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Mme Inani Amado Mamoudou, présidente communale des femmes artisanes d'Agadez : Les produits artisanaux de la région ont acquis une notoriété aux plans national et international


La-prsidente-communale-des-femmes-artisanes-dAgadezLa présidente communale des femmes artisanes d'Agadez, Mme Inani Amado Mamoudou fait partie des femmes qui ont réussi à se faire un nom dans le secteur de l'artisanat. Connue aussi sous le nom d'Irzaganhat, elle s'est spécialisée dans la teinture. ''C'est grâce à la Nigetech que j'ai appris le métier de teinturière sinon j'étais auparavant couturière .Cela fait aujourd'hui 20 ans que j'exerce en tant que teinturière et cette activité m'a conduit jusqu'au Mali où j'ai fait des formations de haut niveau toujours grâce à Nigetech».
Au fil des ans, elle est devenue formatrice pour les besoins de plusieurs groupements féminins et des jeunes de la région. «J'ai assuré la formation de plusieurs d'entre elles à la demande du PNUD, HED-Tamat, ONG GAGE et Nigetech pour les femmes car la teinturerie est exercée ici par les femmes .Cela m'a conduit à des déplacements dans la région pour toujours former les jeunes '', ajoute t-elle.
Pour Mme Inani, c'est bien bon de former, « mais je pense que les Projets et ONG doivent surtout apporter des appuis financiers aux jeunes formées pour leur permettre de mener durablement leurs activités .La peinture vous le savez coûte excessivement cher, car un kilogramme coûte 50.000 FCFA et pour créer un atelier et le faire fonctionner, il faut plusieurs kilos de peinture pour en faire des palettes de couleurs mais aussi du matériel .C'est ce qui fait que malgré la formation, il n'est pas donné à tout un chacun d'exercer sur le terrain », précise la présidente des femmes artisanes d'Agadez.
Irzaganhat affirme également que du point de vue de la qualité des produits, elles ont toujours participé au SAFEM et «Dieu merci l'artisanat d'art à Agadez se vend bien tant au Niger qu'à l'extérieur». Elle reconnait qu'un moment, l'insécurité a porté un coup dur à leurs activités car les touristes ont fui la zone, «mais aujourd'hui avec les activités d'orpaillage, nous avons beaucoup de raisons d'espérer car les populations nomades amènent des habits pour la teinturerie ou bien lancent des commandes».
Selon la présidente des femmes artisanes d'Agadez, la fête du Bianou constitue une des plus grandes opportunités qui s'offrent à leur secteur. «Nous sommes même débordées en cette période où chacun prépare ses tenues d'apparat pour la fête .En raison de 5000 FCFA la teinture d'un habit nous arrivons à gagner 50.000 FCFA par jour même si ce n'est pas en période de fête, car ici ce sont les nomades qui sollicitent beaucoup nos services». Irzaganhat nourrit l'espoir que la clientèle européenne va renouer avec l'Aïr surtout que la paix est en train de se consolider avec les efforts du gouvernement. «Mais je tiens à préciser que nous sommes soutenues ici par la Direction régionale du tourisme et de l'artisanat d'Agadez et quelques ONG», mais malgré tout, «nous demandons une assistance accrue pour les artisanes de la région d'Agadez car l'artisanat est une activité génératrice de revenus pour les ménages, un domaine vital pour l'économie de la région voire du pays dans son ensemble», ajoute-t-elle.
L'artisanat des agadésiennes est aussi un secteur d'activité important au Niger et contribue à la formation du Produit national brut (PNB) indique Mme Inani Amado Mamoudou. C'est à juste titre qu'elle rend un hommage mérité aux femmes de la région dans leur détermination à relever les défis de la lutte contre le chômage, la pauvreté , dans un environnement physique et écologique austère ainsi qu' une grande vulnérabilité aux aléas climatiques.
En s'investissant dans le secteur de l'artisanat, on se rend compte que les femmes ont acquis une certaine indépendance qui leur a permis de devenir capables de satisfaire certains de leurs besoins de la vie courante (habitation, transport) approvisionnement en vivres, élevage. Aussi les activités artisanales des femmes ont connues ces dernières décennies une véritable mutation en s'ouvrant sur le monde extérieur.
Au regard de la manne financière que peut générer l'artisanat, certaines femmes se sont organisées en groupement mutualiste et leurs produits sont exportés vers de nombreux pays européens (France, Suisse).

Abdoulaye Harouna(onep)
16/06/17

AG/ONU

Editorial

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