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14ème édition de la Journée Internationale de la Langue Maternelle : Promouvoir la généralisation de l'enseignement bilingue à l'horizon 2020

La table de séance à l’ouverture La table de séance à l’ouverture

Notre pays se joint au reste du monde pour commémorer le 21 février de chaque année, la Journée Internationale de la Langue Maternelle. Instituée par l'UNESCO en novembre 1999, cette journée dont le thème retenu en 2013 est « langue maternelle et livre» a pour objectif de rappeler à l'humanité toute entière que la langue maternelle, de par son utilisation constante, constitue pour les communautés un réel facteur de développement socio-économique et culturel. La célébration de cette journée a été rendue possible grâce au concours de la Direction générale de la promotion des Langues Nationales et l'Université Abdou Moumouni à travers le département de linguistique.

C'est le secrétaire général adjoint du ministère de l'Education, de l'Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales, M. Kalilou, Tahirou qui a présidé samedi dernier, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Niamey, l'ouverture officielle des travaux inscrits à l'agenda de cette 14ème édition en présence notamment d'éminents chercheurs qui ont animé une série de conférences débat pour édifier les participants sur la nécessité de promouvoir nos langues nationales.
En ouvrant les travaux de cette journée, le secrétaire général adjoint du ministère de l'Education, de l'Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales, M. Kalilou Tahirou, a indiqué que toute activité humaine tendant à son épanouissement fait inévitablement de la langue un de ses principaux vecteurs. « C'est conscient de cette réalité que le Niger, au lendemain de son accession à l'indépendance, précisément en 1963, a décidé d'introduire les langues nationales dans les actions d'éducation et de formation de ses populations à travers l'alphabétisation. En effet, en 1972, l'enseignement traditionnel suivra avec la création des écoles expérimentales où l'enseignement se fait en même temps en français et en langues nationales dans le but de faciliter les activités d'enseignement pour les enseignants et d'apprentissages des élèves. Pour témoigner de leur profond attachement à cet idéal, les autorités de la 7ème République, ont créé un département ministériel où la promotion des langues nationales est très clairement exprimée » a-t-il ajouté. Le slogan retenu pour cette 14eme édition de la Journée Internationale de la Langue Maternelle a précisé le secrétaire général adjoint du ministère de l'éducation est « le livre, vecteur de l'éducation en langue maternelle». Ce choix n'est point fortuit a-t-il indiqué avant d'expliquer qu'il traduit que toute connaissance non fixée est susceptible de disparition. Pour donc pérenniser la langue, a-t-il ajouté elle doit être décrite et vulgarisée à travers des documents que sont les livres. Ce qui sous-entend que, ''pour notre pays où le bilinguisme est prévu pour être généralisé au primaire et au secondaire, il est plus que jamais nécessaire de concevoir et d'élaborer, dans nos langues nationales, tout le matériel didactique utilisé dans nos écoles'', a préconisé M. Kalilou Tahirou. En affirmant que la langue maternelle, patrimoine commun à tous, n'est pas seulement maternelle pour une journée, elle l'est pour toute l'année et pour toute la vie, il a exhorté l'ensemble des acteurs à la célébrer à travers des activités culturelles multiples et variées tout au long de cette année.
Quant au président du comité d'organisation de la 14ème édition de cette journée internationale de la langue maternelle, M. Abdoulkarim Chérif Ali, il a indiqué que ''derrière toute langue, se cache un trésor constitué de notre identité, de notre culture, et de notre créativité ; bref elle constitue notre expression en tant qu'être humain doté de la raison qui nous distingue de l'être animal. La disposer et l'utiliser constitue pour nous à la fois une chance et une opportunité à ne pas sous-estimer''. En outre, les pays dits de nos jours développés ne sont arrivés à ce stade qu'à travers l'utilisation de leurs langues maternelles dans la vie de tous les jours, a-t-il ajouté avant de préciser que pour y arriver, ils ont eu d'abord à la fixer pour l'introduire dans l'enseignement et la formation. Notre pays a, selon lui, bien sûr compris cela, raison pour laquelle il l'introduisit dans l'alphabétisation dès 1963. Plus tard, en 1972, l'enseignement formel prend le pas et la 1ere école d'expérimentation fut créée. Ainsi, les pays dits de nos jours développés ne sont arrivés à ce stade qu'à travers l'utilisation de leurs langues maternelles dans la vie de tous les jours. « Constatant les résultats probants enregistrés au fil des ans, le gouvernement adopte le 1er Juin 1998, la Loi d'Orientation du Système Educatif Nigérien qui institutionnalise le bilinguisme dans notre pays. Une des contraintes enregistrées dans le processus se révèle être l'insuffisance des manuels appropriés pour l'enseignement bilingue. Mais avec le ferme engagement des pionniers et des autorités, cet enseignement est en train de prendre forme dans le pays ». De nos jours, a affirmé M. Chérif, près de 500 écoles bilingues cohabitent avec les écoles traditionnelles et les résultats sont fort encourageants. Et c'est pourquoi, il est envisagé la généralisation de l'enseignement bilingue à l'horizon 2020.
En marge de l'ouverture de ces travaux, trois conférences débats ont été animées respectivement sur les thèmes « la composition nominale dans une langue dite mixte : le tasawaq d'Ingall » ; « Bien écrire nos langues : une contribution à l'aménagement de leur corpus » ; et « le causatif en nda en Zarma ». Animées par les chercheurs avertis en matière de linguistique, en l'occurrence Mme Sidibé Alimata ; M. Landi Chaibou et M. Mahaman Laoualy Abdoulaye, tous de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université Abdou moumouni, ces conférences ont eu le mérité d'éclairer les participants sur l'impérieuse nécessité de promouvoir nos langues nationales, gage de tout développement. En détaillant son thème, Mme Sidibé Alimata a précisé que le Tasawaq est un dialecte songhay et en même temps une langue mixte. Elle a aussi rappelé de l'intercompréhension entre les dialectes songhay septentrional et la composition linguistique même de Tasawaq car s'il est vrai que c'est une langue hybride, cela veut dire que quelque part, il y a des apports extérieurs venant du tamasheq ; de l'arabe ; du haoussa etc. Le tasawaq est la 10ème langue nigérienne. Elle est aussi l'une des cinq langues minoritaires qui est très peu décrite et ne dispose pas d'outillage suffisant pour son enseignement. Cependant, c'est une langue qui intéresse beaucoup de scientifiques.
La seconde conférence débat a été animée par Landi Chaibou. La trame de l'intervention du conférencier repose sur l'historique et les règles orthographiques fixant l'écriture du haoussa. Dans cette randonnée, il a évoqué le cadre institutionnel et juridique du thème abordé avant de s'appesantir sur la promotion des langues nationales et des exemples d'écriture de ces différentes langues. Tandis que la troisième conférence a mis l'accent sur le nda en Zarma.
La célébration de cette journée a été aussi marquée par l'hymne national exécuté par les élèves des écoles bilingues ; un sketch du club des étudiants du département de linguistique pour monter l'importance de nos langues nationales dans l'apprentissage à l'école. Les participants à cette journée ont visité une exposition vente des livres écrits dans nos langues nationales aux Editions Gashingo.

AG/ONU

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