Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO sur la crise politique en Guinée Bissau à Niamey : Les dirigeants ouest-africains réaffirment leur soutien au Premier ministre

Politique
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Les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)  se sont réunis vendredi, 8 novembre 2019 à Niamey, sur convocation d’urgence du Président de la République, Chef de l’Etat, S.E Issoufou Mahamadou, Président  en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de cette organisation régionale.Ce sommet extraordinaire de la CEDEAO était entièrement consacré à la situation en Guinée Bissau, un pays membre de la CEDEAO plongé depuis le 28 octobre 2019 dans un imbroglio politique avec le limogeage du Premier ministre Aristides Gomes par le Président par intérim, S.E José Mario Vaz. Face au péril que pourrait engendrer cette situation politique, la CEDEAO ne peut aucunement rester les bras croisés. C’est dire que ce sommet visait essentiellement à réfléchir urgemment sur les voies et moyens de sortie de crise dans ce pays qui a déjà souffert de plusieurs soubresauts politiques de son indépendance à nos jours. Un communiqué final comprenant des décisions fermes a été adopté à l’issue de ce sommet.

 

Plusieurs Chefs d’Etat ont répondu à ce sommet extraordinaire. Il s’agit en l’occurrence des Présidents Alassane Ouattara de la Cote d’Ivoire ; Macky Sall du Sénégal ; Patrice GuillaumeTalon du Benin ; Faure Essozimna Gnassingbé du Togo ; George Manneh Weah du Liberia ; Nana Addo Dankwa Akufo-Addo du Ghana ; Julius Maada Bio de la Serra Leone ; Pr. Yemi Osinbajo, vice-président du Nigeria et DrIsiatouTouray, vice-présidente de la Gambie, les représentants de tous les pays membres ainsi que le président de la Commission de la CEDEAO, M. Jean-Claude Kassi Brou et des représentants de l’Union Africaine et l’ONU.

Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture du sommet extraordinaire de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, le président de la commission de la CEDEAO, M Jean-Claude kassi Brou a eu une pensée spéciale aux victimes ouest africaines du terrorisme, victimes auxquelles il a rendu hommage  tout en adressant les condoléances de la communauté à leurs familles. Au président de la République, président en exercice de la CEDEAO, hôte dudit sommet extraordinaire et au gouvernement du Niger, M Kassi Brou a adressé les respectueuses salutations et sa gratitude pour les dispositions prises afin d’assurer  une bonne organisation de ce sommet en un temps très court. Il a surtout salué la promptitude avec laquelle les dirigeants ouest africains ont répondu à l’invitation en prenant part à cette rencontre de haut niveau pour analyser la situation en Guinée Bissau et envisager, d’un commun accord, les voies et moyens d’aider ce pays frère à sortir de cet engrenage de crise préjudiciable non seulement aux populations guinéennes mais aussi à toute la communauté ouest africaine.

Pour M Kassi Brou, cette présence massive et prompte des chefs d’Etat et de gouvernement au rendez-vous de Niamey démontre sans doute  leur ferme volonté à prendre les dispositions nécessaires  pour mettre fin à la crise politique qui secoue  la Guinée Bissau. Elle est également la preuve de leur engagement et de leur détermination pour la paix, la stabilité et la démocratie en Guinée Bissau dans l’intérêt du peuple. Parlant de la situation, qu’il a qualifiée d’explosive en Guinée Bissau, le président de la Commission de la CEDEAO est revenu sur les efforts que déploie  l’organisation sous régionale depuis le déclenchement de la crise pour éviter un autre scénario éprouvant à ce pays. Et pour cause, lors de son 55ème sommet ordinaire du 29 juin dernier, face au vide institutionnel né de l’arrivée à terme du mandat du Président  guinéen, la communauté a pris les dispositions pour permettre la poursuite du processus jusqu’à l’élection présidentielle du 24 novembre 2019, en maintenant le président en poste, confiant la gestion des affaires courantes du pays au Premier ministre issu des législatives de mars 2019.

La CEDEAO s’est pleinement investie dans le processus électoral qu’elle souhaite faire aboutir à son terme a dit M Kassi Brou. Et c’est dans ce cadre que des missions ministérielles et techniques ont été dépêchées ayant permis d’enregistrer des progrès notables comme l’utilisation du fichier ayant servi à l’organisation des législatives, l’élaboration d’un bulletin de vote unique, la publication par la cour suprême des listes des candidats à l’élection présidentielle. « Mieux, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont décidé d’apporter une aide financière de 1,5millions USD en faveur de l’organisation de l’élection présidentielle » a dit le président de la Commission de la CEDEAO. C’est dans ce contexte et contre toute attente que le Président guinéen a décidé de limoger le Premier ministre et son  gouvernement pour le remplacer par un autre Premier ministre issu de la minorité parlementaire.  Le Président de la commission a laissé entendre que la décision du 28 octobre était aussi surprenante qu’incompréhensible parce que non seulement, elle ramenait le pays à la situation de 2015, compromettait l’élection présidentielle mais aussi « créait les conditions d’une instabilité, avec une menace sur la paix dans ce pays » a-t-il déclaré.

La situation dans laquelle la décision du président plonge le pays est inacceptable tant pour la majorité parlementaire   guinéenne que pour la CEDEAO qui s’est beaucoup investie et depuis longtemps pour restaurer la paix et la stabilité dans ce pays, a souligné M Kassi Brou. Il a déploré la volonté manifeste d’utiliser la force pour faire prévaloir des décisions controversées avec le risque d’affrontements armés pouvant aboutir à une possible intervention de la force de la CEDEAO dont on  pourrait tout à fait faire l’économie. Le président de la Commission a indiqué qu’il s’agit de tout faire « pour éviter une guerre civile tout en assurant la poursuite du processus électorale déjà entamé pour combler le vide institutionnel ». M Jean-Claude kassi Brou a indiqué qu’une issue heureuse de la crise contribuerait nécessairement à la préservation de la paix et de la stabilité dans la région.

A l’issue de ce sommet extraordinaire, les Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont dans un communiqué final envoyé un message clair aux protagonistes en Guinée Bissau tout notifiant que l’institution régionale ne saurait tolérer une action qui pourrait menacer la paix et la stabilité d’un Etat membre. Ils ont convenu du renforcement du mandat de la Force ECOMIB en Guinée Bissau et réaffirmé leur soutien au Premier ministre Aristides Gomes et son gouvernement afin de parachever le processus électoral en cours dans ce pays. Les Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont marqué leur accord par rapport au chronogramme établi par la Commission Nationale des Elections pour la tenue le 24 Novembre 2019 du scrutin présidentiel.

Du reste, le président de la République, SE. Issoufou Mahamadou, président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement avait dans son discours d’ouverture du Sommet, souligné clairement que la Cedeao ne peut tolérer, pour quelque raison que ce soit, ladéstabilisation d’un État membre.

 

Lire, en pages 7, 10 et 11, l’intégralité des discours prononcés par SE. Issoufou Mahamadou, à l’ouverture et à la clôture du Sommet ainsi que le Communiqué final ayant sanctionné les travaux du Sommet.

 Hassane Daouda et Zabeirou Moussa (onep)