Bassirou Chaibou Naroua alias Boda : Artiste et encadreur de troupes culturelles

Dossier
Spread the love

Sharing is caring!

 

Née en 1987 à Konni où il a grandi jusqu’à cet âge de 32 ans, Bassirou Chaibou Naroua plus connu sous le nom d’artiste Boda a depuis sa petite enfance été passionné par la culture en particulier la chanson et la danse. Au fils du temps, il devient un acteur artistique et culturel incontournable à Konni. Malgré les difficultés qui freinent le développement artistique et culturel à Konni, le jeune Bassirou s’est toujours battu pour donner du plaisir, de la joie et du sourire à la population de Birni N’Konni et même au delà.

 

Aujourd’hui, grâce à son dynamisme et sa persévérance, son nom est connu au-delà des frontières de Konni et du Niger, au Nigéria notamment. Sans aucune formation professionnelle proprement dite Boda, comme on l’appelle affectueusement dans sa ville, a su exploiter son ouverture d’esprit, ses relations, les opportunités des rencontres auxquelles il prend part, pour arriver à ce niveau de perfectionnement artistique et culturel élevé. Rencontré à Konni, vers la fin du mois d’Octobre, à la station départementale de la radio Sarraounia de Konni où il intervient en tant qu’animateur, M. Bassirou Chaibou Naroua raconte, avec passion, sa vie d’artiste, les difficultés dont soufre ce domaine à Konni, et ses ambitions artistiques et culturelles pour le département de Birni N’ Konni.

Artiste polyvalent, M. Bassirou précise d’entrée de jeu qu’il n’est pas issu d’une famille d’artistes. Orphelin de mère à l’âge de 7 ans, c’est dès l’école primaire qu’il commença ses premiers pas dans la culture. « J’ai été piqué par la passion de l’art et de la culture dès l’école primaire. J’ai été toujours meilleur au concours des activités socioculturelles pendant toute ma scolarité du premier degré, (du CI au CM2). Cela m’a donné le goût de poursuivre mes petites comédies, chants et danses, jusqu’au collège. Pendant les vacances j’ai été l’un des principaux animateurs de nos jeux d’enfants », a-t-il témoigné. C’est véritablement au collège que l’étoile de ce jeune artiste a commencé à briller où son talent a été remarqué dans la cour de l’établissement avec ces animations pendant les récréations et lors de toutes les activités socioculturelles de l’école.

C’est, ainsi, à ce niveau qu’il a été identifié comme un potentiel artiste de l’établissement qu’il a représenté dans toutes les sorties des élèves et autres concours inter scolaires. Malheureusement, parce qu’il le regrette, sa scolarité s’est arrêtée en classe de 6ème. Fréquentant les lieux des manifestations socioculturelles, comme la MJC de Konni, Boda se rend compte que dans la plupart de cas, ce sont les artistes du Nigéria qui viennent animer ces lieux et les gens paient des tickets pour rentrer et suivre le spectacle. Cela a fait mal à M. Bassirou. « Pendant que je réfléchit pour créer un groupe, j’ai appris la création d’un groupe de danse et de chant à la Station départementale de la Radio Sarraounia de Konni. Je me suis approché d’une dame qui s’appelle Inna Mati qui m’a facilité la participation à un concours de danse. C’est ce concours qui m’a ouvert les portes de ce club de la Radio Sarraounia », a-t-il rapporté. Après quelques années les choses ne tournaient pas bien, le club s’est disloqué et chacun a pris son chemin.

Pendant ce temps, Boba a été approché par le responsable de la radio Sarraounia, à l’époque M. Daouda Kaka, qui lui a proposé un stage, qu’il accepté sans hésitation. Grâce à ce stage et avec ce qu’il gagne dans ces prestations en ville (aux mariages et autres manifestations sociopolitiques), M. Bassirou réussit à créer une boutique de vente des Cassettes. Un business qui lui a beaucoup rapporté avant de tenter une autre aventure avec un orchestre local et avec les chanteurs du Nigéria (Sani Danja et bien d’autres). « Grâce à l’art et à la culture, j’ai tout gagné. C’est dedans que je me suis marié et que j’arrive à prendre en charge ma famille, à subvenir à mes besoins et à assister certains. Mieux, ce domaine m’a ouvert les portes où j’ai fait beaucoup des connaissances au Niger et au Nigéria », a-t-il dit.

Au-delà de son succès personnel, M. Bassrou Chaibou Naroua est aussi l’artisan du succès des autres. Il a créé les conditions d’encadrement d’autres jeunes filles et garçons en danse et en chant. Plusieurs de ces jeunes sont devenus célèbres au Niger ou au Nigéria. « Ce dont je me réjouis, c’est que tous ces jeunes me sont reconnaissants », souligne M. Bassirou. Avec son groupe il a toujours œuvré dans la lutte contre certains fléaux sociaux et à la promotion des valeurs et des bonnes pratiques sociales, à travers des chansons et sketchs de sensibilisation.

 

Les Difficultés

 

Cependant Bassirou Chaibou Naroua déplore le manque de considération à l’égard des artistes au Niger, le manque d’appui et d’accompagnement, au niveau local, le manque des partenaires. En effet, si ce n’est pas pour des publicités ou de la propagande, les sociétés et les entreprises et même les personnalités n’ont pas besoin des artistes. M. Bassirou, déplore aussi, le manque d’un cadre approprié pour les artistes à Konni. « Notre maison des Jeunes et de Cultures (MJC) est dégradée. Nous avons réussi à réhabiliter un espace dans cette maison pour nous permettre de faire des répétitions. Mais c’est aussi le même espace que les sportifs (en art martiaux) utilisent pour leurs entrainements. Donc nous avions ensemble élaboré un calendrier qui nous permet de travailler tous sans se déranger les uns les autres », a indiqué M. Bassirou. Boda déplore surtout aussi, le manque du matériel de travail. « Depuis que je suis là, à ma connaissance, il n’y a eu aucun appui en matériel aux artistes de Konni. Nous avons régulièrement des annonces des visites des artistes du Nigéria, mais nous ne pouvons pas les accueillir parce que nous ne sommes pas dans les conditions de les héberger et pour des prestations. Aujourd’hui mon vœu c’est de faire connaitre le nom de mon département à travers l’art et la culture et je travaillerai pour cela », a-t-il conclu.

Ali Maman, Envoyé spécial(onep)