Excursion de partage d’expériences sur le chantier de construction du pont de Farié ou Pont Djibo Bakary : Une démarche pédagogique novatrice du Projet Multinational de la Route Transsaharienne (PMRTS)

Société
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Le samedi 30 novembre 2019, le Projet Multinational de la Route Transsaharienne (PMRTS) a organisé une excursion sur le chantier de construction du pont de Farié ou Pont Djibo Bakary. Une démarche pédagogique et novatrice qui vise essentiellement un partage d’expériences entre les professionnels des travaux publics, les écoles de formation d’ingénieurs civils et plusieurs acteurs concernés ou intéressés par les grands travaux. « C’est un grand projet qui est en train de se réaliser. Nous avons voulu inviter les différents acteurs pour assister à une étape importante du projet qui est le lancement des poutres. C’est dire que le projet est suffisamment en avance », a confié, a cette occasion, le Directeur général des Grands Travaux (DGGT) au ministère de l’Equipement M. Aliou Amine.

Pour ce faire, une centaine de personnes composée des cadres de génie civil des ministères et administration publique, des professionnels des BTP issus des entreprises publiques et privées du secteurs des TP, des bureaux d’études et des étudiants des grandes écoles (comme l’EMIG et le CET ASNI) ont effectué le déplacement de Farié à une soixantaine de kilomètres sur la route de Téra. Une journée durant, les participants ont eu droit à des visites guidées sur le chantier, des séances d’échanges avec les responsables de projet PMRTS ; les techniciens du chantier (entreprises et bureaux d’étude) et ont même assisté à l’exécution de certaines tâches complexes comme la pause des travées du pont.

A leur arrivée sur le site, les participants qui étaient conduits par le Coordonnateur national du PMRTS M. Ibrahim Tamou ont été accueillis sur la rive gauche du fleuve par le Directeur général des grands travaux (DGGT) au ministère de l’Equipement M. Aliou Amine et ses proches collaborateurs. Sur place, les participants ont eu les premières explications sur le chantier. La délégation a ensuite embarqué à bord du Bac Farié pour rejoindre la base vie de l’entreprise en charge des travaux située sur la rive droite du fleuve.

 

Le Pont Farié, un ouvrage stratégique pour relier la RTS au réseau de la CEDEAO

Au niveau de la base vie, le Coordonnateur national du PMRTS a fait une présentation sur ledit projet. D’après M. Ibrahim Tamou, le PMRTS concerne six pays à savoir l’Algérie, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Tchad et la Tunisie. « Le projet porte essentiellement sur l’aménagement et le bitumage des tronçons de routes constituant les chainons manquants de l’axe principal de la RTS et la construction d’un pont de 640 mètres sur le fleuve à Farié », explique le Coordonnateur national du PMRTS. Ce pont est donc un ouvrage stratégique pour relier plus facilement la RTS au réseau routier de la CEDEAO. Il aura pour impact la diminution des coûts généralisés du transport sur le corridor ; la réduction du temps de passage à la frontière ; l’amélioration des conditions de vie des populations de la zone d’influence du projet à travers la facilitation de l’accès aux services et infrastructures économiques de base.

 

Les effets sociaux économiques du projet

D’après le Coordonnateur national du PMRTS qui cite une étude de l’INS, 87,5% des habitants de la région classent le pont Farié comme étant prioritaire par rapport aux autres besoins de développement. Mais, déjà dans l’immédiat, un certain nombre d’infrastructures sont réalisées dans le cadre du chantier. Il s’agit entre autres, de la réalisation achevée de 4 forages sur 14 prévus, la construction de 2 blocs de 4 classes, des latrines, une adduction d’eau potable et une clôture à l’école de Farié (déjà achevée), 2 blocs de 4 classes, des latrines et un forage équipé de pompe solaire et une clôture à l’école Medersa de Farié (en cours), un marché à Farié, la clôture du cimetière de Farié ; la réalisation prévue des quais d’embarquement et de débarquement du bétail ; l’installations de 160 candélabres d’éclairage public à énergie solaire. Aussi, le projet a construit quatre (4) villas, une case de passage et deux bureaux équipés à Gothèye, chef lieu de département.

 

Consistance du chantier

Financés par la Banque Africaine de Développement à hauteur de 11.776.965.410 FCFA pour les travaux et 1.167.300.000 FCFA pour les prestations de contrôle, les travaux de construction du pont Djibo Bakary doivent durer 46 mois pour les travaux et 47 mois pour les prestations de contrôle. Ces travaux sont exécutés par la société chinoise China Geo Engineering Corporation Int (CGCINT) et le contrôle par le Groupement GERMS Consulting/DIWI Germany.

Il s’agit d’un pont à poutres préfabriquées précontraintes par poste-tension (VIPP) de 640 m de long et à 16 travées de 40 m chacune. Il est doté d’un tablier de 12,50 m de largeur avec 2 voies de 3,5m et de 2 trottoirs de 2,00m de largeur.  Le pont repose sur 64 poutres préfabriquées en béton précontraints, 15 piles composées chacune d’un chevêtre sur 3 colonnes de 1,6m de diamètre fondées sur une semelle qui repose sur 6 pieux de 1 m de diamètre et de 20 à 26 m de longueur et enfin 2 culées s’appuyant sur une semelle qui repose sur 8 pieux de 1 m de diamètre et de 20 m de longueur.

Pour les travaux routiers, ils comprennent 2 voies d’accès de 2,871 km de longueur totale reliant le pont à la RN1 (côté rive gauche) et à la RN4 (rive droite) à travers des carrefours giratoires, une purge et substitution du mauvais sol sur une longueur de 400 m au niveau de la rive droite et la construction de 3 ouvrages d’équilibres ( dalots 4×4).

 

A la date du 27 novembre 2019, le taux global d’avancement du chantier est de 60,52%.

Au cours des échanges, le représentant du bureau de contrôle a expliqué les différentes étapes des travaux, les contraintes auxquelles ils ont fait face ainsi que les solutions apportées. Il est clair que la construction d’un pont en milieu aquatique est un défi. En effet, il est fait usage des techniques rares qui ne sont toujours familiarises ici. C’est du reste pourquoi, le PMRTS  a organisé cette visite pour partager les expériences. « Les entreprises en charge des travaux et du contrôle utilisent des techniques rares et disposent des compétences poussées. C’est pourquoi nous avons voulu que les professionnels et les étudiants nigériens viennent découvrir ces techniques et échanger avec les techniciens sur le terrain pour capitaliser les connaissances. Il ne sert à rien de garder tout pour les seuls acteurs du chantier. Il faut que nos cadres profitent de cette expérience », explique M. Mounkaila Dan Gayi de l’Unité de gestion du projet.

 

Des appréciations positives de la part des participants

Pour M. Djibo Maidawa, ingénieur civil, Directeur général du Bureau d’études et Laboratoire de génie civil BELT, cette visite est d’une grande importance. « En général, parmi les ingénieurs nigériens beaucoup n’ont pas toujours eu la chance de visiter un pont d’une telle envergure en construction. Grâce à cette initiative, ils découvrent ainsi la mise en pratique des techniques apprises à l’école, les difficultés rencontrées par ce genre de chantier. Cette visite est pour nous un véritable cadre d’échange et de partage d’expériences », a-t-il confié.

Pour M. Chaibou Adamou de la Direction du Génie rural au ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, les autres ministères à commencer par le sien, doivent suivre cet exemple du PMRTS et du ministère de l’Equipement. « Il ya beaucoup de grands projets qui sont en cours au niveau de notre Ministère : Kandadji, périmètre irrigué de Konni, Ouna Konza, etc. J’ai eu un très grand intérêt dans ces échanges. J’ai réalisé qu’il est nécessaire de communiquer sur ce genre de grands chantiers pour permettre l’opinion nationale et aux populations d’être informées sur ce qui passe au Niger. Nous avons de très grands travaux au Niger, mais par manque de communication, les populations ne sont pas parfois au courant. C’est en cela que cette visite est une très bonne initiative. Nous allons voir avec les projets qui sont à notre charge comment organiser ce genre de visite », a déclaré Chaibou Adamou.

« J’ai été impressionné par les travaux qui se font sur ce chantier. Cette visite m’a permis de connaître les défis et les difficultés auxquels les techniciens font face sur ce genre de chantier. Je pense que cette visite m’a donné plus de motivation pour le métier d’ingénieur que j’ai choisi », confie pour sa part Souley Bako Boubacar, étudiant en Master 2, Génie civil à CET ASNI.

 

Siradji Sanda(onep)