Le Sahel

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Décès de Balla Kado : Une icône de la lutte traditionnelle s'éteint


Balla-KadoLa lutte traditionnelle nigérienne vient de perdre une de ses figures marquantes. En effet, Balla Kado, un des gladiateurs des arènes a tiré sa révérence hier à Matamèye, région de Zinder. A 73 ans, cet ancien lutteur figure parmi les personnalités ayant contribué à l'émergence de la lutte traditionnelle au Niger. Combattant redoutable et imperturbable, Balla a livré des combats spectaculaires dans toutes les arènes de lutte de notre pays et demeure une icône de l'histoire du sport roi au Niger. (Nous (ré)publions ce reportage réalisé quelques jours avant la fête tournante du 18 décembre 2018 par notre envoyé spécial).

Né il y a de cela 73 ans à Maïmoudjia, Balla Kado est une des figures emblématiques du temps glorieux de la lutte traditionnelle. Comme bien d'autres jeunes de certaines contrées de notre pays, il a découvert la lutte depuis sa tendre enfance. En effet, Balla Kado aimait la lutte, car il défiait les enfants de son âge juste pour le simple divertissement. Au fil du temps, le hasard l'a conduit jusqu'aux arènes, où il a débuté sa carrière en qualité de lutteur professionnel en 1977. « Je ne croyais pas être dans l'arène de lutte dans le cadre d'une compétition de portée nationale pour la recherche du sabre, mais je participais à des rencontres au niveau des villages et des sous-préfectures à l'époque pour le plaisir » nous confiait-il, quelques jours avant la célébration de la fête de l'indépendance, édition 2018.
Solide et animé par la conviction et la rage de vaincre, Balla a affronté tous ses adversaires de son temps avec sincérité et dévouement, parce que pour lui, il est indigne de se laisser mystifier par un adversaire en tant qu'homme. Pour lui, les combats de lutte d'antan sont des confrontations de toutes les adversités. « Chacun se donnait à fond pour ne pas décevoir sa famille ainsi que sa région. C'est avant tout une question d'honneur », a-t-il martelé. Les combats étaient très rudes. Il a par ailleurs précisé que les meilleurs lutteurs sont toujours protégés par leurs coéquipiers. « Il était impossible de laisser un lutteur d'un autre département vous approcher. On ne laissait pas les lutteurs s'approcher des femmes, parce que les lutteurs sont préparés à travers des forces mystiques. Les marabouts me récitaient le Saint Coran chaque nuit. Les chefs traditionnels soutenaient aussi les efforts des lutteurs. A l'époque, le chef de canton de Magaria m'a offert une amulette difficile à transporter compte tenu de son poids, mais qui m'a beaucoup aidé dans mon parcours », avait confié Balla Dan Kado.
Les conditions de compétitions sont totalement différentes de ce qui se passe aujourd'hui. La lutte traditionnelle avait toutes ses valeurs et ses qualités culturelles. « C'était dans des situations complexes que les combats se déroulaient par le passé » confiait Balla Dan Kado. Au cours de sa carrière, Balla a été trois (3) fois finaliste et une seule fois champion. Il a perdu sa première finale à Zinder en 1978 contre Yacouba Ango dit Kantou de Maradi. En 1980 à Agadez, il était encore une fois de plus face au même Kantou qui l'a encore privé du sabre pour une seconde fois. Il a fallu en 1981 à Niamey pour que Balla puisse remporter le sabre devant Langa-Langa de Zinder. En outre, Balla a affronté les célébrités de son temps avec courage et témérité, notamment Kadadé Zambo, Kantou, Salma Dan Rani et autres.
Une décision de la fédération nigérienne de lutte avait mis fin à sa carrière en 1981 avec certains gladiateurs de son époque notamment Kantou, Salma Dan Rani, Kadadé Zambo, prétextant qu'ils empêchaient les jeunes de prospérer. Mais le Chef de l'Etat de l'époque le général Seyni Kountché a pris l'acte de les recruter en qualité d'agents de la Jeunesse et des Sports. Une nouvelle voie était ouverte pour les principaux monuments de la lutte au Niger. Depuis la prise de cette décision, ils ont continué à fréquenter les arènes. Balla a continué à partager sa riche expérience avec les lutteurs de la région de Zinder. Balla est admis à faire valoir ses droits à la retraite en 2005. Il s'est installé, avec sa famille à Matameye, où il exerçait les travaux champêtres. Pendant la lutte, il fréquente activement les arènes aux côtés des anciens lutteurs. Jusqu'à son dernier souffle, Balla Kado est resté fidèle à la lutte traditionnelle qu'il aimait tant.
Laouali Souleymane Envoyé Spécial(onep)
15/05/19

AG/ONU

Editorial

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