Interview de M. Harouna Ousmane, président de la Fédération Nigérienne des sports paralympique (FENISPHA) : «Le FENISPHA plaide pour la mise en place du Comité Paralympique au Niger »

Sport
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La pratique de sport suscite de plus en plus de l’engouement chez les personnes en situation de handicap au Niger. En effet, le Comité International Paralympique est l’instance faitière en matière de pratique de sport pour personne en situation de handicap. En attendant l’installation du Comité National paralympique, la FENISPHA continue à faire office dudit comité.

Notons que des hommes et des femmes en situation de handicap qui sont fortement mobilisés, s’activent d’avantage afin de mettre en place le Comité International Paralympique au Niger.

 

le président, quelle est la situation de votre fédération qui fait office du Comité International Paralympique au Niger ?

Notre fédération du paralympique comme son nom l’indique, a entre autres missions la vulgarisation et la promotion de  la pratique du sport chez les personnes en situation de handicap. Nous travaillons avec quatre  catégories de handicaps à savoir, le handicap physique, le handicap visuel, le handicap auditif et le handicap intellectuel. Toutes ces catégories de handicaps sont dotées d’une discipline sportive spécifique, participent aux compétitions régionales et internationales, et aux Jeux Paralympiques pour le rayonnement des sports paralympiques au Niger. C’est pour dire que la pratique de sport est un facteur d’intégration pour les personnes en situation de handicap. Précisons que les personnes en situation de handicap, oublient souvent à travers le sport, leurs handicaps. Elles peuvent aussi compter sur leurs efforts individuels en vue d’améliorer leurs conditions de vie.

La pratique de sport au Niger à travers cette Fédération a commencé depuis le 30 octobre 1999 qui est la date de création de ladite  Fédération. Et à partir de 2016, notre fédération fait office du Comité National Paralympique Niger en attendant l’aboutissement du processus qui est lancé pour la mise en place du Comité National Paralympique au Niger. Vous savez au Niger, les gens connaissent seulement le COSNI (Comité Olympique Sportif National du Niger), mais pour les personnes handicapées le mouvement sportif qui est en charge de leur sport, c’est le mouvement paralympique. C’est à ce titre que le Comité International Paralympique dont le siège est en Allemagne souhaiterait que tous les pays mettent en place leur comité paralympique, et c’est pour cela qu’au Niger de 2018 à ce jour, un processus de notre comité est engagé. A l’heure actuelle, nous avons 32 ligues du sport paralympique qui ont été mises en place sur toute l’étendue du territoire national,  selon les quatre catégories de handicap. Nous venons d’accueillr dans notre rang une nouvelle fédération de sport pour aveugle et mal voyant (FENISAM) qui a été créée récemment le 20 aout 2019. Et pour ce qui est des autres fédérations concernant les handicapés physiques les sourds et malentendants etc. ces fédérations vont bientôt voir le jour. C’est le défi que nous nous sommes lancés d’ici la fin 2020. Al’issue de la mise en place de ces 4 Fédérations, nous allons procéder officiellement à la mise en place du Comité National Paralympique du Niger en attendant bien sûr la création d’autres types de fédérations telle que la fédération des personnes de petite taille, des personnes albinos, etc.

 

Pouvez-vous nous dire davantage, les relations qui existent entre votre structure, le Comité Olympique Sportif National du Niger et les autres fédérations sportives ?

Nous avons des très bonnes relations avec le COSNI  qui nous a toujours orienté et appuyé dans le cadre de nos activités. Le COSNI sera heureux de voir le nouveau Comité paralympique naitre au Niger pour contribuer à la promotion de sports des personnes en situation de handicap. Nous allons travailler ensemble pour le développement du sport au Niger.

 

Quels sont les défis majeurs auxquels le handisport fait face au Niger, quand on sait que le Comité National Paralympique n’est pas véritablement installé ?  

Quand le Comité National Paralympique verra le jour, alors notre premier défi consistera à disposer de notre propre siège. Présentement en tant que Fédération faisant office de Comité paralympique, nous sommes au Palais du 29 Juillet et nous louons. Une situation peu reluisante. Vraiment notre premier défi c’est de trouver un terrain. Et nous souhaitons que l’Etat du Niger qui dispose d’un vaste patrimoine nous dote d’un siège.

Ensuite, il faut que nous disposions d’une administration beaucoup plus dynamique pour défendre la cause du hanisport au Niger

 

Pour ce qui est du troisième défi, il vise à mobiliser des ressources financières adéquates à travers le renforcement des partenariats. Le sport pour les personnes handicapées n’est pas  bien connu des partenaires au développement. Il important pour nous de continuer à sensibiliser les partenaires pour qu’ils  puissent connaitre ce sport et le soutenir.

Nous envisageons de poursuivre notre participation aux compétions continentales et internationales du fait que de 2004 à ce jour, nous avons participé à quatre jeux paralympiques qui se sont tenus après les Jeux Olympiques. Nous étions en 2004 à Athènes, en 2008 à Pékin en Chine, en 2012 nous étions à Londres en Grande Bretagne, et en 2016 nous étions à Rio de Janeiro au Brésil.

 

Les personnes en situation de handicap s’intéressent de plus en plus aux sports, alors quelles sont les différentes disciplines sportives qui sont pratiquées par ces dernières ?

Nous pratiquons plusieurs sports. Pour ce qui est du sport des handicapés physiques, nous avons le basket sur les chaises roulantes, le Volet Ball assis, les vitesses, les sauts, le para-badminton, les disciplines athlétiques, les lancés de javelots et celui de poids assis, le lancé débout pour les amputés de pieds, le para cyclisme, etc.

Pour ce qui est des déficients visuels, ils pratiquent le Tort Ball, le ballon sonore, le cecifoot, le judo, la vitesse de cent mètres, la lutte etc. Nous prenons part ici au Niger, au Sabre national avec les compétitions des lutteurs mal voyants. Ils ne sont pas que de mal voyant, il y a des aveugles complets parmi eux.

Sachant que les sourds et les malentendants peuvent pratiquer plusieurs disciplines sportives contrairement aux personnes en situation de handicap, c’est pourquoi ils ne sont pas assujettis au sport paralympique. Parce que dans le paralympisme le handicap doit refléter l’état physique de la personne. Nous acceptons les sourds et les malentendants à travers leur Fédération Internationale pour Sourds mais selon l’esprit du paralympique ils ne font pas partie du Comité Paralympique.

 

 Avez-vous un appel à lancer à l’endroit des autorités et des  partenaires qui vous accompagnent dans vos différentes activités ?

Nous remercions les autorités du Niger pour l’attention particulière qu’elles accordent au bien-être des personnes en situation de handicap. L’Etat du Niger a adopté des textes juridiques et réglementaires visant à protéger les personnes handicapées. Je voudrais à ce titre demander à l’Etat d’accorder des traitements spéciaux en faveur du développement de sport paralympique. Nous avons plusieurs rencontres sportives en 2020, et je sais que l’Etat du Niger veillera à ce que nous ne puissions pas rater ces rendez-vous à l’échelle internationale. Nous sommes entrain de nous préparer pour participer aux Jeux Paralympiques qui se tiendront du 25 Août au 6 Septembre 2020 à Tokyo. Mais bien avant, du 23 février au 1er mars 2020, nous allons prendre part aux Jeux d’athlétisme Paralympique qui se dérouleront  à Marrakech au Maroc.  Il est important de souligner que c’est au cours  de ces jeux que  les athlètes vont arracher leurs tickets qualificatifs aux Jeux Paralympiques de Tokyo. C’est pour vous dire que notre Fédération a un agenda très chargé cette année, et la contribution de l’Etat et celle de nos partenaires, est déterminante dans l’atteinte de nos objectifs. Je voudrais souligner aussi la contribution du Comité International de la Croix Rouge dont la responsable est toujours avec nous.

Le CICR nous accompagne dans l’accomplissement de nos missions en mettant à notre disposition de matériels destinés à la pratique de sport pour les personnes en situation de handicap.Il s’agit entre autres des équipements sportifs ainsi que des formations des formateurs.

Nous tenons à remercier le CICR pour son appui constant. Nous avons aussi avec le CICR un  programme de construction d’un terrain polyvalent en 2020. La construction de ce terrain est financée par le CICR à hauteur de 77 millions de  Franc CFA.

 

 

Par Abdoul-Aziz Ibrahim Souley(onep)