Ousman Mahamadou Nabourkou, Directeur Général de l’Ecole des Mines, de l’Industrie et de la Géologie (EMIG) de Niamey : «L’EMIG accueille des étudiants de plus de quinze (15) pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre»

Invite de sahel dimanche
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L’Ecole des Mines, de l’Industrie et de la Géologie (EMIG) est, dans la sous-région, l’un des fleurons de l’enseignement supérieur dans les domaines des mines et de l’industrie : veuillez nous présenter cette Ecole.

L’Ecole des Mines, de l’Industrie et de la Géologie (EMIG) fut un établissement spécialisé de l’ex-Communauté Economique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO) doté de la personnalité morale, de l’autonomie financière et administrative. L’origine du projet EMIG remonte à la Résolution N° 22/78/CE, prise lors de la 4ème Conférence des Chefs d’Etats de la CEAO qui a eu lieu à Bamako le 27 octobre 1978, et en 1982, tenant compte des conditions de pertinence de site et de répartition géographique, Niamey a été choisi comme siège de cette Institution.

L’EMIG est un complexe immobilier de 25.108 m2 de bâtiments sur un terrain de 20 hectares, comprenant une zone « enseignement » (13.000 m2) abritant les halles industrielles, les laboratoires, les amphithéâtres, les salles de classe, l’administration et une zone « vie » (9.000 m2) dotée d’une cité, d’un restaurant, d’installations récréatives et sportives, et d’une infirmerie (3.108 m2). Les investissements se sont élevés à environ 13.000.000.000 F CFA, avant dévaluation.

Créée le 13 Septembre 1982 sous l’égide de la CEAO, en exécution des résolutions N°22/78/Ce du 27 Octobre 1978, l’EMIG fut initialement conçue comme une école régionale d’une capacité annuelle de 30 ingénieurs et de 70 techniciens supérieurs devant être financée par les différents Etats membres et les partenaires. Les principaux bailleurs de fonds pour la mise en œuvre de ce projet ont été : la Banque Africaine de Développement (BAD), le Fonds d’Aide et de Coopération (FAC), le Fonds Européen de Développement (FED), la Coopération Technique Allemande (GTZ), et la Communauté Economique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO).

Après sa première rentrée académique en janvier 1990, l’EMIG s’est trouvée confrontée à des difficultés matérielles de fonctionnement dues à une grave crise de croissance de la CEAO ayant finalement abouti à la dissolution de cette institution régionale en mars 1994. L’EMIG est alors rétrocédée au Niger en juillet 1995.

Au bout de vingt-cinq (25) ans, l’EMIG a atteint plus de 100 % de sa capacité d’accueil : 370 sur 300 élèves prévus (toutes nationalités confondues) encadrés par trente-deux enseignants permanents, soixante-dix enseignants vacataires issus du monde industriel, universitaire et de l’Administration et quarante-huit agents du corps du Personnel Administratif et Technique (PAT).

L’EMIG est placée sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, après plusieurs années sous la tutelle du Ministère des Mines et de l’Energie (Loi n° 2008-35 du 10 juillet 2008). Elle a un statut d’Etablissement Public à Caractère Scientifique, Culturel et Technique (EPSCT) (Loi n° 2004-19 du 16 mai 2004). Elle est dotée de la personnalité morale et de l’autonomie académique, administrative et financière.

Quelles sont les filières de formation qu’offre l’Ecole et qui peut y accéder ?

L’EMIG) a pour mission de former des Ingénieurs (Master) et des Techniciens Supérieurs (Licence) en formation initiale, d’assurer la formation continue et le perfectionnement des cadres en activité, et de développer et pérenniser la recherche-action dans le domaine des sciences de l’ingénieur et de réaliser des prestations de service. L’EMIG assure également des consultations, conseils et expertises dans les secteurs des Sciences de la Terre, Industriels, Géologiques, Electriques, Mécaniques, Informatiques, Génie Civil, Eau et de l’Environnement. Les formations à l’EMIG concernent l’ensemble des domaines des sciences et technologies de l’industrie et des sciences de la terre.

Les sciences et technologies de l’industrie regroupent les filières suivantes : Génie Electrique qui comprend les options : Electrotechnique ; Automatisme et Informatique Industrielle ; Energies Renouvelables ; Electronique et Systèmes Embarqués ; Génie Mécanique qui est constitué des options : Electromécanique ; Maintenance Industrielle ; Mécanique Engins TP ; Construction Métallique ; Génie Informatique qui est composé des options : Génie Logiciel ; Sécurité et Qualité des Réseaux ; Informatique Industrielle ; Réseaux et Télécommunication. Les sciences de la terre regroupent les filières : Génie Civil qui comprend les options : Bâtiment ; Voies et Ouvrages d’Art ; Ouvrages Hydrauliques ; Géologie qui comprend les options : Prospection ; Géotechnique ; Génie Minier et Environnement qui comprend les options : Minéralurgie Environnement ; Mine Environnement ; Science de l’Eau qui comprend les options : Eau Environnement ; Eau et Assainissement.

L’accent est mis sur la formation pratique afin de faciliter l’insertion des diplômés dans la vie active. Les programmes veillent à avoir la meilleure adéquation avec le marché du travail. Les élèves sont recrutés sur concours parmi les titulaires d’un baccalauréat scientifique ou technique, pour un cycle de trois (3) ans conduisant à un Diplôme de Technicien Supérieur (DTS) (ou Licence). Pour la formation qui conduit au diplôme d’ingénieur de conception (Bac + 5 ans), les élèves sont recrutés sur concours parmi les titulaires soit d’un DUES du premier cycle des universités, soit d’un DUT, d’un BTS, d’une licence ès sciences, ou d’un diplôme équivalent.

Nous venons d’ouvrir à la rentrée 2019-2020 deux (2) options BTS ; Electrotechnique et Génie Civil Bâtiment sur six (6) prévues. Notons que la mise en place de ses six (6) BTS (Maintenance Industrielle, Conception des Produits Industriels, Electrotechnique, Energies Renouvelables Photovoltaïque, Génie Civil et Logistique) a été soutenue par le Projet d’Appui à la Formation des Ressources Industrielles et de BTP (PAFRI/BTP). Pour les BTS, le recrutement se fait pour le moment sur étude du dossier.

 

La formation dans une telle Ecole exige des moyens importants en machines et manuels didactiques de pointe : qu’en est-il en réalité ?

Les six (6) départements qui constituent les unités d’enseignement de l’EMIG, disposent d’une vingtaine de laboratoires techniques et de langue, d’une halle de traitements des minerais qui est une véritable usine pilote, d’une halle de mécanique générale, et de mécanique automobile, de plusieurs salles de cours, des salles spécialisées. L’EMIG est également dotée d’une bibliothèque, d’une salle audio-visuelle et de reprographie. De plus, l’EMIG est le seul établissement de l’enseignement supérieur de la sous-région doté des infrastructures dédiées aux métiers des mines. Mais les équipements ont pris de l’âge et tendent vers l’obsolescence donc, leur renouvellement s’impose.

Nous ne pouvons résoudre ce problème sans le soutien de l’Etat malgré les projets CEA Impact et PAFRI/BTP, même s’il est prévu l’acquisition d’équipements et matériels à la pointe de la technologie Ce qui nous permettra non seulement de faire de l’enseignement de qualité en adéquation avec le monde industriel, d’effectuer des travaux de recherche et de réaliser de nouvelles expertises pour les entreprises et les sociétés du secteur.

 

Le corps professoral et le personnel administratif et technique accuseraient-ils des arriérés de salaires : qu’est-ce qui explique une telle situation et comment la régler ?

Le personnel enseignant et le personnel administratif et technique n’accusent pas d’arriérés de salaire à l’heure actuelle. Par contre, les arriérés au niveau des droits statutaires (frais médicaux, frais de soutenance et de cours complémentaires) restent à être payer.

 

Cette Ecole, qui était la propriété de plusieurs Etats de la sous-région (Ex CEAO), avait été rétrocédée au Niger : quel impact cela a-t-il eu ou a-t-il encore sur la vie de l’Ecole ?

Rappelons une fois de plus que l’Ecole des Mines, de l’Industrie et de la Géologie (EMIG) fut un établissement spécialisé de l’ex-Communauté Economique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO) qui regroupait sept (7) Etats membres créée pour répondre de manière durable aux besoins de ces Etats et des sociétés minières dans les domaines des mines, de l’industrie et de la géologie. Aujourd’hui, malgré son statut d’établissement public, l’EMIG accueille des étudiants de plus de quinze (15) pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

L’un des atouts favorables à l’attrait des étudiants étrangers du centre est sans nul doute son régime d’internat sur un site de vingt (20) hectares abritant un campus universitaire et des infrastructures sportives et de loisirs et la qualité de la formation.

L’EMIG vient par ailleurs d’être sélectionnée comme Centre Emergent en Environnement Minier (CEA_EM-EMIG) dans le cadre du Projet Centre d’Excellence en Afrique (CEA Impact) de la Banque Mondiale. L’avènement d’un tel Centre constitue une nouvelle opportunité pour poursuivre cette mission intégrant le contexte d’expansion de nouvelles entreprises minières et l’engagement des Etats à faire face aux exigences environnementales. De plus, ce Centre CEA_EM permet de satisfaire la demande en cadres qualifiés pour la restauration et la réhabilitation des sites miniers aussi bien pour les Etats que les entreprises, qui reste et demeurera forte les décennies à venir. Donc, la conjugaison de ces atouts et l’apport du projet CEA Impact de la Banque Mondiale seront favorables au rehaussement et au maintien des inscriptions étrangères et à la durabilité de l’action.

 

Quels rapports l’EMIG entretient avec l’EMAÏR d’Agadez ?

L’EMIG n’a pratiquement pas de convention de partenariat avec l’EMAÏR, mais il faut noter que l’EMIG a accueilli et formé des élèves diplômés de l’EMAÏR.

 

L’EMIG a-t-elle des institutions partenaires hors du Niger ? Si oui, quel bénéfice en tire-t-elle ?

L’EMIG entretient des relations aussi bien avec les partenaires pédagogiques nationaux, régionaux et internationaux que des partenaires sectoriels avec lesquels elle partage les mêmes thématiques à travers des conventions-cadres de partenariat.

Les actions de partenariat peuvent être résumées comme suit : Echanges d’experts pour des missions de formation en vue de donner une formation de qualité ; Elaboration des programmes de formation, de recherche, encadrement des étudiants et expertises scientifiques conjointes ; Mobilité d’enseignants et d’étudiants pour le partage d’expériences ; Echange d’informations et de documentations scientifiques et techniques ; Organisation de séminaires, colloques et conférences ; Développement de publications conjointes ou de toute autre action de valorisation de la recherche ; Mutualisation des laboratoires ; Réponse conjointe à des appels d’offres nationaux ou internationaux. Les relations avec les partenaires sectoriels (industries, sociétés) s’inscrivent généralement dans le cadre des activités traditionnelles.

Ces sociétés ont toujours accompagné l’EMIG dans l’accueil, l’hébergement, l’encadrement et la prise en charge de nos stagiaires. En outre, elles ont joué un rôle important dans l’insertion professionnelle des jeunes diplômés de l’EMIG et la mise à jour des curricula. Enfin, en confiant à l’EMIG des études appliquées en rapport avec leurs activités et aux défis environnementaux, ces sociétés contribuent de façon indirecte au financement de l’institution.

 

Réalisée par Sani Soulé Manzo(onep)