Le Sahel

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EN ATTENDANT LE CIMENT DE LA NOUVELLE CIMENTERIE DE MALBAZA

Construire son propre toit à Niamey relève de nos jours d'un véritable casse-tête. Raison ? La cherté des prix des matériaux de construction qui ne cessent d'aller crescendo au fil des années et au gré des circonstances. Pour le ciment par exemple, notre pays qui n'a plus qu'une faible capacité de production, importe près de 70% de ses besoins annuels.

Cette situation pourrait s'expliquer par le fait que notre pays importe l'essentiel de la consommation en matériaux de construction des pays voisins, dont le Bénin et le Togo. A cela s'ajoute la relative reprise de l'économie nationale qui se traduit ces dernières années par l'édification d'une forêt d'immeubles qui poussent notamment au sein de la ville de Niamey. Mais tout cela à quel prix ?

Profitant de l'accroissement de la demande de leurs produits, les vendeurs de matériaux de construction font feu de tout bois. En effet, sachant que les chantiers poussent un peu partout dans nos villes et que les propriétaires n'ont d'autre choix que de se plier à leur dictat, la tentation est trop grande pour jouer aux spéculateurs véreux. De sorte que l'instabilité des prix a profondément pollué le marché des matériaux où les prix fluctuent au gré des événements, sinon carrément, de l'humeur des grossistes.

Ainsi, on se rappelle qu'en 2008, les prix ont connu une hausse vertigineuse de 30%, faussant les prévisions de budget par rapport aux réalisations du pays. Ainsi, grimpant d'une pénurie à une autre, le prix de la tonne de ciment qui était de 136.000 Fcfa en août 2009, frôle actuellement 160.000 FCFA. En fait, reconnaissent les commerçants eux-mêmes, tout dépend de l'arrivage et de la disponibilité des stocks. Et à chaque fois qu'il y a pénurie, les prix montent.

A quand la fin de cette valse des prix des matériaux de construction ? En vérité, nul ne saurait le dire avec certitude. Seule note d'espoir, le démarrage prochain de la commercialisation de la Nouvelle cimenterie de Malbaza dont le Président de la République a procédé à la pose de la première pierre, en juin 2011. On annonce en effet que cette réalisation se traduira par une réduction du prix de vente du ciment, l'offre de prix de base s'évalue à 90.000 F CFA la tonne, soit une baisse de plus de 34 %. On a donc bon espoir de voir, dans les deux années à venir, le prix du ciment devenir plus accessible, le Niger ambitionnant même d'exporter une partie de sa production de ciment. ''La création de la Nouvelle Cimenterie du Niger revêt pour nous une importance d'autant plus grande qu'elle s'inscrit dans la perspective de notre programme et de nos objectifs prioritaires, notamment la création d'écoles, la construction de routes, de centres de santé, de barrages etc., pour lesquels les besoins en ciment vont aller croissants dans le pays.

Avec une production de 540 000 tonnes, la Nouvelle Cimenterie du Niger couvrira largement les besoins actuels de notre pays, et une partie des besoins à venir. Elle abaissera le prix de la tonne de ciment de manière significative. Elle contribuera ainsi, incontestablement, à notre indépendance dans ce domaine. Avec les perspectives des cimenteries à Kao, dans le département de Tchintabaraden, et à Garadawa dans le département de Keita, qui viendront s'ajouter au dispositif existant, le Niger sera assurément grand producteur et exportateur de ciment '', a souligné le Président Issoufou Mahamadou, à l'occasion de la pose de la première pierre.

En tout cas, cette nouvelle cimenterie, qui aura une capacité de 540.000 tonnes de ciment par an, constitue un important maillon du dispositif de relance de l'économie nationale. Cette unité industrielle vient ainsi supplanter la Société Nigérienne de Cimenterie (SNC) de Malbaza, dont les équipements, datant de 1964, sont devenus complètement vétustes, avec une capacité de production de ciment ne dépassant guère 40.000 tonnes par an, pour des besoins qui dépassent 300.000 tonnes. Au regard de l'importance que les autorités accordent à ce projet, c'est une enveloppe de près de 39 milliards FCFA qui est mobilisée pour la réalisation de cette unité qui interviendra dans la fabrication, la transformation et la commercialisation du ciment, de la chaux, du plâtre, du gravier, du sable, des minéraux, du bois et des cailloux artificiels.

AG/ONU

Editorial

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