Spectacles sons et lumières au niveau des espaces publics

Dossier
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C’est à partir de minuit (00h00mn) que les festivités du 31 décembre ont commencé pour certains ! C’est le moment idéal de show, pour les fêtards qui célèbrent l’annonce de la nouvelle année (2020). Dans les rues du centre ville de la capitale Niamey, c’est la pagaille et l’ambiance un peu partout. Des cortèges de motos et des véhicules avec des Klaxons et des bruits (sons de pétard) pour accueillir 2020. Au niveau de tous les grands ronds points de Niamey et les espaces publics, c’est l’ambiance totale.

Les 30 premières minutes de la première heure de la nouvelle année sont caractérisées par un immense jeu d’artifice qui éclaire la ville. Au niveau de la place Anoutab, nous avons rencontré un groupe de jeunes qui se sont distingués des autres. Ces jeunes ont étoilé l’espace public avec un feu d’artifice. Toute l’attention des noctambules est braquée sur eux. Ils sont au bord des voitures luxueuses et des grosses motos avec lesquelles ils font des drifts, des cascades et autres jeux dangereux comme dans un film américain. Le chef de ce groupe de jeunes M. Salmane Daouni Samayila, entouré par des jeunes filles très sexy, explique le sentiment qui l’anime en cette première heure de l’année. « Je suis très heureux de sortir aujourd’hui avec mes amis. Nous avons choisi de sortir pour faire le tour du centre ville. Ici, il y a l’ambiance qu’il faut pour pouvoir nous réjouir et nous éclater. Nous avons bien profité avec les dernières heures de l’année 2019 et nous nommes en train de débuter l’an dans la joie », a dit ce jeune fêtard. Par ailleurs, M. Salmane Daouni Samayila a décrit l’itinéraire que leur cortège (plusieurs motos et véhicules) a suivi pour accueillir l’an 2020. « Notre point de départ, c’était au niveau de l’échangeur Mali Béro où nous avons commencé a cassé les oreilles des gens avec nos pétards en passant par le rond point ENA, puis le rond point liberté. Après, nous nous sommes rendus au rond point Maourey pour prendre la somptueuse et fluide voie qui mène vers le rond point justice en passant ensuite par l’échangeur des martyrs pour venir à notre point de chute au niveau de la place Anoutab. Et nous allons poursuivre pour voir les autres coins chauds de Niamey », a expliqué M. Salmane Daouni Samayila.

Notons que l’ambiance a été éphémère dans plusieurs espaces récréatifs. Peu après, une pagaille accompagnée des bruits des pétards, les clacksons et des ronflements des moteurs, les fêtards ont déserté les espaces publics.

De manière assez ambivalente, la fête s’est bien déroulée dans toute la capitale  Niamey. Cependant, elle reste toujours ordinaire voire même morose dans certains quartiers de la ville. Moustine Haroune et ses amis ont préféré débuter l’an à leur Fada habituelle au quartier Cité Fayçal en toute modestie, autour d’une table bien garnie de bouteilles de champagnes, deux appareils de narguilé (chicha), des brochettes, des amuse-gueules, etc. «D’une manière ou d’une autre, nous avons bien fêté comme ceux qui sont partis dans les grandes boites de nuit. Nous célébrons cette joie à notre fada en toute modestie. Ce n’est pas tout le monde qui a vu ce jour, donc nous allons profiter de cette occasion pour partager ce moment ».

L’artiste slameur Gnallingo partage le même point de vue avec ceux qui pensent que ces dernières années, la population accorde peu d’importance à la fête de fin d’année. Selon Gnallingo, la fête de cette année est le pire des 31 décembre de toute sa vie. Il a déploré le manque de volonté manifeste des jeunes qui n’ont pas envahi tous les lieux de distraction et de réjouissances. «Avant de partir en boîte, dit-t-il, j’ai assuré la sonorisation d’un concert qui n’a pas du tout marché. Ce travail m’a beaucoup fatigué. A mon arrivée encore dans une de mes boîtes de nuit préférée, je trouve qu’il n’y avait pas assez de mobilisation. Les gens sont restés à la maison. Je pense que, quelque part, c’est parce que la police a eu à effectuer des rafles durant toute la semaine du 31. Il y a aussi la recrudescence du manque de moyens. C’est la pauvreté qui bloque les jeunes, les jeunes n’ont rien. Et la propagande de l’opinion religieuse qui est restée à l’offensive durant cette période a aussi contribué à casser le mouvement », estime Gnallingo le slameur.

Hormis les espaces publics qui constituent les lieux de prédilection pour les jeunes, certains s’invitent entre parents et amis pour organiser des minis réveillons dans leurs maisons. « C’est une façon pour nous de ne pas passer la fête sous silence », a dit Salifou Adamou qui a invité une cinquantaine d’amis chez lui pour cette occasion.  Néanmoins, Salifou Adamou précise que la plupart de ses invités finissent la fête dans les boites de nuit de Niamey.

 Abdoul-Aziz Ibrahim Souley(onep)