Société de Gestion et d’Exploitation du marché de Maradi (SOGEMMI-SA) : Des stratégies nouvelles pour un bon fonctionnement du marché

Dossier
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Pour un non habitué des lieux, visiter le marché  central de Maradi relève d’une certaine gageure, tant le marché est grand, ses ruelles vastes et ses quartiers nombreux. Ce qui est à saluer en matière de sécurité. Sauf que pour le moment, ce sont les motos et autres ‘’Adaidaita’’ (taxis moto très nombreux à Maradi) qui y circulent aisément. Difficile pour un piéton de  faire aisément du shoping à certains endroits du marché. Sa tranquillité est régulièrement perturbée par les klaxons des Adaidaita qui surgissent de n’importe où et à n’importe quel moment. A moins de s’engouffrer dans les boutiques pour faire ses achats, il est difficile de respecter la loi en vigueur dans tous les marchés : marchander et acheter dans la quiétude. Mais comme les taxis motos sont à la solde des clients, il est facile de conclure que chacun trouve son compte au marché central de Maradi qui, malgré la fermeture de la frontière d’avec le Nigéria, regorge de toutes sortes de produits.

Diversité des produits, diversité également des  infrastructures au nombre de 1492 au marché  central de Maradi. Ces infrastructures sont  reparties entre les quatre  zones dont dispose le marché. Ainsi la ZONE I  compte au total 638 infrastructures ; la ZONE II comprend 239 ; la  ZONE III : 439 et la ZONE IV totalise 176 infrastructures.  A cela s’ajoutent 640 Hangars, 99 Places (Kiosques), 49 Places, 36 Astérix et 50 Blocs rénovés, soit  au total 2366 infrastructures.

Malheureusement, certaines de ces infrastructures restent aujourd’hui encore  fermées, par manque d’occupants. « Au 31 décembre 2019, le taux d’occupation est de 72% malgré la crise économique de la région du fait de la fermeture des frontières avec le pays voisin, le Nigeria », selon M. Laminou Sadda Gonda, Directeur général de la SOGEMMI. Il rappelle que « la SOGEMMI-SA a débuté les opérations d’attribution des infrastructures en Août 2015 de façon progressive, graduelle et itérative ».

« De 2017 jusqu’en 2018, la SOGEMMI-SA se portait mal avec un faible taux de remplissage (35% en 2018) et d’animation ainsi qu’une faible capacité de recouvrement des frais de location des infrastructures », affirme M. Laminou Sadda Gonda. Au regard de toutes ces anomalies, a-t-il ajouté, « la création d’un comité de gestion de 14 membres a été décidée pour assurer la gestion de crise. Ce comité placé sous l’autorité du Président du Conseil d’Administration vise à éviter à la SOGEMMI-SA de sombrer dans une situation de recapitalisation ou de faillite prématurée ». C’est dans cet élan que le 1er janvier 2019, l’actuel  Directeur Général a pris fonction dans la perspective du redressement et de la continuation de  l’excellent travail du comité de gestion.

Le marché central de Maradi est donc géré par la SOGEMMI-SA (Société de Gestion et d’exploitation du marché central de Maradi). Créée en juin 2015, la SOGEMMI est une société anonyme au Capital Social de Un Milliard Deux Cent Millions (1 200 000 000) FCFA et a son siège  à Maradi.

Selon M. Laminou Sadda Gonda, au plan institutionnel, la SOGEMMI-SA est sous la tutelle technique du Ministère en charge du commerce et de la promotion du secteur privé. « Au plan juridique, l’organisation et le fonctionnement de la SOGEMMI-SA obéissent aux normes édictées par, entre autres, la législation du travail nigérienne notamment les dispositions de la loi n°2012-045 du 25 septembre2012 portant code du travail de la République du Niger, la partie réglementaire dudit code, la convention collective interprofessionnelle du 15 décembre 1972, le code fiscal nigérien ainsi que le système OHADA».

Avec un effectif de 13 agents toutes catégories confondues, la SOGEMMI-SA est administrée par un Conseil d’Administration composé de Sept (7) membres dont un (1) représentant de l’Etat du Niger, deux (2) représentants de la Ville de Maradi, un (1) de la chambre du commerce et trois (3) représentants des opérateurs économiques de Maradi. Ces membres sont repartis selon ses explications dans quatre (4) grandes catégories d’actionnaires. La Catégorie A dans laquelle se retrouve l’Etat du Niger qui a six mille (6000) actions, représente 05% du Capital social ; la Catégorie B constituée par la Ville de Maradi avec quarante-deux mille (42.000) actions, représente 35% du Capital social ; la Catégorie C composée de la Chambre de commerce et d’Industrie du Niger, avec douze mille (12 000) actions, représente 10% du Capital social et enfin la Catégorie D constituée des opérateurs économiques de la ville de Maradi et qui détiennent  Soixante mille (60 000) actions représente 50% du Capital social. « Une Assemblée Générale composée de 91 actionnaires constitue l’instance suprême d’orientation, de directive et de contrôle du fonctionnement de la SOGEMMI-SA», précise le Directeur général.

Laminou Sadda Gonda affirme qu’aujourd’hui, les activités de la SOGEMMI-SA évoluent dans le bon sens et la résolution de tous les problèmes (faible taux de remplissage et d’animation du marché, et problème de recouvrement des frais de location des infrastructures du marché, etc.) continue son bon chemin.

C’est également dans cet esprit que plusieurs services d’appui sont à l’œuvre  pour le bon fonctionnement du marché. II s’agit principalement du Commissariat spécial du marché central, du groupement des sapeurs-pompiers, de la société privée de sécurité -gardiennage (SOGES) et d’une Entreprise privée spécialisée dans le domaine de l’hygiène et Assainissement (Balarabé/Assainissement).

En ce qui concerne le volet sécurité, M. Laminou Sadda Gonda a expliqué que « les activités liées à ‘’la sécurité’’ du grand marché tournent autour des opérations de surveillance, de contrôle et d’assistance exercées par le commissariat spécial du grand marché et une Agence de sécurité privée. Plus précisément, les activités se résument au  contrôle d’accès et des sorties du marché ; à la protection des personnes et de leurs biens contre les vols et d’autres actes de vandalisme. « Pour cela, ils effectuent des rondes nocturnes et journalières internes et externes du marché. Ils surveillent le marché à travers un service permanent de sécurité au niveau de huit (8) grands portails du marché », affirme le DG de la SOGEMMI.

Par rapport à la sécurité- incendie, un concours périodique du groupement des Sapeurs-Pompiers est exercé régulièrement afin de contrôler les états des dispositifs sécuritaires installés dans le marché. «Cependant, vu l’engouement qui se crée au fur et à mesure dans le marché, nous souhaitons avoir un service permanent du groupement des Sapeurs-Pompiers dans le marché afin de mieux gérer non seulement les activités qui sont les leurs mais aussi de renforcer la sécurité dans le marché », ajoute M. Laminou Sadda Gonda.

S’agissant du volet Hygiène et Assainissement, le Directeur général de la SOGEMMI explique que les activités liées  sont assurées par une entreprise privée à travers un contrat de prestation qui les oblige à envoyer chaque matin à partir de 06h00 une équipe de vingt-trois (23) agents pour balayer l’intérieur du marché et à partir de 18h00 pour balayer l’extérieur du marché. Il joute à tout cela le nettoyage mensuel des bâtiments  et les curages des égouts en cas de  besoin.

Selon toujours M. Laminou Sadda Gonda, une autre activité liée à l’hygiène dans le marché est exercée par quatre (4) sourds recrutés par la SOGEMMI-SA pour  lutter contre ‘’l’urine et la défécation à l’air libre’’ dans les couloirs inoccupés du marché. « Ces sourds exercent une activité très appréciée par les commerçants. Un carnet d’amende de 500 F est mis à leur disposition au profit de la caisse de la SOGEMMI-SA pour la couverture de leur rémunération mensuelle », précise le  DG de la SOGEMMI. Dans l’optique de mieux sécuriser les biens des commerçants du grand marché, la société a souscrit une première fois à une Police d’Assurance auprès d’une Compagnie d’assurance. « Afin de mieux minimiser les risques dans le marché, la SOGEMMI-SA compte poursuivre cette souscription à la police d’Assurance pour les années à venir », a-t-il affirmé.

 

Par Fatouma Idé, Envoyée Spéciale(onep)