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Adama Dahico /Artiste -Comédien-Humoriste et écrivain ivoirien


adama25 ans de carrière, des milliers d'heures d'émissions humoristiques radio et des séries TV
Né en mai 1968, le jeune humoriste a commencé sa carrière en 1992 avec une émission à la radio, Les Echos de l'allocodrome, le nom qu'il attribue aux maquis qui servent entre autres des bananes frites ou allocos. Son art humoristique est apprécié dans toute la sous-région, notamment au Niger. «J'adapte les expressions au lieu où je suis ; au Niger, au Burkina-Faso, au Mali, les gens rient encore plus qu'en Côte d'Ivoire et cela me motive», a-t-il déclaré.
Faisant surtout rire à la radio nationale avec ses anodines histoires de Toto, une époque du parti unique, il reconnait qu'il n'était pas question de parler politique. « Si nous sommes suivi et écouté, c'est grâce à la démocratie, à la liberté d'expression » tout en déplorant que « la politique a divisé les gens, a installé la haine entre les gens », a expliqué Adama Dahico ou Adama Dolo. Il est fondateur et promoteur du Festival international du rire d'Abidjan (FIRA). Surnommé le Président, Dahico est un monument, un artiste hors norme avec à son actif plus de 25 ans de carrière, des milliers d'heures d'émissions humoristiques radiophoniques, des centaines et des centaines de représentations sur scène, des films, des séries TV... Il a formé et inspiré les nouvelles générations d'humoristes africains.
Selon un ivoirien fan de la culture de son pays, le nommé Fofana Diarra, «depuis qu'il s'est présenté aux élections, nous l'avons surnommé "Monsieur le Président" et surtout qu'Adama Dahico a fondé le parti du rire, le "Doromikan" ("parole d'ivrogne" en malinké, sa langue maternelle) ; lançant un message aux humoristes, Fofana dit que «si vous êtes comédiens, pensez grand et il faut voir la vie du bon côté. Prenez-vous au sérieux si vous voulez que les gens vous prennent au sérieux. L'humour c'est un métier d'amusement, mais c'est dans le sérieux qu'on fait l'amusement, et Adama est un exemple ».
Candidat malheureux à l'élection présidentielle ivoirienne de 2010, il fait de l'humour socio politique
Précisément, Adama Dahico doit sa célébrité à sa capacité à aborder les réalités de la vie quotidienne, notamment la joie de vivre, la vie dans les familles, la vie dans les services et sans oublier la peur, la haine qui hante certains esprits sous l'ère de certains régimes démocratiquement élus. Une sorte de thérapie de groupe où le rire passe sans transition du léger au nerveux, de la vulgarité au politique, de la grossièreté au tragique.
Pour Adama Dahico, la survie de l'humour dépend inconditionnellement des humoristes nationaux. «Si vous voulez aujourd'hui que l'humour soit perçu partout dans le monde, ça dépend des humoristes eux-mêmes. Et la culture doit nourrir son homme, elle doit être un véritable levier de développement » a-t-il soutenu tout en invitant ses jeunes frères qui suivent ses pas à ne pas baisser les bras ; l'Afrique regorge de jeunes talents, il faut juste leur donner un coup de pouce et s'armer de patience, car la patience est au bout de l'effort» a conseillé Dahico
Sur scènes, il aborde les sujets de la vie quotidienne, mais l'un de ses humours le plus populaire est celui de l'incessant racket des automobilistes par les policiers. Les caractères prêtés à chaque ethnie et même l'obsession de l"ivoirité" n'échappent pas à son style, son savoir-faire, avec comme exemple un sketch où un policier demande à un passant sa carte d'identité. La question de l'ethnicité tient particulièrement à cœur
Adama Dahico, et il n'hésite pas à en abuser avec des airs plaisantins dans ses sketches. Par ailleurs, le comique a expliqué la difficulté de gagner sa vie en faisant rire, dans des pays où les DVD sont piratés et les spectacles payants aléatoires.
« Je donne le meilleur de moi-même pour mes sketches ; pour que celui qui est visé rit encore plus fort que les autres. Face à nos maux, j'essaie de mettre tout le monde d'accord, je fais de l'équilibrisme », a dit cet artiste d'environ 50 ans qui a Eddy Murphy comme référence. Il parle de l'actualité de son environnement et surtout essaie d'éveiller les consciences, car pour lui l'humour, c'est un moyen de communication.
Parlant de son engagement politique, il indique que, « quand vous faites un corps de métier qui s'adresse à une population qui vous écoute, cette population attend de vous des solutions à leurs problèmes. J'avais les solutions ; alors, j'ai décidé d'être candidat aux élections pour dire que, une fois Président, voilà ce que je veux faire pour mon peuple, pour mon pays. Mais il appartenait aux ivoiriens de choisir celui qui va les gouverner. J'étais très content de participer à une élection présidentielle, car je suis le seul artiste à se présenter à une élection », a-t-il souligné.
Un agenda chargé et des distinctions honorifiques
Alliant images et paroles, son talent d'humoriste et son esprit fécond en matière de sketches ont fait qu'il s'est produit dans de nombreux pays en Afrique (Tunisie, Niger, Mali, Burkina Faso, Sénégal, Congo Brazzaville, Togo, Bénin, Cameroun, Tchad...) puis sur des festivals en Occident. Etant né à Abidjan, mais fils d'immigrés maliens, sa nationalité ivoirienne, le comique Dahico l'a pourtant obtenue grâce à Laurent Bagbo en septembre 2004, en signant son décret de naturalisation, et aussi de tous ses parents. Il fut décoré Chevalier de l'ordre du mérite par ce dernier.
"Je me sens bien partout, notamment au Niger ; presque chaque année, je viens pour répondre à des invitations aux concerts et festivals .C'est la 5ème fois que je découvre le Niger physiquement et j'ai beaucoup d'amis dans ce pays. Des voyages sans nombre et des prix et trophées à gogo», assure-t-il.
Avec plusieurs casquettes, il est déjà auteur de plusieurs publications comme « Ne riez pas ! » (Abidjan NEI Février 2004), « Donnez-moi le pouvoir et je rendrai le rire » (Abidjan NEI –CEDA, Mars 2006), « Le Politicien » (Abidjan NEI-CEDA, Janvier 2010). Il est présentement sur un livre : ''Je veux gouverner la France pour mieux comprendre l'Afrique''
Pour cette actualité artistique, Dahico a notamment invoqué certaines raisons : « Nous avions compris que les dirigeants africains, avant d'aller aux élections, ont les plus belles idées du monde, avec des beaux projets ; mais une fois au pouvoir, nous ne les reconnaissons plus, ce qu'ils ont proposé aux populations comme projets ne sont pas ce qu'ils mettent en place, ils sont obligés de recevoir des ordres de ceux qui les aident », a-t-il rappelé.
Aïssa Abdoulaye Alfary Envoyée Spéciale(onep)

15/09/17

AG/ONU

Editorial

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