Covid 19/Suspension du transport interurbain : Les transporteurs demandent aux autorités de sévir contre les récalcitrants

Société
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Dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie au coronavirus (COVID 19), les autorités nigériennes ont pris plusieurs mesures préventives. Parmi lesquelles figure la ‘’fermeture de toutes les frontières terrestres pour une durée de 2 semaines renouvelables à compter du 19 mars 2020 à minuit excepté pour le transport des marchandises. A cela s’ajoute la suspension des transports en commun sur les lignes interurbaines, en cours depuis samedi 21 mars dernier.

Cette mesure concerne tous les véhicules de transports en commun qui desservent les autres villes du Niger. Durant toute cette semaine, les véhicules sont restés immobiles à l’Ecogar Wadata de Niamey. Hier matin, lors de notre passage à l’Ecogare Wadata, le constat est le respect strict des consignes édictées par les autorités nigériennes comme dans tous les pays frappés par le coronavirus. Nous avons trouvé un groupe de conducteurs assis à la devanture du Syndicat des Conducteurs Routeurs et voyageurs du Niger (SCRVN) où les échanges sont essentiellement focalisés sur deux sujets à savoir la suspension du transport en commun et la lutte contre la propagation de la pandémie Covid 19 à Niamey.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le message des autorités pour réduire les risques de contamination dans les véhicules  semblent être bien compris par les transporteurs. Ainsi, depuis l’annonce de ces mesures, toutes les voitures de transports sont stationnées et bloquées dans les différentes auto-gares de Niamey et de l’intérieur du pays. Selon M. Adamou Hassane, Secrétaire Général du Syndicat des Conducteurs Routeurs et voyageurs du Niger (SCRVN), la pandémie du Covid-19 est une question qui engage tout le monde.

« Bien avant la fermeture des frontières et la suspension de nos activités, nous avons mené plusieurs actions de sensibilisations. Nous avons réuni nos militants pour leur expliquer et leur parler du coronavirus et les mesures d’hygiène afin d’être à l’abri. Malheureusement, notre pays a enregistré déjà plusieurs cas. Ainsi, nous avons continué la sensibilisation, surtout en faveur de ceux qui ne sont pas concernés pour le moment, c’est-à-dire les conducteurs urbains. Malgré la fermeture, nous faisons chaque jour le tour des gares pour dire aux conducteurs et aux apprentis de se protéger pour éviter la pandémie. Nous sommes un syndicat national et nous allons respecter les mesures, nous avons cessé de travailler depuis le dimanche dernier juste après la communication du ministre de la santé et le gouverneur. Puis l’Ecogare nous a écrit pour nous dire de suspendre nos activités pendant une semaine renouvelable. Nous avons été jusqu’au gouvernorat pour tenter des pourparlers mais le Gouverneur de la région de Niamey nous a édifié sur les risques auxquels nous sommes exposés. Nous avons compris que le but des autorités à travers cette décision, c’est de mettre la population à l’abri. Ce qui fait que tout le monde est bloqué, rien ne bouge ici », a confié le Secrétaire Général du Syndicat des Conducteurs Routiers et voyageurs du Niger (SCRVN).

 

Quand les détenteurs des véhicules particuliers jouent aux opportunistes…

 

Cependant, certains conducteurs trouvent des insuffisances dans cette décision, car c’est juste les véhicules qui sont sensés faire le transport qui respectent la mesure. Selon M. Zakou Ilou, conducteur de véhicule de transport en commun, à travers cette décision, le gouvernement risque de remuer le couteau dans la plaie. ‘’Il n’y a aucun mal de dire aux gens de laver leurs mains pour manger afin d’éviter la nausée. Nous devons tous nous engager pour accompagner les autorités dans la lutte contre cette maladie, mais ce que nous condamnons et dénonçons, c’est le fait que des propriétaires de véhicules particuliers se sont convertis en transporteurs afin de profiter de cette situation», dénonce M. Zakou Ilou.

Soulignant que, depuis l’annonce de l’interdiction du transport en commun, eux les professionnels de ce secteur ont tous obtempéré, il s’insurge contre les agissements opportunistes de certains détenteurs de véhicules particuliers. « Aujourd’hui, des gens qui, même en temps normal n’ont pas de titre de transport, continuent de faire notre travail à notre place. Qui sont ces gens là ? Ce sont les taximen et des gens qui utilisent des

véhicules particuliers avec des surcharges et à des prix ostentatoires, les endroits où on transporte les passagers à 2000 FCFA dépassent aujourd’hui 5000F. La police fait de son mieux pour barrer la route à ces gens là, mais des particuliers et des taxis continuent de transporter les passagers hors de Niamey. Et c’est vraiment dommage! Aujourd’hui, c’est avec des V8, des 4X4, Hilux, etc. que les gens sont transportés », déplore-t-il.

Même décor et même contexte au niveau de l’arrêt des véhicules à la gare de Tillabéri, non loin du rond-point Gadafawa. En effet, on est tout de suite saisi par la présence des véhicules particuliers chargeant des passagers, et allant et revenant au vu et au su de tous. Les autorités doivent prendre des mesures idoines pour faire respecter ces mesures préventives afin de mettre la population à l’abri de cette pandémie.

 

Abdoul-Aziz Ibrahim Souley(onep)