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Clôture de la première session extraordinaire de l’Assemblée Nationale : Les travaux ont pris fin sur une note de satisfaction

 

panAprès deux semaines d’intenses débats et discussions, les travaux de la première session extraordinaire de l’Assemblée Nationale ont pris fin, hier après midi, à l’hémicycle, sur une note de satisfaction. Cette session a été une occasion pour les élus d’adopter plusieurs projets de lois et de discuter sur d’autres questions d’intérêt national. C’est le Président de l’Assemblée nationale, SE. Ousseini Tinni, qui a présidé la clôture de ces travaux en présence du Premier ministre, Chef du gouvernement, des membres du gouvernement, des députés et des invités.

Juste avant la clôture des travaux de cette session extraordinaire, l’on a assisté à la prestation de serment des membres de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH). Il faut dire qu’au cours de cette session extraordinaire, plusieurs textes et projets de loi ont été adoptés entre autres, la révision constitutionnelle intervenue à l'initiative de certains députés notamment la modification des articles 84 et 173 de notre Constitution, avec pour seul objectif de faciliter l'application  et l’adoption du collectif budgétaire.

(Lire ci-dessous l’intégralité de l’allocution de clôture du Président de l’Assemblée Nationale)

Mamane Abdoulaye(onep)

«N'ayons donc aucune crainte à retoucher la Constitution quand cela est indispensable pourvu que l'on garde une saine distance d'avec les dispositions réputées non révisables», déclare SE. Ousseini Tinni, Président de l'Assemblée Nationale
« Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Honorables collègues Députés, Mesdames et Messieurs,
Par la grâce de Dieu, voici donc que s'achève cette session extraordinaire que nous avions entamée avec l'espoir d'être, encore une fois, utile à notre pays en améliorant ses textes fondamentaux et surtout en renforçant les conditions d'efficacité de sa loi de finances au titre de la présente année.
Distingués invités, chers collègues sans verser dans une autosatisfaction démesurée, je puis affirmer que les objectifs fixés à cette session ont été largement atteints, voir même dépassés car, pendant qu'elle se poursuivait, de nouveaux points ont été inscrits à son ordre du jour pour d'une part, adopter un projet de loi selon la procédure d'urgence et d'autre part, sacrifier à une séance de contrôle de l'action gouvernementale.
C'est le lieu, chers collègues, de me féliciter de votre sens de responsabilité, de votre assiduité et de l'ardeur dont chacun de vous a su faire montre pendant cette session. Permettez-moi donc de vous rendre l'hommage sincère que vous méritez pour la somme de travail que vous aviez pu abattre en si peu de temps. Peut-être me diriez-vous n'avoir fait que votre devoir, je vous dirai alors, qu'il y a toujours grande satisfaction à saluer les hommes du devoir car le succès et le progrès des sociétés a toujours dépendu de leur engagement.
Pour esquisser un bref bilan de cette quinzaine, je voudrais d'abord évoquer la révision constitutionnelle intervenue à l'initiative de certains de nos collègues députés. Il s'agit d'un fait rare pour ne pas être souligné. En effet, ce n'est que la seconde fois dans l'histoire de notre pays que la loi fondamentale a été modifiée à l'initiative des membres de l'Assemblée nationale. Nous devons donc savoir gré aux cinq députés qui ont demandé et obtenu la modification des articles 84 et 173 de notre Constitution, avec pour seul objectif d'en faciliter l'application. C'est l'occasion pour moi d'inviter tous les autres collègues à s'inspirer de leur exemple pour nous proposer des améliorations au texte constitutionnel qui, me semble-t-il, en a encore grand besoin. En effet, l'on y trouve encore, çà et là, des dispositions assez ambiguës dont l'application est assez malaisée voire impossible.
Il faudrait les remettre en chantier; ce n'est pas un tabou, c'est faire œuvre utile parce que, un texte de cette nature se doit d'être clair à souhait car toute imprécision ou confusion peut être lourde de conséquence surtout en matière électorale où le soupçon permanent exacerbe les tensions.
N'ayons donc aucune crainte à retoucher la Constitution quand cela est indispensable pourvu que l'on garde une saine distance d'avec les dispositions réputées non révisables ! Il s'agit là d'une zone interdite que la présente législature n'a jamais eu projet de franchir. Il est donc inutile de jouer à se faire peur ou de verser dans la surenchère : les dispositions intangibles n'ont pas vocation à changer. En revanche, pour les autres aspects techniques de la Constitution, les initiatives de révision, pourvu qu'elles respectent les conditions de forme et de fond sont recevables.
Les mêmes objectifs, préoccupations et logiques ont également prévalu lors de l'adoption du code électoral qui a été l'objet de multiples controverses de la part de tous les partis politiques. Désormais, ce texte fondamental, adopté à l'unanimité de tous les députés présents, après un débat fort riche, consacre une CENI professionnelle et technique, une responsabilisation des acteurs, une organisation des élections plus transparente à travers notamment la mise en place effective du fichier électoral biométrique et un meilleur contrôle de la régularité des élections.
L'autre point important de la session aura été le débat d'orientation budgétaire ; comme je le disais naguère, ce fut un rendez-vous important qui a permis à la Représentation nationale d'avoir une vue d'ensemble des conditions économiques qui seront celles du prochain exercice budgétaire. Les députés se sont félicités de disposer, à travers ce débat, d'une nouvelle opportunité pour mieux appréhender l'action économique et financière de l'État, action dont ils sont appelés à suivre et à contrôler la mise en œuvre. Ce débat leur a surtout permis de réaliser combien le Gouvernement développe une grande capacité d'anticipation afin de maîtriser les aléas et incertitudes de nature à compromettre la croissance économique et l'équilibre des finances publiques.
Approuvant les objectifs économiques et financiers du Gouvernement pour la période 2018-2020, les députés se sont engagés à soutenir le train de réformes structurelles notamment celles de la fiscalité dont l'urgence leur semble assez manifeste. De même, s'agissant de l'endettement, l'Assemblée nationale approuve la stratégie du Gouvernement reposant sur la réalisation de ses objectifs de développement sans compromettre la viabilité de la dette. Dans le même ordre d'idée, les députés ont exhorté le Gouvernement à redoubler d'effort pour respecter les critères communautaires de convergence.
Cette session nous aura également permis d'adopter un collectif budgétaire, occasion pour l'Assemblée nationale d'accompagner le Gouvernement dans sa lutte contre l'insécurité alimentaire notamment pour mettre en œuvre le plan de soutien destiné à faire face au situation d'urgence selon l'ardent souhait du Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou. Avec ce collectif, dans l'immédiat, il s'agira de mobiliser des ressources additionnelles pour soutenir les populations confrontées à la période de soudure et, à court terme, l'objectif est de préparer la prochaine campagne agricole.
Cependant, avec l'examen de ce collectif, l'Assemblée nationale a tenu à réitérer au Gouvernement ses habituelles recommandations relatives à la rationalisation des dépenses publiques et à la réduction des dépenses fiscales. Il reste à présent, à souhaiter que l'ajustement qui vient d'être opéré sur la loi de finances nous permette de mieux relever les défis alimentaires et sécuritaires tout en créant les conditions d'une croissance forte et soutenable.
S'agissant des lois de ratification, l'autre objet de la session, comme de coutume, elles ont porté sur des accords et conventions de financement. Assurément leur adoption permettra au gouvernement de poursuivre, dans la sérénité, l'exécution de son programme d'investissement.
Distingués invités, avant de finir mon propos, permettez-moi de dire un mot sur l'hivernage qui s'installe, pour rappeler qu'il s'agit à la fois d'une belle opportunité économique et de la concentration d'importants défis. Parmi ces défis, comment ne pas encore évoquer les inondations et leurs néfastes conséquences ?
A cet égard, je me permets de rappeler à nouveau que les inondations ne sont pas une fatalité car, bien souvent, elles sont prévisibles : lorsqu'on bâti son logis dans une zone inondable, il n'y a pas de miracle, un jour ou l'autre l'investissement sera perdu ; lorsque l'on persiste à vivre dans un habitat de fortune, il n'y a pas de miracle, quand la pluviométrie est bonne la précarité sera au rendez-vous et, hélas, souvent au-delà des biens, ce sont d'innocentes victimes qui perdent la vie!
Tout en m'inclinant devant la mémoire de ces victimes, notamment, celles des récentes précipitations, je ne puis, cependant, m'empêcher de penser que ces différents manquements qui conduisent souvent au désastre, peuvent fortement engager la responsabilité des collectivités locales. C'est pourquoi, je crois devoir rappeler à leurs animateurs que dans un État de droit, ils demeurent, dans l'exercice de leurs charges, des justiciables comme les autres citoyens !
L'autre défi de l'hivernage est assurément la gestion du fléau palustre. Il est de taille ! Comment éviter ces décès répétitifs de nourrissons qui, chaque année de juin à octobre, endeuillent maintes et maintes familles ? Le Gouvernement et ses partenaires répondent à cette question à travers des projets et programmes financés à grand frais. Les résultats sont certes très encourageants ; mais, pour une maladie aussi grave, l'on est tous conscient que la prophylaxie doit, plus que d'habitude, accompagner le système de soins curatifs.
Cette prophylaxie est à portée de nos communautés pour peu qu'elles s'organisent et qu'elles appréhendent les enjeux. C'est pourquoi, au nom de l'ensemble de mes collègues, j'exhorte chaque quartier, chaque hameau ou village à organiser ses jeunes en brigades d'assainissement avec pour objectif de faire disparaître de nos rues, de nos concessions les flaques d'eau, les eaux dormantes qui sont autant d'habitats pour l'anophèle !
Quant aux collectivités locales, il leur revient d'assumer davantage leurs attributions en matière de salubrité et d'assainissement. Avant tout, je pense qu'il y a urgence à curer tous ces caniveaux à ciel ouvert qui empestent et contribuent à rendre le paludisme endémique. Comme chacun le sait, le paludisme n'a pas encore de vaccin homologué, la seule prévention est la lutte contre son vecteur, conjuguons donc tous les efforts possibles afin de mener et de gagner cette lutte. Les statistiques sanitaires nous rappellent qu'il s'agit d'une urgence absolue !
Distingués invités, chers collègues, en invitant chacun d'entre nous et l'ensemble de nos compatriotes à agir pour que la belle opportunité économique que nous offre l'hivernage ne soit pas contrebalancée par les nombreux fléaux hydriques, je déclare close la première session extraordinaire de l'Assemblée nationale au titre de l'année 2017 en remerciant les membres du Gouvernement pour avoir contribué à sa réussite.
Vive la République,
Vive le Niger,
Je vous remercie.

Onep
16/06/17

AG/ONU

Editorial

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