Portrait : Abdou Garba  Pépiniériste et fleuriste

Société
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Abdou Garba fait partie de ces Nigériens qui ambitionnent de se trouver une place au soleil. Dès l’enfance, son ambition est de se former dans un métier pour assurer son avenir. Ceci pourrait expliquer la raison pour laquelle aujourd’hui à l’âge de 45 ans, il a déjà fait ses preuves dans le métier du jardiner fleuriste.

«J’ai débuté cette activité en 1996 ; ce qui me fait maintenant 23 ans d’exercice ; je me dis que j’ai l’amour et la vocation pour devenir non seulement jardinier et en même temps fleuriste », affirme-t-il. Son  jardin est situé sur la grande voie venant du petit marché en allant vers le rond-point Justice. Abdou Garba fait sa propre production des plants ; il reçoit les semences de l’extérieur, ou va lui-même les chercher sans passer par quelqu’un. « La majorité des plants ont été produits par nous-mêmes » dit Abdou Garba

Il fait aussi des décors de maison et des jardins. Abdou Garba est souvent sollicité  pour aller planter les fleurs. «L’entretien dépend des plantes ; il y’a des plantes qui n’ont pas besoins d’être arrosées tout le temps. Cela peut se faire par jour, tous les deux jours ou souvent même par semaine », explique-t-il

Concernant les prix des plants ; ils varient selon la variété. Pour le cas des manguiers ; il y’a des greffés et des manguiers simples. Les plants greffés sont vendus à 1500 FCFA voire 2000 FCFA ; le simple de 750  à 1000 FCFA l’unité. Pour le plant d’oranger le prix est 1000FCFA et le citron à 500 FCFA l’unité. Quant aux prix des fleurs, ils varient aussi selon les besoins : il y en a pour 100 ; 200 et 1000 FCFA. Il y’a aussi des fleurs rares qui sont vendus jusqu’à 30.000 FCFA l’unité.

Abdou Garba travaille avec deux de ses neveux qu’il emploie et rémunère au prorata des activités. « Ils viennent m’aider dans l’entretien et  la vente des fleurs », dit-il.

Comme dans toute activité, Abdou rencontre des difficultés. « Parfois on peut passer tout une journée sans rien vendre ; une à deux semaines sans rien vendre ; et si le marché est bon on peut gagner deux à trois cent mille francs par jour » explique-t-il. Il se dit très satisfait de ce travail qui lui a tout donné : « je me suis marié grâce à cette activité ; j’ai des enfants. Mais les problèmes ne manquent pas», confie-t-il. « Ce métier me permet de subvenir à nos besoins, mais aussi  de faire face au changement climatique, d’embellir le cadre de vie. Dans un pays sahélien et enclavé comme le Niger, la lutte contre la désertification nécessite l’engagement de tous», dit-il.

L’un des problèmes que rencontre Abdou Garba est lié à l’obtention d’une place publique fixe. «Tantôt nous sommes là, tantôt nous sommes de l’autre côté. A l’heure actuelle, nous sommes sur le point de déménager. Il y’a des acquéreurs du terrain qui veulent qu’on quitte les lieux. Nous serons obligés de quitter sous peu» se désole le fleuriste.

Toutefois, il lance un appel  aux jeunes qui ne possèdent pas d’activités génératrices de revenus, de ne pas hésiter à s’adonner au métier de jardinier, de l’artisanat ou  toute autre activité, car il n’y a pas de sot métier. Pour lui, l’essentiel est de ne pas croiser les bras et de travailler pour gagner sa vie et subvenir à ses besoins et à ceux de la famille.

 

Farida Ibrahim Assoumane