques des prisons visitées et a relevé quelques avancées. S’agissant des problèmes communs, Pr. Khalid Ikhiri a déclaré que la mission a constaté la lenteur judiciaire, la vétusté des locaux hormis la maison d’arrêt de Tillabéri, l’insuffisance du personnel pénitentiaire, du budget alloué à l’alimentation, aux soins des détenus ainsi que l’entretien des locaux, l’insuffisance du système de réinsertion au niveau des maisons d’arrêt de Tahoua, de Tillabéri et des aires de détente. Il est également ressorti des échanges, le souhait de certains détenus de bénéficier des remises gracieuses de peine.

Concernant les problèmes spécifiques, plusieurs constats ont été faits par la mission de la CNDH. Il s’agit notamment à Tahoua du risque d’incendie et d’exposition des détenus à certaines maladies liées au fait du non isolement de la cuisine, le problème d’hygiène et d’assainissement lié à un manque de latrines appropriées et l’exposition de la population riveraine, l’exiguïté des locaux, le délestage récurent d’électricité au quartier des femmes. Sur place, le procureur a instruit le responsable pénitentiaire pour y palier. A Dakaina, la mission a relevé l’inexistence d’une infirmerie et le manque de suite aux demandes de libération conditionnelle.

Concernant les avancées, le président de la CNDH a indiqué qu’aucun cas de torture, ni de traitement inhumain et dégradant n’a été relevé au sein des centres pénitentiaires visités. Par ailleurs, la mission a fait cas des améliorations constatées au niveau des ateliers de réinsertion d’Agadez et de Daikana, les initiatives locales développées par les responsables pénitentiaires pour améliorer les conditions de vie des détenus, les nouvelles réformes intervenues en 2017 dans le domaine de l’administration pénitentiaire en vue d’améliorer les conditions de détention des détenus et des conditions de travail du personnel pénitentiaire.

En conclusion, Pr. Khalid Ikhiri a, au nom de la délégation, remercié toutes les autorités administratives, judiciaires, coutumières et les FDS des régions visitées ainsi que le partenaire DANIDA.

Abdou Tikiré Ibrahim AP/CNDH