Le périmètre hydro-agricole de Djirataoua : Booster la filière moringa à travers l’encadrement des producteurs

Dossier
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La commune rurale de Djirataoua est une référence en matière de culture et de commercialisation de Moringa à l’échelle de la région de Maradi. Cette commune rurale dispose d’un grand périmètre hydro-agricole dédié à la promotion et à la valorisation de la filière moringa. Cette dernière a des lendemains meilleurs devant elle, au regard de l’organisation des exploitants et surtout de l’expérience acquise par les producteurs dans  la transformation de ce produit fortement sollicité aussi bien au Niger qu’à l’extérieur. Ce périmètre a été réalisé en 1982 sur financement de la Banque Mondiale à travers le Fonds International pour le Dévévoloppement de l’Agricole et l’Etat du Niger. Au  démarrage,  le coût de l’investissement est évalué à un montant de plus d’un milliard de FCFA. En effet, d’une superficie de 512 ha à son démarrage, ce gigantesque périmètre rentre dans le cadre de la mise en valeur de la vallée du Goubi dont les travaux devraient concerner 7.300 ha. Ce sont au total 11 villages, plus la communauté urbaine de Maradi qui sont concernés par ce périmètre. Le nombre d’exploitants était au début 716 bénéficiaires. Mais, Aujourd’hui, au regard de l’engouement que suscite la filière du moringa et les retombées qu’elle génère, le périmètre de Djirataoua est exploité par 4.227 bénéficiaires dont 203 femmes. Il faut préciser que ce périmètre a connu des travaux d’extension en 1982 et 2008. Cette extension a permis d’augmenter sa superficie qui est actuellement de  650 ha avec des unités parcellaires de 0,16 ha ; 0,25 ha et 0,5 ha au début. Selon le directeur régional de l’ONAHA de Maradi M. Na-Allassane Abdoul-Razak, le périmètre de Djirataoua compte 56 forages équipés d’électropompes ; sept (7) bassins de réception; 65.000 m linéaires de canalisation ; 13.391 m linéaires de réseau californien ; 46.815 m linéaires de pistes de desserte et 15 Km de réseau de drainage. Par ailleurs, le périmètre de Djirataoua est un périmètre de polyculture ou on cultive les céréales (maïs ; sorgho) ; les tubercules (patate douce ; manioc) et d’autres cultures à haute valeur marchande telles que l’anis ; la coriandre et le moringa qui constitue d’ailleurs la culture phare du périmètre. S’agissant de la structure de gestion, le périmètre compte une union de coopératives composée de cinq (5) membres.

 

Le moringa : une culture dominante sur le périmètre de Djirataoua

 

Les champs de moringa sont à perte de vue sur ce périmètre. L’extension de ces champs de moringa s’explique par  le fait que ce produit est d’une grande valeur marchande. En plus, le moringa est aujourd’hui rentré dans  les habitudes culinaires et alimentaires des populations nigériennes.  Le moringa est très prisé parce qu’il est exporté. Autour de la filière moringa, c’est une véritable chaine d’activités génératrices de revenus qui gravite. Hormis les producteurs et productrices, on a aussi des femmes évoluant dans la commercialisation du moringa précuit ; séché ou encore la transformation de celui-ci en poudre et commercialisé dans des emballages. Mais c’est surtout le moringa cuit et séché qui est en vogue à Djirataoua. Les commandes du moringa auprès des producteurs et productrices  sont fréquentes. Cependant, la culture du moringa s’est confrontée à des attaques des ennemis de culture. Pour soulager les producteurs, les services techniques de l’ONAHA et l’Université de Maradi conjuguent les efforts pour  trouver la bonne thérapie à ces ennemis des cultures qui résistent jusque là aux pesticides disponibles. Les attaques de ces chenilles sont généralement observées pendant la période  des pluies. Malgré ces attaques, les villages environnants de la communauté urbaine de Maradi convergent vers Djirataoua qui est le pôle de  production du moringa. Sur ce périmètre, le rendement à l’hectare tourne autour de 20 à 30 tonnes.  ‘’ Rien qu’avec la culture du moringa, on peut juguler le phénomène de famine au Niger. C’est pourquoi, en tant que service de tutelle du périmètre de Djirataoua, nous sommes en train de nous évertuer dans l’encadrement des producteurs. Toutefois, il faut dire que les redevances liées à d’exploitation du périmètre sont coûteuses. A chaque campagne, les producteurs se plaignent du coût élevé de la redevance dont 2 /3 du montant qui est consacré au payement de l’énergie. A titre d’exemple, le compte d’exploitation qui vient d’être dégagé pour  la campagne  de la saison humide est estimé à 65 millions de FCFA. Dans ce montant, 45 millions vont dans le payement de l’énergie. Ce qui pèse un peu lourd dans le fonctionnement des structures de gestion’’, a expliqué Na-Allassane Abdoul-Razak.  En outre, la culture du moringa prend de plus en plus de l’ampleur tant au niveau national qu’international. Le moringa a en plus de son aspect nutritionnel, des vertus médicinales. Sa transformation est très développée à l’extérieur comme en témoigne le thé moringa ;  la poudre de moringa emballée ; des épices à base de moringa ; du chocolat à base de moringa etc.

En termes de perspectives par rapport  à la production du moringa  sur le périmètre de Djirataoua, la direction régionale de l’ONAHA de Maradi envisage la création des petites unités de transformation ; faire les démarches pour l’obtention d’un label avec un logo dédié à la chaine de valeur du moringa de Djirataoua ; la structuration des producteurs pour encourager la production et la commercialisation des semences de différentes variétés de moringa.

 

Hassane Daouda, Envoyé Spécial (onep)