Les clients ne se bousculent  pas dans les ateliers de couture et de coiffure

Dossier
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A quelques jours de la fête du Ramadan, l’ambiance est morose dans la capitale Niamey. La maladie du coronavirus, COVID-19, et ses implications ont affecté sérieusement les activités, notamment dans le secteur informel. En cette veille de  l’Aïd El Fitr, marquant la fin du mois de Ramadan, les détenteurs d’ateliers de couture et de salons de coiffure s’activent pour satisfaire leurs clients. Tel est le constat fait dans certains ateliers de couture et de salon de coiffure  de la capitale Niamey.

Au quartier Maourey, un des fiefs de la capitale où se trouve une panoplie d’ateliers de couture, les clients à majorité des femmes prennent les ateliers d’assaut tout au long de la journée malgré la canicule. Certaines clientes viennent récupérer leurs habits et d’autres craignent que leurs habits ne soient prêts le jour de la fête, de surcroit, visitent les ateliers afin de s’assurer que les tailleurs ne vont pas manquer au rendez-vous.

Selon le constat fait, l’engouement et l’enthousiasme de cette année ne sont pas les mêmes par rapport aux  années précédentes à cause de la situation de la maladie du COVID-19 et les restrictions y afférentes. L’approche de cette fête musulmane traduit une grande affluence, mais cette année la crise sanitaire du siècle a chamboulé les habitudes. Ainsi, les tailleurs, généralement sollicités en ces moments, tentent de garder la tête hors de l’eau ces jours ci, car ils ne voient  pas l’affluence des clients. Interrogés sur la question, certains d’entre eux ont exprimé leur avis.

Pour M. Assoumane Kakalla, la préparation de la fête de cette année est  extraordinaire à cause de la situation du COVID-19. « Nos clients n’ont commencé à venir que récemment, c’est-à-dire à la dernière minute et pour être en mesure de les satisfaire, nous sommes obligés de limiter le nombre d’habits à coudre », confie M. Assoumane Kakalla. D’habitude, en cette période de proche de la fête, dit-il, nous recevons des tissus à coudre pour hommes, femmes et enfants, mais cette année la plupart de nos clients ont privilégié la couture pour leurs enfants seulement.  Quant à M. Diop Salif, styliste au niveau de leur atelier de couture, lui et ses collègues essaient d’ajuster pour fournir le maximum d’habits à leurs clients dans ce peu de temps restant pour la fête. M. Diop Salif indique que  le contexte du coronavirus a certes impacté leurs chiffres d’affaire, mais le souci principal pour eux est d’honorer les engagements pris afin de bien préparer l’après-fête. Du côté de Maicha couture, un  autre atelier de la place, les commandes des clients sont presque venues en même temps,  du au contexte que nous vivons. «Je n’ai pas eu beaucoup de clients comme l’année précédente mais je compte satisfaire nos clients en leur fournissant leurs habits à temps», affirme le responsable de l’atelier. Dans cet atelier, malgré la morosité de l’engouement chez les stylistes, les ouvriers font des nuits blanches  dans le but de donner le sourire aux lèvres à leurs clients. «Avec cette allure à travers des veillées sur nos machines à coudre, nous arrivons à finir 30 complets en 24h », a notifié un ouvrier de l’atelier de Maicha Couture.

Le constat au niveau des salons de coiffures est plus morose par rapport aux ateliers de couture. En effet, à la date de notre passage, moins d’une semaine avant la fête, les ateliers sont vides. Or, c’est le lieu idéal pour les femmes, jeunes filles et fillettes de se rendre belle pour accueillir la fête. Elles y trouvent des services de soins de toutes sortes sur le visage et sur le corps. Il s’agit des tresses et coiffures, maquillages, gommage, le henné, manucure et pédicure. Selon Mme Thérèse Ami Rabo, gérante d’un atelier de beauté,

« les clientes ont fait leur réservation pour nos prestations d’esthétique mais je n’ai pas assez d’espoir qu’elles vont venir par crainte de la maladie du  coronavirus », déclare Mme Therese Ami Rabo. Même son de cloche dans les autres ateliers, même ceux de renommée de la capitale, gérante ou ouvrière trouvées sur place, « nous attendons moins de 48h ou 24h pour voir si nos locaux seront pris d’assaut comme d’habitude à chaque veille de fête». «Pour cette fête, je ne constate pas d’engouement. Les clientes ne viennent pas. Avant, à l’approche de la fête, on reçoit 40 à 80 personnes par jour pour des besoins de soins divers, mais avec la situation du coronavirus, les clientes ne se bousculent pas devant nos ateliers », a déploré une gérante d’un salon de coiffure.

 

Issoufou A. Oumar(onep)