Formation des militants des partis politiques : «Seuls quelques partis politiques œuvrent véritablement à la formation et à la sensibilisation de leurs militants», déclare M. Malam Maman Sani du FA Lumana

Dossier
Spread the love

Sharing is caring!

 

 

La formation citoyenne et politique des militants des partis politiques au Niger est un devoir qui incombe en premier aux formations politiques légalement constituées et qui participent à la vie sociopolitique du pays. Pour les accompagner, l’Etat appuie cette mission  par l’octroi d’une subvention sur la base de plusieurs critères objectifs prédéfinis. Malgré cet accompagnement financier, seuls quelques partis politiques œuvrent véritablement à la formation et à la sensibilisation de leurs militants.

Malam Maman Sani, Secrétaire général du Moden FA Lumana,

estime qu’il faut faire une mise en contexte pour mieux comprendre la mission de formation des partis politiques au Niger. Pour lui, les partis politiques sont « des associations de citoyens regroupés autour d’un certain nombre d’idéaux, de valeurs et d’objectifs pour la conquête du pouvoir d’Etat ». Ils ont de ce fait un but global qui est la transformation de l’ensemble de la société « dans tous ses compartiments», une

vocation qui est propre aux partis politiques.

Notre interlocuteur ajoute que  pour remplir cette vocation unique, les partis politiques s’adressent à toute la société avec trois moyens d’action qui sont l’information, la formation de leurs militants et les manifestations. «Dans le cadre de la formation de leurs militants, les  partis politiques organisent des formations politiques et citoyennes, y compris en matière électorale, puisque les partis politiques ne peuvent aspirer conquérir et exercer le pouvoir d’Etat que démocratiquement. Ils préparent ainsi les gens à l’exercice du pouvoir et au respect des principes et des règles démocratiques, parmi lesquelles les élections qui sont une obligation».

La formation citoyenne, a indiqué M. Malam Maman Sani, est avant tout «une responsabilité de l’Etat et des pouvoirs publics». Mais, a-t-il poursuivi, au vu de la contribution des partis politiques dans ce domaine, l’Etat a reconnu leur utilité et la nécessité de les aider afin qu’ils puissent mieux contribuer à la réalisation des objectifs en matière de formation et d’information. «Voilà, dit-il, d’où est née la nécessité pour les partis politiques de bénéficier du soutien multiforme de l’Etat, y compris financier, pour mieux faire dans le cadre de la formation».

La subvention de l’Etat, reconnue dans la Charte des partis politiques, se fait sur la base de deux critères objectifs principaux prédéfinis, à savoir la représentation à l’Assemblée Nationale et celle au niveau local. M. Malam Maman Sani précise toutefois qu’il ne revient pas à sa formation politique, leader de l’opposition, d’organiser des cycles de formations a l’intention des autres partis politiques car leur principale mission est la formation citoyenne et politique de leurs militants. « Nous nous retrouvons cependant dans des cadres communs pour bénéficier de cycles de formations organisés par un certain nombre d’organismes tel que le NDI», a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général du MODEN FA Lumana a indiqué que  les résultats électoraux sont là pour sanctionner les partis politiques qui ne font pas de la formation citoyenne et politique. « Lorsqu’on n’a pas de résultat, il faut être conséquent. Il ne me revient pas de dire à un parti de tirer sa révérence et de disparaitre, mais normalement lorsque vous n’arrivez pas à faire passer votre programme, à faire en sorte que les gens adhèrent a votre programme et que vous puissiez bénéficier d’un mandat à travers des élections locales, législatives, ça veut  dire que le peuple n’en veut pas, et la première des conséquences à tirer c’est d’aller faire éventuellement une autre activité ». Il souligne que le Niger a adopté le système démocratique et dans ce genre de système, « lorsque les partis politiques qui sont les pourvoyeurs en éléments constitutifs de l’exécutif du pouvoir sont en sous-capacité, l’Etat et les institutions de le République qui en seront issues seront en sous-capacité, parce que ce sont les citoyens qui animent l’Etat, c’est à eux, dans l’essentiel des cas, qu’est dévolu le pouvoir d’Etat».

Malam Maman Sani regrette enfin qu’au lieu de faire de la formation citoyenne, de nos jours «on fait de la formation partisane». Il regrette aussi que la subvention de l’Etat se fasse de manière irrégulière alors même que les partis politiques participent à l’œuvre de construction nationale.

 

Souleymane Yahaya(onep)