Le Sahel

pub_bann
A+ A A-

Editorial : Le vibrant message de l'Afrique


DG onepLe Président de la République, Chef de l'Etat, SE. Issoufou Mahamadou, s'est adressé à l'opinion internationale mardi dernier, à la 22ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP22), à Marrakech au Maroc.
Dans une vibrante adresse, au nom du Groupe africain, le Président Issoufou Mahamadou a fait un important plaidoyer pour sauver la Planète Terre en danger. Portant la voix de l'Afrique, ce Continent qui souffre malgré lui des inconséquences des autres et particulièrement des plus nantis, le Président Issoufou a solennellement invité les uns et les autres à sortir de leur torpeur et à agir pendant qu'il est encore temps.
Le temps, ce précieux indicateur, joue malheureusement contre nous et les menaces sur notre survie sont réelles. Il faut réagir au plus vite, et se mobiliser pour le climat. L'Afrique, berceau de l'humanité, se doit de prendre la tête de la mobilisation générale au nom de l'Humanité, afin de permettre à tous les pays, notamment les plus vulnérables, de s'adapter aux conséquences terribles du changement climatique et de se développer sur la base de technologies propres.
Aujourd'hui donc, ''rassemblés en terre africaine, à un moment significatif de l'histoire de l'humanité'', le Président Issoufou a réaffirmé que ''nous sommes tous déterminés à vaincre le dérèglement climatique''.
A ce titre, il a rappelé les deux paradoxes fondamentaux dans la lutte contre le dérèglement climatique auxquels l'Afrique fait déjà face. En effet, ''en dépit de son plus grand potentiel en sources d'énergie renouvelable, l'accès aux services énergétiques de base y est le plus faible''. Ajouter à cela que ''tout en ayant contribué le moins à la création du phénomène qui nous assemble ici, elle en paie au quotidien le plus lourd tribut, cela est inacceptable et insupportable''.
Et le Président Issoufou n'est pas passé par quatre chemins pour le dire à la face du monde. ''Nous souffrons de cette injustice, mais nous n'acceptons pas, nous n'accepterons jamais, d'en être les victimes consentantes'', a-t-il martelé.
Oui, l'Afrique n'acceptera plus de payer pour les excès des autres ; l'Afrique n'acceptera plus de sacrifier l'avenir de ses enfants à l'aune des intérêts égoïstes des puissants de ce monde ; l'Afrique se battra unie pour inverser cet ordre mondial inique et déséquilibré.
''Notre Continent est engagé à se battre et à faire face, notamment en prenant des mesures ambitieuses et indispensables pour son développement, suivant une trajectoire de durabilité'', a notamment souligné, au nom de l'Afrique, le Président Issoufou Mahamadou. Le Chef de l'Etat a d'ailleurs rappelé, entre autres, que ''l'Afrique a ainsi lancé l'Initiative de l'Afrique sur les énergies renouvelables à la COP21, afin de garantir un accès universel à toutes ses filles et ses fils à l'horizon 2030, avec 300 gigawatts de capacité d'énergies renouvelables. Elle s'engage davantage à réaliser, de façon prioritaire, 10 gigawats d'ici 2020. Mais l'atteinte de ces objectifs ne sera pas aisée, car le Continent devra doubler la capacité totale qui est d'à peine 150 GW, uniquement par l'intermédiaire des énergies propres. L'Afrique, a encore rappelé le Chef de l'Etat, a également lancé, à la COP21, l'Initiative africaine pour l'adaptation continentale visant à soutenir tous les pays africains afin de pouvoir riposter efficacement face à la hausse des impacts climatiques, et à traiter les pertes et préjudices causés''.
Il a en outre longuement plaidé pour ''la nouvelle diplomatie climatique'' du Continent, celle de prêcher, par l'exemple, la construction de partenariats concrets et permettre ainsi au processus multilatéral d'être plus pertinent.
Ces efforts témoignent du leadership africain, mais ils sont aussi le résultat d'une volonté résolue et durable. ''Soyons fiers de ces succès majeurs enregistrés, mais soyons également conscients de l'ampleur du défi à relever puisque nous restons loin de la trajectoire des 2 degrés, a fortiori 1,5 Celsius. Nos engagements actuels nous placent en effet sur une trajectoire d'un réchauffement de la Planète au-delà de 3 degrés Celsius''.
Cependant, sachant pertinemment que l'argent est le nerf de la guerre, le Président Issoufou n'a pas manqué de mettre la Communauté internationale face à ses responsabilités. En fait, la question des financements est vitale et tout reste à faire. Dans ce chapitre justement, il est important de rappeler qu'au titre de l'accompagnement de cette transition, les pays développés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 pour soutenir des projets d'adaptation dans 6 domaines, à savoir la biodiversité, les changements climatiques, les eaux internationales, la dégradation des terres, la couche d'ozone et les polluants organiques persistants.
C'est pourquoi le Président Issoufou a invité les uns et les autres à ''assurer une augmentation significative de la part de l'adaptation dans l'effort de mobilisation des 100 milliards de dollars'' ; il a demandé que le Fonds d'Adaptation serve effectivement l'Accord de Paris, et qu'il soit adéquatement doté en ressources financières ; ou encore, d'atteindre un niveau de reconstitution, en fin 2017, du Fonds Vert Climat porté à au moins 20 milliards de dollars afin de prendre en compte les besoins urgents des pays en développement.
Ce sont là autant de revendications légitimes afin que nos enfants et nos petits-enfants héritent d'un monde plus sûr. Et pour cela, nous devons préserver le bien le plus précieux que nous avons tous en partage: la vie sur terre.
En définitive, ce qu'il faut surtout retenir de ce discours assurément panafricaniste du Président Issoufou Mahamadou, c'est qu'il faut s'unir pour vaincre ensemble.

Mahamadou Adamou( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. )
www.lesahel.org

AG/ONU

Editorial

© Le portail dynamique de l'information au Niger | conception jourdain-informatique.