Santé/Troubles de conversion ou hystérie de conversion : Les explications scientifiques sur le phénomène du ‘’génie tchatcheur’’ et ses conséquences

Société
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Les Troubles de conversion, ou hystérie de conversion font leur apparition parfois dès l’âge de 7 ans, mais la plupart des cas fréquents, sont observés chez la jeune fille à partir de l’âge de 14 ans selon M. Zourkaleini Issa Maiga, psychologue clinicien. Certains praticiens parlent de maltraitance infantile. En effet, c’est un trouble qui concerne plus le sexe féminin que le sexe masculin. D’après les explications de M. Zourkaleini, l’hystérie se manifeste sous forme de crise avec ou sans perte de connaissance sur un état d’agitation avec ou parfois sans cris ressemblant à des états de possessions ou de transe mais aussi à travers des troubles psychosomatiques et ou neurologiques.

Les crises d’hystérie peuvent ressembler ou se confondre à des crises épileptique mais, révèle le psychologue clinicien, les premières ont une origine organique et les secondes sont sans cause organique, d’où l’appellation «crise psychogène non épileptique ».

 

Symptômes du trouble de conversion ou hystérie de conversion

Cette crise présente des symptômes neurologiques tels qu’une paresthésie (trouble du sens du toucher), une cécité, une paralysie ou autres déficits similaires sans que le système nerveux central ou périphérique n’ait subi de dommages organiques. Ces symptômes surviennent en tant que réponse dans la vie du patient, et la conversion est considérée comme trouble psychiatrique. Elles sont connues ici au Niger sous l’appellation en milieu scolaire de « génie tchatcheur » affirme le psychologue clinicien, M. Zourkaleini Issa Maiga.

Ce sont des crises qui conduisent à une souffrance psychologique ou un conflit non résolu, indique le psychologue clinicien tout en notifiant  que face à une difficulté ou un problème ou encore des conflits, les uns et les autres réagissent différemment. Ainsi, a-t-il expliqué, un premier groupe fait face à la difficulté en l’affrontant. Un deuxième groupe fait «demi-tour », un troisième groupe contourne le problème. Et le quatrième groupe exprime les difficultés par leur corps. « C’est dans ce lot de quatrième groupe  que se catégorisent ces crises de conversion. Comme disait le Dr Jean Claude Lebaron ne fait pas des crises qui veut», fait savoir le psychologue clinicien.

Le trouble de conversion,  note le psychologue clinicien, est souvent observé chez les jeunes  filles qui ont une sensibilité et une fragilité liée à leur histoire de vie. Et cet état de fait, affirme–t-il, s’explique à travers certains facteurs de fragilité dont entre autres : « la perte des parents très tôt, la maltraitance physique ou psychologique, les viols et le harcèlement sexuel, les difficultés scolaires, la déception ».

« Le trouble de conversion ou hystérie de conversion entraine des conséquences qui affectent la vie quotidienne», soutient, M. Zourkaleini Issa Maiga.

Sur le plan scolaire ou professionnel, ça va des absences répétées, jusqu’à l’abandon, licenciement ou le renvoi. Sur le plan économique, des sommes d’argent sont dépensées à travers de multiples examens parfois très couteux (EEG, Scanner, IRM, etc.).  Certains parents amènent les enfants atteints de ce trouble à l’étranger pour la recherche de solution. On note aussi, le recours aux traitements traditionnels (roukiya, voire des séances de possessions) qui parfois aussi, nécessitent de moyens financiers. Sur le plan social, l’on observe un  retrait social, l’auto marginalisation ou l’auto discrimination. Cela peut s’expliquer, selon le psychologue clinicien, par la non-participation aux évènements psychosociaux par le patient par crainte de déclenchement des crises en publique.

Ainsi,  précise M. Zourkaleini Issa Maiga, l’on retient entre autres manifestations, des crises de transe, généralement déclenchées en la présence d’autrui ; état somnambulique ; pertes de connaissance ; coma ; oublis partiel ou total ; aphasie totale ou partielle ; céphalées ; problème de concentration ; insomnies ; amnésie partielle ou totale ; paralysie ou d’autres troubles moteurs ou de l’équilibre ; déficits sensoriels etc. Ces symptômes, souligne le psychologue clinicien, peuvent durer habituellement plusieurs jours voir plusieurs semaines et peuvent disparaitre soudainement.

 

Traitement

Zourkaleini Issa Maiga, indique que la prise en charge du trouble de conversion ou hystérie de conversion se fait à travers la psychothérapie mais aussi à travers un traitement par symptomatologie. Par exemple, si un patient présente de troubles moteurs, en dehors de la psychothérapie, il sera pris en charge par la kinésithérapie. Une empathie ou parfois une assurance par l’entourage  envers le sujet souffrant de ce trouble, s’avère aussi nécessaire.

Issoufou Adamou Oumar