Le Sahel

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Fin de la 1ère session ordinaire du CESOC au titre de l'année 2017 : De fécondes réflexions au sortir des assises


cesocLa première session ordinaire au titre de l'année 2017 du Conseil Economique Social et Culturel (CESOC) qui s'est ouverte le 2 février dernier a pris fin hier après-midi au Palais des Congrès de Niamey. Cette session, qui a duré deux semaines, a examiné plusieurs points inscrits à son agenda. Elle s'est notamment penchée sur le processus de transfert des compétences aux collectivités territoriales; la question de l'école nigérienne et la contractualisation ; la Stratégie de Développement Durable et de la Croissance Inclusive(SDDCI-NIGER 2035); les Objectifs de Développement Durable(ODD); la problématique des politiques gouvernementales en matière d'urbanisme, d'habitat et d'assainissement dans le contexte de gestion des collectivités au Niger ; les stratégies nationales de lutte contre la migration clandestine ; la renaissance culturelle au Niger ; et sur bien d'autres problématiques. C'est le président du CESOC, M. Moussa Moumouni Djermakoye, qui a prononcé l'allocution de clôture de cette session devant les conseillers du CESOC et de nombreux invités. (Lire ci-dessous l'intégralité du discours).

Mesdames et Messieurs les présidents des Institutions de la République,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Honorables députés nationaux,
Excellences Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et représentants des Organisations Internationales et Agences de Coopération,
Monsieur le gouverneur de la Région de Niamey,
Mesdames et Messieurs les conseillers du CESOC,
Monsieur le président du Conseil de Ville de Niamey,
Messieurs les maires des arrondissements de Niamey,
Chers invités,
Mesdames, Messieurs.
Permettez-moi de me féliciter, très sincèrement, autant de l'intensité que de la qualité de nos travaux durant les quinze jours de notre première session ordinaire au titre de l'année. Je voudrais en l'occurrence présenter mes chaleureuses félicitations à l'ensemble des conseillers pour avoir accordé tant d'attention et consacré tant d'énergie à nos discussions, en séances plénières comme en commissions. Je renouvelle également ma profonde gratitude aux responsables de toutes les administrations de l'Etat pour leur précieux concours ayant permis d'atteindre des résultats aussi probants.
Mesdames et Messieurs,
Des questions pertinentes d'intérêt national ont été abordées et analysées, dans toutes leurs facettes, avec pragmatisme et réalisme. Je voudrais me pencher sur certains aspects majeurs de nos débats au cours desquels, malgré certaines divergences d'opinions, nous avons su mettre en évidence la nécessité d'apporter des correctifs à certaines situations voire à inverser la tendance, s'il y'a lieu.
Ainsi, s'agissant de l'école nigérienne, particulièrement le système de la contractualisation, il a été souligné la grave préoccupation que constitue la baisse de niveau des enseignants et des apprenants. Nous avons par conséquent analysé la délicate interaction entre d'une part, l'amélioration de l'accès à l'éducation – qui est un droit - et d'autre part, la recherche d'un enseignement de qualité, condition essentielle de tout développement économique et social. A ce sujet, la feuille de route présentée par le Ministère en charge de l'Enseignement Primaire apparait comme la solution la plus efficace et durable pour régler cette problématique, tant il est vrai que les remèdes expérimentés jusqu'ici se sont révélés inefficaces à maints égards. Aussi, recommandons-nous au Gouvernement de procéder à l'évaluation systématique des enseignants contractuels suivie d'une formation pédagogique conséquente. Nous préconisons également une sélection rigoureuse dans le recrutement des contractuels, pour ne retenir que les plus aptes à remplir la fonction ; et ce dans la perspective de mettre un terme définitif au système de la contractualisation dans des délais raisonnables. Nous invitons le Gouvernement à prendre toutes les dispositions visant à relever le niveau d'encadrement de tous les enseignants, à veiller au respect de la carte scolaire, à revoir certaines réformes aux fins notamment d'un rétablissement du CFEPD en fin de cycle primaire, et d'une réintroduction de l'épreuve de dictée à l'examen du BEPC, et à dépolitiser les postes de responsabilité dans l'administration scolaire. Nous avons enfin convenu d'un engagement plus accru de tous les acteurs pour permettre à notre école de recouvrer sa crédibilité, toute sa crédibilité. Pour sa part, le CESOC poursuivra la réflexion et examinera tous les cas, y compris les hypothèses jusqu'ici inexploitées, afin de redonner à l'école nigérienne son lustre d'antan.
Mesdames et Messieurs
Sommes-nous réduits à ressasser les mêmes souvenirs d'un passé non lointain, où l'éthique du travail, la fierté nationale, le respect du bien public, la tolérance religieuse, la citoyenneté et l'honneur étaient les principales caractéristiques de notre société ! De nos jours, nous sommes malheureusement confrontés aux défis majeurs liés aux conséquences du recul de l'éthique, du patriotisme et du sens de l'honneur. Face au phénomène de la mondialisation, doit-on se crisper et se résigner à accepter le fait accompli ? Assurément non ! Nous avons plutôt fait le choix d'imprimer à notre culture l'empreinte de notre ingéniosité et de notre créativité afin de faire un saut qualitatif dans le sens d'une inversion rapide de la forte tendance à une disparition de pans entiers de notre patrimoine culturel riche et varié. L'heure est donc aux changements majeurs, et la Renaissance Culturelle en est une parfaite illustration. Le Conseil Economique, Social et Culturel salue cette heureuse initiative nigérienne et entend s'y associer à travers un atelier d'enrichissement du plan d'actions présenté par le Ministère en charge de la question et par l'organisation d'un forum sur la contribution des us et coutumes dans le développement socio-économique de notre pays.
Force est de reconnaitre, en effet, que la méconnaissance ou l'abandon des coutumes constatés chez les jeunes, expliquent pour une bonne part, la perte de certains repères culturels. Cet état de fait révèle à suffisance le profond malaise social aggravé d'une forte propension de la jeunesse à se tourner vers d'autres horizons culturels, dans une quête effrénée de nouvelles opportunités économiques.
Mesdames et Messieurs,
Le Niger est, de nos jours, confronté au phénomène de la migration des jeunes, des femmes et même des enfants. A l'analyse des préoccupations en présence, il s'avère qu'un lien étroit existe entre migration clandestine et insécurité dans le Sahel ; d'où l'impérieuse nécessité de prendre des mesures législatives et administratives pour limiter le flux des migrants clandestins, enrayer les dangers liés à la migration, accélérer la mise en œuvre des projets de développement, et favoriser la réinsertion sociale dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la migration irrégulière. Notre institution félicite et encourage le Gouvernement pour les dispositions pertinentes ayant permis une réduction drastique du flux des migrants irréguliers. Le CESOC lance un appel aux partenaires internationaux pour soutenir davantage les efforts du Gouvernement et exhorte les Etats membres de la CEDEAO à mutualiser leurs initiatives dans cette lutte commune. Le CESOC s'emploiera dans l'organisation d'une vaste campagne nationale de sensibilisation sur les dangers liés à la migration irrégulière.
Mesdames et Messieurs,
Au cours de nos travaux, nous nous sommes également intéressés au renforcement des capacités et à l'amélioration des conditions de vie des populations rurales. Ainsi, nous préconisons une approche plus rigoureuse du financement de l'agriculture à travers le Fonds d'Investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle au Niger (FISAN). L'exposé pertinent de l'équipe de l'Initiative 3N nous a suffisamment édifiés sur des aspects se rapportant à l'état d'avancement du FISAN, au dispositif institutionnel qui sera mis en place pour assurer sa cohérence, et aux difficultés susceptibles de retarder sa mise en œuvre.
Au regard des contraintes d'accès au financement et de la faible capacité technique des opérateurs ruraux, nous suggérons au Gouvernement d'accélérer l'adoption des textes portant sur la stratégie du FISAN, tout en mettant l'accent sur la formation et le renforcement des capacités, en facilitant l'amélioration du taux de bancarisation du Niger et en allégeant les taux d'intérêts des crédits appliqués par les établissements financiers et bancaires.
Par rapport à la gouvernance du FISAN, nous proposons la mise en place d'une structure autonome dotée d'un comité de pilotage, dont le partenaire stratégique sera l'Initiative 3N. De même, nous recommandons l'élaboration et la diffusion d'une stratégie de communication du FISAN.
Par ailleurs, l'épineuse question du transfert des compétences aux collectivités territoriales a été largement débattue. A ce sujet, la recommandation que nous reformulons à l'endroit du Gouvernement porte sur l'accélération du processus de transfert concomitant des compétences et des ressources humaines, matérielles et financières aux collectivités territoriales. La problématique des politiques gouvernementales d'urbanisme, d'habitat et d'assainissement a aussi fait l'objet de longs débats. A ce propos, le CESOC recommande notamment d'accélérer le processus de réactualisation de la stratégie nationale de développement urbain et des textes règlementant l'habitat, l'urbanisme et l'assainissement ; de poursuivre la politique de promotion de logements sociaux et de rendre opérationnelle la banque d'habitat accompagnée de la création du fonds y afférant ; d'accentuer les actions de prévention des conflits liés à l'aménagement du foncier urbain à travers une forte implication des chefs coutumiers et leaders religieux.
La Stratégie de Développement Durable et de la Croissance Inclusive (SDDCI-Niger 2035) ainsi que les Objectifs du Développement Durable (ODD) ont permis une analyse critique de l'efficacité de nos outils de planification du développement. Nous avons également discuté de toutes les opportunités à saisir en vue de favoriser le développement économique, social et culturel de notre Nation.

Mesdames et Messieurs les Conseillers,
Conscients de la responsabilité qui nous incombe et mesurant tout le poids de la confiance placée en nous, individuellement et collectivement, nous nous sommes exercés, cette fois encore, à ces fécondes réflexions dont le bureau du CESOC se fera le devoir de porter la quintessence au Gouvernement et au Parlement. Pour ma part, tout en vous félicitant encore une fois pour ce travail remarquable, je vous réitère mon ferme engagement à tout mettre en œuvre pour réussir la mission qui nous est confiée.
C'est sur cette note d'espoir que je déclare clos les travaux de la première session ordinaire du CESOC au titre de l'année 2017.
Je vous remercie de votre attention.

Onep
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AG/ONU

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